jeudi 8 janvier 2009
A un assassin -Etat de siège Poème de Mahmoud Darwish (deux premières strophes). Texte français de Mohamed El jerroudi.
mercredi 7 janvier 2009
Le temps de la brutalité et de la duplicité
La responsabilité du massacre, cependant, est partagée entre Israël et le Hamas, dans des proportions difficiles à évaluer, quand on se souvient que le Hamas a été importé par Israël pour faire face à l'O.L.P. et qu'il s'est, ensuite, retourné contre l'Etat Hébreu. En outre, pour comprendre tous les aspects de la confrontation entre Israël et ses voisins, il convient d'analyser, voire de psychanalyser, le comportement politique des belligérants. S'en tenir uniquement aux évènements en cours ne permet pas de se faire une idée exacte de la responsabilité de chacun. Et d'ailleurs, à quoi cela servirait-il ? Cela suffit, on arrête !
Une amie algérienne m'a dit récemment que le drame véritable était celui de la pauvreté face à la puissance de la richesse, le désespoir du peuple palestinien face à Israël qui impose sa loi. Je pense qu'elle a raison mais cela ne justifie aucun acte de guerre ou de terrorisme.
Il faut que les combats cessent, que cesse de couler le sang des innocents, et même celui des coupables à qui , un jour ou l'autre, il faudra pardonner.
Quand un moustique vous pique, vous l'écrasez. Si vous n'y parvenez pas et que ces piqûres se répètent, vous demandez à l'O.N.U d'assècher les marécages. Comme l'O.N.U s'en fout ou n'y connaît rien, vous affrêtez un hélicoptère, de préférence américain, si vous en avez les moyens, pour exterminer les moustiques avec des insecticides et vous tuez aussi les abeilles et les papillons.
Prenez quand-même le courage de visionner la vidéo. Vous verrez parmi les victimes ensanglantées un nombre impressionnant de militaires armés et vivants. A n'y rien comprendre. Une mise en scène ou la vérité ?
http://www.zshare.net/video/53615165ce62d17b/
mercredi 31 décembre 2008
Agenda: le samedi 10 janvier 2009 à 16 heures, Grenier Jane Tony

Quant à mon recueil de nouvelles "La Gondole de l'Orient Express", mon blog et la presse en ont beaucoup parlé.
dimanche 28 décembre 2008
Le livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa
QUATRE PENSEES A PROPOS DU REVE cueillies dans le Livre de l'intranquillité.
Certains ont dans leur vie un grand rêve, et ils le trahissent.
D'autres n'ont pas dans leur vie le moindre rêve - et ils le trahissent tout autant
Si loin que je m'enfonce en moi-même, tous les sentiers du rêve me ramènent aux clairières de l'angoisse.
Un souffle de musique ou de rêve, n'importe quoi pour nous empêcher de penser.
Lire, c'est rêver en se laissant conduire par la main.
mercredi 24 décembre 2008
La porte s'ouvre sur le Nouvel An
à la fin de l'année
qu'on pousse du regard
comme on clôt le livre
sur ses derniers mots
Il y a une fenêtre
que l'on ouvre
malgré le froid
la pluie et le vent
malgré les souvenirs
encore récents
Il y a peut-être
quelques prières
qui se pressent
sous la lucarne et la cheminée
et qui s'inspirent
du chant de l'âtre
et de l'être
et de l'avoir été
Bientôt on fermera
chaque volet
sur chaque chuchotement
Que deviendra le frôlement
de soie des douze doigts
de l'année révolue ?
Vienne l'année nouvelle
au rythme de ses saisons
ces quartiers de temps
qui servent de repères
à la nuit de l'aube
sur l'escarpement du jour
Vienne le renouveau
dans notre clair de nuit
hésitant toujours
entre chien et loup
entre noces et matines
Dansent alors
les rondes d'espoirs
sur l'an qui se consume
avec le rêve d'irréel
dont s'habille le réel
pour ne plus décevoir.
J.B.
"La porta si apre sull'Anno Nuovo"
C’è una porta
Alla fine dell’anno
Che si spinge con lo sguardo
Come si chiude il libro
Sulle sue ultime parole
C’è una finestra
Che si apre
Malgrado il freddo
La pioggia ed il vento
Malgrado i ricordi
Ancora recenti
C’è forse
Qualche preghiera
Che si affolla
Sotto la lucerna ed il camino
E che ispira
Il canto del focolare
E dell’essere
E dell’essere stato
Presto si chiuderà
qualunque battente
Su ogni bisbiglio.
Cosa diverrà il contatto
Della seta sulle dodici dita
Dell’anno compiuto?
