Photos Marianne mai 2007
jeudi 14 août 2008
La jeune fille disparue
Photos Marianne mai 2007
mercredi 13 août 2008
L'Eclipse

Photo Web d'Arthur Lee, provenant de space wealther.com, prise en Chine le 1 août 2008. Merci à l'auteur à qui je dédicace mon poème.
L'éclipse
Moi le Soleil
je me serais lustré
les cheveux
Tu m'approcherais
toi la Lune
qui bientôt m'étreindrait
d'un baiser noir
qui m'éteindrait
moi le Soleil
l'orbite pleine
d'un chant de lumière
l'oeil
exorbité sur ton passage
et notre rencontre inespérée
Voilà
l'éclipse ronde
de nos songes
protubérants
jeudi 7 août 2008
Itinéraire
Photos Marianne
2008
Nous ne voyons rien, même pas pointer le jour. Nous n'entendons rien, même en tendant l'oreille.
Défilent des hommes qui transportent des charges sans nom, très loin, et parfois à bout de bras, dans la position la plus douloureuse qu'il soit. Pareils à ceux qui, avant eux, sont passés sur le même chemin, avec des charges semblables qu'ils s'efforçaient de ne pas regarder pour ne pas leur donner de nom.
Jadis il traversait le jardin sans détours. C'était peut-être un chemin de soleil illuminé par le sourire des fleurs qui embaumaient nos gestes les plus tendres. Peut-être un chemin de neige où nos pas glissaient sans laisser d'empreintes. L'itinéraire semblait printanier même en hiver.. La nuit, il suffisait de lever la tête pour entrer dans les étoiles jusqu'à l'aube.
Texte extrait de " Le front haut". J.B.
dimanche 3 août 2008
Les Chinois de Noyelles-sur-mer
Un cimetière militaire ? Oui et non. En tout cas, huit cents tombes, bien alignées, fleuries comme celles des soldats de la grande guerre, morts pour leur patrie ou pour la bêtise des hommes, envoyés se faire broyer par millions par des généraux stupides, ivres de gloire posthume, celle de la chair à canon. Quand on roule vers cette baie de Somme, en somme on ne voit que ça, le long des routes. De beaux cimetières, le doigt sur la couture du pantalon, des alignements impeccables comme aux parades militaires, avec la musique du silence par dessus le marché après le bruit de bronze de la première guerre.
Le chemin monte vers le portique en forme de pagode. On pousse la grille de fer forgé qui grince à peine, huilée régulièrement par les propriétaires de cette exterritorialité, les Britanniques du Commonwealth. On entre sans faire de bruit. Quelques oiseaux s'envolent et vont se nicher dans les vieux sapins qui trônent au centre du recueillement. Nous sommes seuls. Si je savais encore prier, je le ferais mais dans quelle langue, et à quel Dieu adresser ma prière dans ce cimetière qui n'est même pas de ma religion lointaine ?
Il en mourrait tous les jours, parfois plusieurs par jour, comme à la guerre mais ce n'était plus la guerre. En dessous des noms en écriture chinoise, on lit en Anglais 1919, avril, mai, juin...1919, le 11, le 12, le 13...juillet 1919, etc... Et comme cela pour les huit cents, sans en oublier aucun. Tous morts après la guerre, à moins que ce corps spécial n'ait pas eu connaissance de la fin des "festivités" et ait donc continué à se battre contre des fantômes, comme de braves chinois qu'ils étaient. En chantant:"Nuit de Chine, nuit d'amour, nuit de mort."
Non, on les a alignés pareils à des soldats qu'ils n'étaient pas, venus de Chine pour réparer ce que la guerre avait détruit, routes et voies ferrées; bons ouvriers ou esclaves, main-d'oeuvre à bon marché, parquée dans des baraquements construits pour eux dans la campagne de Somme pas loin de Noyelles-sur-mer, en somme en paradis de Picardie.
Alors, de quoi sont-ils morts, les chinois de Picardie? Va-t-en savoir? Pas de vieillesse mais de maladie, -du choléra ou de la peste-?, d'épidémie, ils tombaient comme des mouches, déja plus faibles que les autres, arrachés à la vie par la grippe espagnole.
Ils étaient tous de la même province, aussi on les a laissés ensemble dans le même cimetière, en rang d'oignons, tous sous une stèle identique, avec dessus leur date de décès, et leur nom qu'aucun chrétien ne sait lire, et leur appartenance au corps spécial de travail de l'Armée anglaise. Ce n'étaient pas des soldats, mais bon, c'était tout comme, des mercenaires d'après guerre. On a brûlé leurs baraquements. Alors tant qu'à faire, on a creusé leurs tombes sous la cendre pour en faire ce joli lopin de cimetière. C'est ce qui s'appelle du savoir faire ou encore du savoir vivre à l'Anglaise.
mercredi 23 juillet 2008
Agriturismo Fattoria Settepassi à Ponte Buggianese en Toscane

