Photos Marianne juin 2008
lundi 18 août 2008
Adieu Pascal
Photos Marianne juin 2008
Anniversaires
2008
En juillet, j'ai eu 76 ans. J'ai atteint l'âge qu'avait mon père quand il nous a quitté. Je vis, je suis vivant. Encore vivant.
Je pense beaucoup à la mort, au passage. Après ? Je ne sais pas. On dit que la vie ne se termine jamais, qu'elle ne fait que changer de nature, qu'on est né pour l'éternité parce que le contraire serait absurde, incroyable, une très mauvaise farce du destin ou de la providence.
jeudi 14 août 2008
La jeune fille disparue
Photos Marianne mai 2007
mercredi 13 août 2008
L'Eclipse

Photo Web d'Arthur Lee, provenant de space wealther.com, prise en Chine le 1 août 2008. Merci à l'auteur à qui je dédicace mon poème.
L'éclipse
Moi le Soleil
je me serais lustré
les cheveux
Tu m'approcherais
toi la Lune
qui bientôt m'étreindrait
d'un baiser noir
qui m'éteindrait
moi le Soleil
l'orbite pleine
d'un chant de lumière
l'oeil
exorbité sur ton passage
et notre rencontre inespérée
Voilà
l'éclipse ronde
de nos songes
protubérants
jeudi 7 août 2008
Itinéraire
Photos Marianne
2008
Nous ne voyons rien, même pas pointer le jour. Nous n'entendons rien, même en tendant l'oreille.
Défilent des hommes qui transportent des charges sans nom, très loin, et parfois à bout de bras, dans la position la plus douloureuse qu'il soit. Pareils à ceux qui, avant eux, sont passés sur le même chemin, avec des charges semblables qu'ils s'efforçaient de ne pas regarder pour ne pas leur donner de nom.
Jadis il traversait le jardin sans détours. C'était peut-être un chemin de soleil illuminé par le sourire des fleurs qui embaumaient nos gestes les plus tendres. Peut-être un chemin de neige où nos pas glissaient sans laisser d'empreintes. L'itinéraire semblait printanier même en hiver.. La nuit, il suffisait de lever la tête pour entrer dans les étoiles jusqu'à l'aube.
Texte extrait de " Le front haut". J.B.
dimanche 3 août 2008
Les Chinois de Noyelles-sur-mer
Un cimetière militaire ? Oui et non. En tout cas, huit cents tombes, bien alignées, fleuries comme celles des soldats de la grande guerre, morts pour leur patrie ou pour la bêtise des hommes, envoyés se faire broyer par millions par des généraux stupides, ivres de gloire posthume, celle de la chair à canon. Quand on roule vers cette baie de Somme, en somme on ne voit que ça, le long des routes. De beaux cimetières, le doigt sur la couture du pantalon, des alignements impeccables comme aux parades militaires, avec la musique du silence par dessus le marché après le bruit de bronze de la première guerre.
Le chemin monte vers le portique en forme de pagode. On pousse la grille de fer forgé qui grince à peine, huilée régulièrement par les propriétaires de cette exterritorialité, les Britanniques du Commonwealth. On entre sans faire de bruit. Quelques oiseaux s'envolent et vont se nicher dans les vieux sapins qui trônent au centre du recueillement. Nous sommes seuls. Si je savais encore prier, je le ferais mais dans quelle langue, et à quel Dieu adresser ma prière dans ce cimetière qui n'est même pas de ma religion lointaine ?
Il en mourrait tous les jours, parfois plusieurs par jour, comme à la guerre mais ce n'était plus la guerre. En dessous des noms en écriture chinoise, on lit en Anglais 1919, avril, mai, juin...1919, le 11, le 12, le 13...juillet 1919, etc... Et comme cela pour les huit cents, sans en oublier aucun. Tous morts après la guerre, à moins que ce corps spécial n'ait pas eu connaissance de la fin des "festivités" et ait donc continué à se battre contre des fantômes, comme de braves chinois qu'ils étaient. En chantant:"Nuit de Chine, nuit d'amour, nuit de mort."
Non, on les a alignés pareils à des soldats qu'ils n'étaient pas, venus de Chine pour réparer ce que la guerre avait détruit, routes et voies ferrées; bons ouvriers ou esclaves, main-d'oeuvre à bon marché, parquée dans des baraquements construits pour eux dans la campagne de Somme pas loin de Noyelles-sur-mer, en somme en paradis de Picardie.
Alors, de quoi sont-ils morts, les chinois de Picardie? Va-t-en savoir? Pas de vieillesse mais de maladie, -du choléra ou de la peste-?, d'épidémie, ils tombaient comme des mouches, déja plus faibles que les autres, arrachés à la vie par la grippe espagnole.
Ils étaient tous de la même province, aussi on les a laissés ensemble dans le même cimetière, en rang d'oignons, tous sous une stèle identique, avec dessus leur date de décès, et leur nom qu'aucun chrétien ne sait lire, et leur appartenance au corps spécial de travail de l'Armée anglaise. Ce n'étaient pas des soldats, mais bon, c'était tout comme, des mercenaires d'après guerre. On a brûlé leurs baraquements. Alors tant qu'à faire, on a creusé leurs tombes sous la cendre pour en faire ce joli lopin de cimetière. C'est ce qui s'appelle du savoir faire ou encore du savoir vivre à l'Anglaise.
mercredi 23 juillet 2008
Agriturismo Fattoria Settepassi à Ponte Buggianese en Toscane