Viene l’anno nuovo
Al ritmo delle stagioni
Questi bugigattoli del tempo
Che servono da orientamento
Dalla notte all’alba
Sulla scarpata del giorno
Viene il rinnovamento
Nel chiarore della nostra notte
Esitante sempre
Tra cane e lupo
Tra nozze e mattini
Danzano allora
I vortici delle speranze
Sull’anno che si consuma
Con il sogno dell’irreale
Di cui veste la realtà
Per non deludere più.
traduction en italien de Pietro d. Perrone
Dérangements ordinaires de Jacqueline Dumas

15 € , une bagatelle pour la qualité de l'ouvrage publié chez Azimuts, une jeune maison d'édition située Cité Nicolas Deprez, 61, à 4040 Herstal, adresse courriel: editionsazimuts@yahoo.fr. Je pense que c'est là qu'il faut commander le livre, tout de suite si vous voulez passer la fin de l'année en compagnie de personnages vivants qui se permettent...,je ne vous dis pas, des choses drôles, amusantes, osées, horribles (mais bon, est-ce qu'elles le sont vraiment ?).
Jacqueline Dumas collectionne les prix littéraires en France et en Belgique. A titre d'exemple , je ne citerai que le prix du concours organisé par la bibliothèque de la ville de Namur en 2008 "Lettres capitales" et que tout le monde peut lire sur le web sous le titre " Deux rois pour une reine (Jaja Primata)" . La nouvelliste met en scène Blanche de Namur qui, comme tous les Namurois savent, a épousé un prince nordique. C'était au quatorzième siècle. Un vocabulaire, ni trop ni trop peu, qui vous plonge en plein Moyen-âge comme si vous y étiez. En lisant cette belle nouvelle je me suis dis:"Mais où va-t-elle chercher tout ça ?" Et, moi, qui suis aussi nouvelliste, j'ai été jaloux.
mercredi 10 décembre 2008
Le voyage de la Veuve

Il relate très (trop) librement le transport de la guillotine de campagne du bourreau parisien Deibler, de Paris à Furnes, en Belgique, en mars 1918, en vue d' y exécuter un Maréchal des Logis artilleur flamand, Emile Ferfaille, condamné à mort à la suite de l'assassinat perpétré sur sa fiancée, de manière particulièrement odieuse, et que le Roi Albert n’avait pas, à juste titre, voulu gracier (la grâce étant depuis plus d'un demi siècle accordée automatiquement par le Roi des Belges qui commuait la peine de mort en détention perpétuelle).
Il s’agit du même sujet que François Sureau avait traité dans son livre « L’Obéissance », paru chez Gallimard. On se souviendra que cet auteur, salué par une presse mal informée sur le contexte historique des évènements auxquels Sureau s'était référé erronément ( voir les billets de mai 2007 du blog "Jean Botquin. Ecrits" et mes articles dans La Libre Belgique et le Vif Express), et qui notamment avait fait preuve d'une piètre connaissance de la géographie de la Belgique, avait pour cet ouvrage reçu un premier prix du roman historique. Sans doute n'y avait-il pas au sein du jury de ce prix un critique historique suffisamment informé, lui aussi.
Le film de Laïk a été tourné dans la Mairie de Tourcoing , le Fort de Seclin, la campagne de Bouvignies et sur un canal du Nord de la France (sensé, je pense, représenter le Canal de Nieuport ou un affluent de l’Yser ).
Comme dans le livre de François Sureau, Deibler et ses deux adjoints sont accompagnés d’une escorte (un sous-lieutenant, un caporal, des soldats et même une infirmière- Nannon qui vient rejoindre le groupe en cours de voyage-), mais au discours plus terre à terre. Un bombardement, en amont de la voie de chemin de fer, interrompt le déplacement vers Dunkerque où Deibler devait se rendre pour atteindre Furnes par la région côtière encore libre de circulation.
A 5 km de Furnes, on passe la frontière belge (sic) – une fois de plus la géographie des Français bat le beurre, peu importe, le cochon-spectateur n'y verra que du feu.
Tout se met en travers de la route de Deibler, la nature (la pluie, et la boue – on se croirait dans la Bérésina de la campagne de Russie –) et la guerre.
Du coup, le récit et les personnages me sont apparus comme artificiels, ridicules et misérables. Pourquoi n’avoir pas étudié Deibler et son horrible fonction de façon plus approfondie plutôt que de faire croire à ce qui n'a pas été et, je le concède, à ce qui aurait pu être dans le pire des cas, si Deibler avait vraiment été courageux ? Or, les véritables évènements et les mémoires de Deibler ont démontré qu'il était couard et qu'il avait peur de mourir et donc qu'il aurait vraisemblablement rebroussé chemin comme il a eu envie de le faire, à un certain moment du film de Laïk .
mardi 9 décembre 2008
Pour Jean Botquin debout sur la mer
Son dernier ouvrage "Le rempart de Sable " a été publié à l'Arbre à Paroles en 2002. Ce poème m'avait touché. J'espère que vous partagerez mon émotion.
