dimanche 17 mai 2009
vendredi 15 mai 2009
Sortie de presse de la Chambre noire début juin 2009
Pour lire les textes veuillez double-cliquer.
Ouf, le travail est bouclé. Mise en page, préface (voir message du 15 mai), avant propos, couverture, 4ème de couverture, correction des épreuves. Mes haïkus sont prêts à conquérir le monde de leurs 17 syllabes. C'est ma treizième publication et huitième recueil de poésie. J'ai confiance. Les Éditions du Cygne travaillent vite et bien, c'est un véritable plaisir.
12 € hors frais de port pour 230 haïkus, qui dit mieux ! Envoyez moi un mail de commande je me charge du reste à partir du 15 juin.
Vous avez vu la couverture ? C'est un morceau de mon pommier qui nous comble de fleurs chaque année. Toutes les fleurs sont apparemment pareilles, mais à regarder de plus près elles sont différentes, toutes ont leur individualité, leur personnalité. Chaque haïku est un instantané qui fixe son image sur le temps qui passe. Les instants se suivent, ils se ressemblent et pourtant...
Ouf, le travail est bouclé. Mise en page, préface (voir message du 15 mai), avant propos, couverture, 4ème de couverture, correction des épreuves. Mes haïkus sont prêts à conquérir le monde de leurs 17 syllabes. C'est ma treizième publication et huitième recueil de poésie. J'ai confiance. Les Éditions du Cygne travaillent vite et bien, c'est un véritable plaisir.12 € hors frais de port pour 230 haïkus, qui dit mieux ! Envoyez moi un mail de commande je me charge du reste à partir du 15 juin.
Vous avez vu la couverture ? C'est un morceau de mon pommier qui nous comble de fleurs chaque année. Toutes les fleurs sont apparemment pareilles, mais à regarder de plus près elles sont différentes, toutes ont leur individualité, leur personnalité. Chaque haïku est un instantané qui fixe son image sur le temps qui passe. Les instants se suivent, ils se ressemblent et pourtant...
jeudi 14 mai 2009
Respiration - Préface de Piet Lincken pour La chambre noire du calligraphe
RESPIRATION
Est-ce parce que l’on emploie un verset de 17 syllabes, disposées selon la science du haïku japonais -une seule ligne en japonais-, que l’on écrit un haïku? Certainement non. Et c’est là que se trouve la difficulté à la fois de parler du haïku et d’en commettre. Car, au fond, manier, dans notre langue occidentale, les finesses de cette écriture poétique est proche de la gageure. Certes, l’esprit peut y être, c’est-à-dire la brièveté, le moment présent, le lien de l’homme à la nature en fonction des moments de la saison (le kigo), les paysages, parfois de l’ironie et une certaine trivialité, etc. Mais, vraiment, comment savoir que « l’esprit y est », sans tomber dans un exotisme de pacotille?
Ne ratons pas l’essence même de cette poésie. Qui est déjà l’image directe, sans béquille philosophique, comme Buson (1716-1783) le souhaitait. Et depuis Buson, la période d’Edo, qui va jusqu’en 1868, beaucoup de choses ont changé, et ce déjà au Japon. C’est l’ère Meiji qui tourne le dos avec une certaine conception stricte des règles venant de Bashô (1644-1694), avec Shiki (1867-1902), fondateur du haïku moderne (on parlait avant de haïkaï), et bientôt le poète Kawahigashi (1873-1937) qui, anti traditionaliste, va ouvrir le haïku vers l’exploration existentielle de l’être. D’autres suivront, dont Nakatsuka qui mènera au haïku de « forme libre », rejetant la structure classique et l’usage du mot-saison. L’influence de la littérature occidentale a bien sûr poussé à ces remises en cause, faisant puiser le genre dans des considérations politiques, humanistes, sociales, l’épouvante d’Hiroshima donnant finalement à cette poésie une dimension pathétique, l’hiver nucléaire devenant une nouvelle saison, celle du néant…
Et pourtant. La simplicité reste de mise, la clarté du mot, la concision, un langage ambigu qui permet une multiplicité d’associations, et donc d’une liberté d’approche, dont le lecteur peut faire sienne puisque cette liberté, ces espaces entre les lignes, est un jeu de l’esprit et de l’œil, un jeu éminemment cosmique, qui retourne la pensée comme une formule zen.
Un jeune homme vient
en toute innocence
pour poignarder
écrit par exemple Abe Kan’ichi (né en 1928), nous jetant à la fois dans l’inachevé et dans la prise de conscience d’un fait, à la manière d’un traumatisme qui s’avère libérateur de la conscience au point de déplacer les repères commodes de l’ordinaire.