L'amour en vacances. Extraits de "la mer occitane", premier prix du livre du Festival de la mer à Argeles-sur-mer en 2002.
Au premier rayon de soleil
le lys ouvre sa robe
entêtante
le coeur matinal
sur un lit de pétales
de volupté brillante
oiseau androgyne immobile
au regard envoûtant
de l'ange noir
Miracle
dans les cours des palais palatins
le cycle du lys reprend de matin en matin
collier gitan de flamencos odorants
chaînes de sardanes
qui déchaînent les sangs avides
de cris et de chants
Saint-Michel-de-Cuxa et "La mer occitane"
Texte 2002 et photos Marianne septembre 2007
Peinture d'Hantaï et " La mer d'Occitane"
Pliagesdépliages
de nos plages intérieures
de nos corps en extase
Fresque involontaire
du destin inconscient
des gestes répétés
dans une litanie de verbes et de paroles
dans le rituel longuement préparé
des germes et des semences
des racines obscures de la nuit
Pliages
dépliages
des visages
qui se dérident comme une rivière
dans la transparence
du lac inattendu
Et de la robe d'azur
pliée dépliée
toujours plus grande
toujours plus claire
voguant sans frontière
d'une cime à l'autre
Peinture d'Hantaï
à l'écriture rose
illisible et
sainte
mercredi 16 juillet 2008
Si vous aimez les Nouvelles...


A la page 108 du numéro 6-7 de la Revue Générale dans lequel vient de paraître l'article très élogieux de Jacques Rogissart sur "La gondole de l'Orient Express", la R.G. recommande la lecture de mon livre à ceux qui aiment les nouvelles, dans une rubrique "quelques suggestions pour vos lectures estivales". Merci beaucoup, chère France Bastia et cher Jacques Rogissart. Un baume sur le coeur d'un auteur qui doute tous les jours de lui-même !
A tous et à toutes
BONNES LECTURES D'ETE
vendredi 11 juillet 2008
En voyage avec Jean Botquin

J'y suis considéré comme un flamand écrivant en français, alors que "Le Rail" me présente comme un pur wallon et qu'un organe politique wallingant a cité la quatrième de couverture de mon recueil en oubliant dans le dernier paragraphe le mot belge qui accompagnait celui d'écrivain. Or, je suis d'abord moi-même, c'est à dire belge par attachement, flamand et wallon par culture, par ma grand-mère courtraisienne et par mon grand-père tournaisien, français par ma petite maman tant aimée qui m'a fait découvrir toutes les beautés de la France battue par les forces flamandes et wallonnes à la bataille de Kortricke en 1302, rebaptisée "des éperons d'or" par un francophone (comme Yves Leterme) anversois du patronyme de Conscience (en Néerlandais Geweten). Donc je suis un pur produit du bric-à-brac historique, hypersensible quand on lui marche sur les pieds et qui supporte mal les critiques littéraires quand ces dernières ne sont pas gentilles avec lui.
Depuis mes humanités les esprits ce sont beaucoup ouverts sur tous les plans dans mon école. Mes nouvelles ne sont pas des morceaux choisis pour grenouilles de bénitier. Déjà "Boris et Boris" n'avait pas suscité de hauts cris ni de réprobation offusquée.
vendredi 4 juillet 2008
Prière pour une soeur défunte

Nous qui sommes parties avant toi,
Grande sœur, nous t’accueillons.
Te voilà enfin, au paradis, avec papa et maman
Que tu as si fidèlement servis,
Comme s’ils étaient tes enfants…
Tous et toutes,
Tu nous nourrissais de la mie de ta sagesse
Mêlée parfois d’un brin de folie.
Ton sourire mélangeait le miel de l’amour
A la générosité de tes gestes.
Que tu étais bonne, grande sœur,
Tu nous aimais et tu nous aimes
Comme si, nous aussi, tu nous avais enfantées
Avec l’impatience de ta nature
Emplie de joie et de gaîté.
Il y a encore beaucoup de place au ciel,
Ô pèlerins de la vie,
Vous qui portez les souvenirs
Que nous avons laissés
Pour vous distraire de la tristesse
Et savourer la douceur de notre amour céleste.
Et toi qui restes la dernière,
Parce que ta vocation était de soigner
Les tiens encore plus que les autres,
Du haut du ciel nous te disons merci
Pour tant de dévouement,
De sacrifice et d’amour sur terre.
A Jacqueline et Marie-Jeanne
De la part de Yvonne et Monique
mardi 17 juin 2008
Des nouvelles de mon recueil de nouvelles "La gondole de l'Orient Express"