L'amour en vacances. Extraits de "la mer occitane", premier prix du livre du Festival de la mer à Argeles-sur-mer en 2002.
Au premier rayon de soleil
le lys ouvre sa robe
entêtante
le coeur matinal
sur un lit de pétales
de volupté brillante
oiseau androgyne immobile
au regard envoûtant
de l'ange noir
Miracle
dans les cours des palais palatins
le cycle du lys reprend de matin en matin
collier gitan de flamencos odorants
chaînes de sardanes
qui déchaînent les sangs avides
de cris et de chants
Saint-Michel-de-Cuxa et "La mer occitane"
Texte 2002 et photos Marianne septembre 2007
Peinture d'Hantaï et " La mer d'Occitane"
Pliagesdépliages
de nos plages intérieures
de nos corps en extase
Fresque involontaire
du destin inconscient
des gestes répétés
dans une litanie de verbes et de paroles
dans le rituel longuement préparé
des germes et des semences
des racines obscures de la nuit
Pliages
dépliages
des visages
qui se dérident comme une rivière
dans la transparence
du lac inattendu
Et de la robe d'azur
pliée dépliée
toujours plus grande
toujours plus claire
voguant sans frontière
d'une cime à l'autre
Peinture d'Hantaï
à l'écriture rose
illisible et
sainte
mercredi 16 juillet 2008
Si vous aimez les Nouvelles...


A la page 108 du numéro 6-7 de la Revue Générale dans lequel vient de paraître l'article très élogieux de Jacques Rogissart sur "La gondole de l'Orient Express", la R.G. recommande la lecture de mon livre à ceux qui aiment les nouvelles, dans une rubrique "quelques suggestions pour vos lectures estivales". Merci beaucoup, chère France Bastia et cher Jacques Rogissart. Un baume sur le coeur d'un auteur qui doute tous les jours de lui-même !
A tous et à toutes
BONNES LECTURES D'ETE
vendredi 11 juillet 2008
En voyage avec Jean Botquin

J'y suis considéré comme un flamand écrivant en français, alors que "Le Rail" me présente comme un pur wallon et qu'un organe politique wallingant a cité la quatrième de couverture de mon recueil en oubliant dans le dernier paragraphe le mot belge qui accompagnait celui d'écrivain. Or, je suis d'abord moi-même, c'est à dire belge par attachement, flamand et wallon par culture, par ma grand-mère courtraisienne et par mon grand-père tournaisien, français par ma petite maman tant aimée qui m'a fait découvrir toutes les beautés de la France battue par les forces flamandes et wallonnes à la bataille de Kortricke en 1302, rebaptisée "des éperons d'or" par un francophone (comme Yves Leterme) anversois du patronyme de Conscience (en Néerlandais Geweten). Donc je suis un pur produit du bric-à-brac historique, hypersensible quand on lui marche sur les pieds et qui supporte mal les critiques littéraires quand ces dernières ne sont pas gentilles avec lui.
Depuis mes humanités les esprits ce sont beaucoup ouverts sur tous les plans dans mon école. Mes nouvelles ne sont pas des morceaux choisis pour grenouilles de bénitier. Déjà "Boris et Boris" n'avait pas suscité de hauts cris ni de réprobation offusquée.
vendredi 4 juillet 2008
Prière pour une soeur défunte

Nous qui sommes parties avant toi,
Grande sœur, nous t’accueillons.
Te voilà enfin, au paradis, avec papa et maman
Que tu as si fidèlement servis,
Comme s’ils étaient tes enfants…
Tous et toutes,
Tu nous nourrissais de la mie de ta sagesse
Mêlée parfois d’un brin de folie.
Ton sourire mélangeait le miel de l’amour
A la générosité de tes gestes.
Que tu étais bonne, grande sœur,
Tu nous aimais et tu nous aimes
Comme si, nous aussi, tu nous avais enfantées
Avec l’impatience de ta nature
Emplie de joie et de gaîté.
Il y a encore beaucoup de place au ciel,
Ô pèlerins de la vie,
Vous qui portez les souvenirs
Que nous avons laissés
Pour vous distraire de la tristesse
Et savourer la douceur de notre amour céleste.
Et toi qui restes la dernière,
Parce que ta vocation était de soigner
Les tiens encore plus que les autres,
Du haut du ciel nous te disons merci
Pour tant de dévouement,
De sacrifice et d’amour sur terre.
A Jacqueline et Marie-Jeanne
De la part de Yvonne et Monique