Racontez-moi les Appalaches
où le vent chante à son berceau,
et parlez-moi de Trébizonde
dans le premier rire du jour.
Vous n'oublierez pas Andrinople
pour que j'y trace mon jardin.
J'habiterai l'heure qui passe
en ce pays de nulle part
dont on ne peut remonter l'ancre
dans la plus immense des mers.
Les Appalaches, Trébizonde,
le chemin qui mène là-bas
je m'en souviens depuis l'enfance
lorsque j'y allais quelques fois
par Andrinople et ses jacinthes.
lundi 1 décembre 2008
A mon ami d'enfance Léonard qui vient de nous quitter, le premier décembre 2008
Etre ton messager auprès de ceux qui t’aiment
C’est la mission que tu m’as confiée
Et que j’ai acceptée
Tu voyais s’approcher le temps du départ
Tu voulais éteindre le cierge qui pleurait sous la flamme
Tu as décidé de prendre à l’espace
La musique du silence et de l’offrir autour de toi
Tu étais au bout du chemin
En haut de la falaise
Face à la mer et son mystère
Face aux étoiles incertaines
Tu as dit à la souffrance qu’il fallait qu’elle se taise
Tu voulais enfin faire voler ton âme sur les crêtes
A la rencontre de la ligne d’horizon
Dans le crépuscule d’une fin et l’aube d’une renaissance
S’ouvre aujourd’hui l’estuaire des souvenirs
Dans le mouvement des vagues de la mémoire
Que ton corps s’auréole
Au lieu de tromper ton esprit
Que la paix survienne
Dans notre tristesse
Où tu t’allonges auprès de nous.
mercredi 26 novembre 2008
Où vont-ils ?
Train du soir - Paul Delvaux (1957)Sans raison, le train s'est arrêté dans la gare, très longtemps.
D'abord les gens se sont regardés.
Ensuite, par les fenêtres, ils ont vus les quais de la gare, vides et éclairés, car c'est déjà le soir.
Seule, une petite fille attend sur l'autre quai sans bouger.
Les portières sont restées fermées pendant toute la durée de l'arrêt, interminablement.
Une femme s'est mise à hurler tout juste avant que le train ne s'ébranle.
Le train est donc reparti. Les voyageurs inquiets ne se sont plus posé de question. D'ailleurs, on peut affirmer que ceux qui dormaient ne se sont pas réveillés, même quand la femme a crié.
On monte dans le train comme on monte dans la vie. On prend sa place et tout se passe bien. Il fait encore jour. Les paysages défilent derrière les vitres. Quelques rares voyageurs plus attentifs que les autres reconnaissent les collines, et les arbres, et les maisons. Ou ils s'en souviennent vaguement comme s'ils les avaient vus dans un voyage ou une vie antérieure.
D'autres, plus nombreux, ne reconnaissent rien bien qu'ils aient l'habitude de faire le trajet, parce qu'ils ne regardent jamais rien. D'autres encore font semblant de reconnaître ce qu'ils voient pour se rassurer et ne pas avoir l'air stupides. La plupart cependant dorment et ne s'intéressent à rien. Ils vivent comme s'ils n'étaient pas là.
Plus d'un mangent, pris de boulimie voyageuse. A peine installés dans la vie, ils se mettent à grossir. Ils deviennent obèses. Ils se remplissent de nourriture et de vide. Ils croient tout savoir sur le voyage, les arrêts et les gares de campagne où personne ne descend plus même quand les gardes ouvrent les portières et sifflent pour rien.
Pourquoi sont-ils montés dans la vie comme on monte dans un train qui ne va nulle part ?
Enfin, longtemps plus tard, quand le train freine avant la dernière gare, ils meurent, oubliant qu'ils sont nés de rien et qu'ils se sont trompés de vie et de train.