Je cite quelques passages...sans trop de fausse modestie.
-Ecrire des nouvelles est peut-être l'exercice le plus difficile qui soit dans l'art littéraire. Pour captiver le lecteur en peu de pages, il faut un récit enlevé et sobre de détails, un style qui stimule l'intérêt au lieu de l'assoupir et un fil d'intrigue très solide pour mener à une conclusion qui frappe l'esprit. Eh bien, voici une réussite du genre dans ce volume...
-On reconnaît ici le maître à sa capacité de moduler son style en fonction d'un changement d'atmosphère. S'il fallait identifier un facteur dominant à presque toutes ses ingénieuses équations, nous désignerions la fatalité. ...Ses personnages voient s'accomplir leur destin sous l'empire de quelque chose qui opère peut-être à l'insu de leur conscience.
-L'auteur excelle à décrire aussi bien la discrète mélancolie que la satisfaction dilatée par l'accomplissement...
Que mon livre ait plu à un homme cultivé de la SNCB n'étonnera personne. Sur les 19 nouvelles
trois se passent au moins partiellement dans un train. Le train, le lieu de tous mes rêves d'enfant...
Dans "Le Carnet et les instants" de la Direction Générale de la Culture de la Communauté Française de Belgique, p. 97 et 98, sous le titre de "L'imagination vagabonde" de Francine Ghysen.
Merci à vous, Francine Ghysen, d'avoir perdu votre chemin dans le vagabondage de mon imagination et de l'avoir retrouvé sous tant de couleurs dont vous avez assorti les nouvelles sur lesquelles vous vous êtes arrêtée. Le noir, le blanc, le rouge et la couleur du feu. Merci d'avoir ressenti le frémissement des lettres d'Anaïs et de Noël dans un Amour délocalisé, le caractère obsessionnel d'une situation freudienne dans la Mezzanine, l'angoisse de la ressemblance étouffante dans le parfum redoutable de la ressemblance, l'émotion d'un amour filial dans les Virgiles, et cette histoire d'amitié entre un touriste belge et ce vieux gondolier dans La Gondole de l'Orient Express que vous avez qualifiée de nouvelle la plus belle de mon recueil.
Et tant pis pour vous et aussi pour moi, si vous avez prononcé le mot d'élucubration, sans doute à propos de certaines de mes nouvelles où l'imagination devient fantastique et dont vous n'avez pas parlé et que d'autres ont aimé. On ne peut pas plaire à tout le monde. Mais à part mes coquilles qu'un éditeur devrait toujours éliminer -quand il les voit- je vous défie de me prouver que parfois mon écriture est hâtive ou approximative aussi hâtive et approximative que peut l'être la lecture des critiques littéraires. Heureusement que certaines nouvelles touchent et retiennent, comme vous avez dit, cela répare.
Dans Reflets Wallonie-Bruxelles, numéro 15, une recension fort agréable de Isabelle Fable.
Que des gentillesses de ta part, Isabelle! Est-ce que je les mérite ?
Un titre attirant, des textes qui se goûtent individuellement. Ils se répondent et se heurtent, dis-tu , comme des balles de ping-pong que se lance l'auteur. Tu y trouves deux veines, celle de l'esprit et celle du corps. Deux voies, le quotidien le plus banal et la fantamasgorie la plus débridée.
Et puis aussi: une richesse intellectuelle, ensoleillée par un grand amour de la vie et du beau, beaucoup de sensualité, beaucoup d'émotion, de sensibilité, une fraîcheur d'âme qui n'hésite pas à se baigner dans le sexe, peut-être une envie de provoquer....
Tu dis encore que dans mes nouvelles l'histoire, la géographie et la mythologie auréolent le quotidien le plus insignifiant et le magnifient.
Et comme si ce n'était pas encore assez, tu ajoutes que je fais prendre conscience des choses, aller même au-delà de la conscience dans les champs inconnus de la Connaissance et de l'Inconnaissable.
Enfin tu parles du rêve dans lequel je fais plonger mes lecteurs. Mais oui, le rêve est un peu mon univers et sans doute le pays de mes faiblesses.
Merci Isabelle.
jeudi 29 mai 2008
La maladie. Extrait du Front haut (il y a 9 ans)
Je voulais savoir jusqu'où t'avait menée cette folie qui ne correspondait plus à la mienne.
Alors, je suis allé découvrir ce que je n'ignorais plus.
J'y allais en sachant que j'entrerais dans la nuit peut-être définitive.
Les nébuleuses s'étaient écartées de moi, j'étais marqué du sceau d'une maladie étrange.
J'avais dans mon crâne des larmes d'acier.
J'avais dans mon coeur un sentiment de chair inépuisable.
Jusqu'où peut-on aller sur le chemin de la désillusion, dans le besoin de savoir par où la mort de la passion survient.
Mon âme était comme un lit où l'on surprend le mensonge.
J'étais une chambre sans fenêtre où les songes éteints se buttent contre les murs à la recherche d'une liberté illusoire.
mercredi 28 mai 2008
Livres collectifs auxquels j'ai participé avec des textes en prose, nouvelles ou morceaux divers


Cinq livres ont paru:
-Résonances, chez Luce Wilquin, en octobre 2004, avec ma nouvelle La Mémoire de l'Insoumise
-Cercles, chez Quadrature, en février 2005, avec ma nouvelle La Dame aux Nymphéas
-Etranger, j'écris ton nom, chez Couleur Livre, en février 2007, avec ma nouvelle Un amour délocalisé
-Et le Monde Regarde, chez Editions du Cerisier, en 2007, avec mon texte La croisade de Stéphane de Cloyes
-Droits de l'homme, j'écris vos noms, chez Couleur Livre, en mai 2008,avec mon texte sur l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme.
Mes participations dans des ouvrages de poésie collectifs