J.B. 26 novembre 2008
N.B. Ce texte existe aussi en Italien sur le site Reppublicaindipendente (voir"liens")
dimanche 23 novembre 2008
Ode à l'Hiver
jeudi 20 novembre 2008
Thème pour une gare - A Paul Delvaux

immobile
Le train
on ne sait lequel
débouche du lointain
lentement comme s'il avait le temps
Aux fenêtres du convoi
mille visages interrogent le silence des quais
L'homme regarde le train qui passe et n'en finit
pas de passer
Oui mille visages de cire et de verre
un seul sourire peut-être capté dans un miroir
un seul probablement
Le train passe et c'est la dernière voiture d'acier
vert
que l'homme peut encore entendre glisser sans
bruit
sur le rail dont on ne sait quel lointain voyage
Et l'homme se noie dans la fin du cortège
des visages de glace qui se pressent comme des
mannequins nus
dans les vitrines d'un grand magasin de la place
Et l'homme pense mais pourquoi ne s'arrête-t-il
pas
tandis qu'il roule un peu plus vite vers la frontière
de la ville
Maintenant il se dresse, l'homme avec à ses pieds
la rose triste
qu'un main inconnue a sans doute jetée sur le
quai
au passage du train qui ne s'arrêtait pas
Il la regarde sans la voir
lui tourne le dos en haussant les épaules
et s'en va car elle ne reviendra plus
Le dernier train a disparu de la gare
inutile désormais
Ce texte publié en mai 2002 dans "Elégie pour un kaléidoscope" a été adressé à Paul Delvaux qui, en remerciement, m'a envoyé une carte postale signée de "la gare forestière".
Novembre
Un instant j'ai vu l'arbre transparent
en filigrane sur le ciel
une feuille translucide d'où s'évaporent les nervures
tel un tissu de radicelles
tel un fouet de pluie
tel un miroir de soleil d'eau picoré de rêves d'oiseaux
aujourd'hui envolés
à l'extrême des brumes d'un été déjà lointain
avec au centre des veinures
un coeur battant encore du souvenir
que recueillent les tombes
Dans tes yeux aussi je l'ai vu
l'arbre
dans tes yeux ouverts sur le vieillissement
de nos gestes et sur la solitude embaumée
des chrysanthèmes qui se fanent
Alors que les jours expriment la rouille
les fauves et les ocres lumineux
et que les vents accourent du fond des terres
J.B. 20 novembre 2008
mercredi 12 novembre 2008
L'écriture
Depuis 13 ans que je publie (difficilement), cette question m'est posée régulièrement, surtout de la part d'anciens collègues de travail (qui considèrent sans doute qu'il s'agit d'un passe-temps, ou d'un hobby, comme on dit aussi). Parfois, j'ai envie de répondre par une question: Je ne peux pas ? , ça te gène ?, tu crois que ça va me passer? Ce n'est pas si grave... Il y a dans cette question une espèce de jugement négatif qui m'est désagréable. Je sais bien que nul n'est prophète dans son pays.
Aussi, un jour, j'ai eu envie d'écrire ce que l'écriture représente pour moi.
L'écriture.
lundi 10 novembre 2008
Alma de Saint Cloud
La petite Alma de Saint Cloud
Est arrivée le 20 octobre, du ciel m’avait-t-on dit,
Du ciel ou de la terre, ça reste un beau mystère.
Et nous simplement de Belgique, petit pays voisin
Comme des mages frileux poursuivant la belle étoile
Sur les bords de la Seine.
C’est Tess le chat qui nous a ouvert la porte,
Il portait la clef à son collier,
Il miaulait d’une voix feutrée pour ne pas réveiller
La petite reine qui rêvait d’un pays lointain
Où tout le monde porte des noms à coucher dehors
Ou à dormir debout
Oseredzuk ou quelque chose comme ça,
Allez savoir.
Traduis-nous, Tess, dis-nous pourquoi
Ils s’appellent comme ça les gens de par là ?
De mémoire de chat, aussi longue que j’ai les moustaches,
Je n’en sais rien mais ils ont des prénoms que je comprend bien
Cécile qui chante et Arnaud qui peint, les deux grands
Rachel et Samuel les deux petits sages comme des images
Enfin, c’est ce qu’on dit car moi je n’en crois rien
Des enfants sages c’est triste et ennuyeux
Si vous voyez ce que je veux miauler.
Et il nous a tourné le dos
La queue droite comme un cierge de Pâques.
Antoinette et François derrière leur porte
Ecoutaient Tess sans respirer, tout guillerets.
La petite Alma, ils l’avaient vue déjà
Dans son berceau.
Ah ! quelle joie, la jolie princesse
Dont on dirait plus tard
Vous savez bien, la belle Alma
Celle qui est venue sans crier gare
Un jour d’automne et de soleil
Dans le cœur de ses parents
De la petite Rachel blonde comme les blés
Et de Samuel aux sombres mirettes de petit sorcier.
Alors, nous, on est
reparti comme les rois mages
Vers notre petit pays
Souhaitant tout le bonheur du monde à
La petite Alma de Saint Cloud.