Il est inutile de rappeler les expériences de divers ordres menées autour de cette écriture dans la littérature occidentale du XXème siècle à commencer par Kerouac, Philippe Jaccottet, Guillevic, Bonnefoy, ou sur un autre registre Christian Dotremont et ses logogrammes, mais c’est sur ce registre de l’espace et de l’immobilité silencieuse que se crée encore le haïku ou ce qui s’en rapproche.
Et c’est cela que nous sentons dans ces textes de Jean Botquin. D’abord, l’effort de passer par le filet de cette forme, de traverser ces mailles comme l’on se purifie de quelque chose de lourd et d’encombrant, il y a de la catharsis dans ce travail, pour qui s’aventure à cet effort et s’en remet au dur labeur (le labeur de celui qui reste sous une giboulée de grêles pour ramasser les pommes). Ma foi, nous l’attendions bien de la part d’un poète qui titra par exemple l’un de ses recueils Le Passeur d’un fleuve trop court[1]. Ou bien encore cet « Itinéraire », extrait de Le front haut[2]:
« Chemin à la fois prêté et emprunté, chemin qui nous conduit vers une destination toujours inconnue. Itinéraire peut-être interdit. N’est-il pas sans arbre et sans ombre? N’est-ce pas un chemin lunaire sur les toits de la ville?
(…) Peut-être un chemin de neige où nos pas glissaient sans laisser d’empreintes. L’itinéraire semblait printanier même en hiver. La nuit, il suffisait de lever la tête pour entrer dans les étoiles jusqu’à l’aube. »
Ou plus loin encore, dans le même livre:
« Tu me demandes: ‘Raconte-moi l’eau’.
Alors, je cherche les mots qui subtilisent des voyelles à l’eau -e, a, u- des voyelles en cascade, en cataractes, en rapides, en torrents, des voyelles en ruisseaux, rivières, fleuves, mers, océans, pluies diluviennes, des voyelles de bruine, de givre ou de neige. »
Oui, il ne manquait plus à Jean Botquin que cette rencontre avec cette forme ouverte, qui permet de tout dire en taisant presque tout, qui permet d’être en continuité avec une poétique ancestrale mais toujours ancrée dans notre modernité.
Ainsi, ces textes dissociés, ces haïkus distribués et rangés en plusieurs parties m’ont-ils donné une impression de totalité, sorte de « chaînes de poèmes », donnés et repris, à la manière de l’inspiration et l’expiration d’un souffle.
Respiration donc, qui va bien loin en dedans de soi et bien loin au-dehors de soi. C’est pourquoi, il est bon de les lire, « les poumons ouverts, une dernière fois, le cœur gonflé d’espoir, juste le temps qu’il faut pour faire le pas (…) »[3].
Est-ce parce que l’on emploie un verset de 17 syllabes, disposées selon la science du haïku japonais -une seule ligne en japonais-, que l’on écrit un haïku? Certainement non. Et c’est là que se trouve la difficulté à la fois de parler du haïku et d’en commettre. Car, au fond, manier, dans notre langue occidentale, les finesses de cette écriture poétique est proche de la gageure. Certes, l’esprit peut y être, c’est-à-dire la brièveté, le moment présent, le lien de l’homme à la nature en fonction des moments de la saison (le kigo), les paysages, parfois de l’ironie et une certaine trivialité, etc. Mais, vraiment, comment savoir que « l’esprit y est », sans tomber dans un exotisme de pacotille?
Ne ratons pas l’essence même de cette poésie. Qui est déjà l’image directe, sans béquille philosophique, comme Buson (1716-1783) le souhaitait. Et depuis Buson, la période d’Edo, qui va jusqu’en 1868, beaucoup de choses ont changé, et ce déjà au Japon. C’est l’ère Meiji qui tourne le dos avec une certaine conception stricte des règles venant de Bashô (1644-1694), avec Shiki (1867-1902), fondateur du haïku moderne (on parlait avant de haïkaï), et bientôt le poète Kawahigashi (1873-1937) qui, anti traditionaliste, va ouvrir le haïku vers l’exploration existentielle de l’être. D’autres suivront, dont Nakatsuka qui mènera au haïku de « forme libre », rejetant la structure classique et l’usage du mot-saison. L’influence de la littérature occidentale a bien sûr poussé à ces remises en cause, faisant puiser le genre dans des considérations politiques, humanistes, sociales, l’épouvante d’Hiroshima donnant finalement à cette poésie une dimension pathétique, l’hiver nucléaire devenant une nouvelle saison, celle du néant…
Et pourtant. La simplicité reste de mise, la clarté du mot, la concision, un langage ambigu qui permet une multiplicité d’associations, et donc d’une liberté d’approche, dont le lecteur peut faire sienne puisque cette liberté, ces espaces entre les lignes, est un jeu de l’esprit et de l’œil, un jeu éminemment cosmique, qui retourne la pensée comme une formule zen.
Un jeune homme vient
en toute innocence
pour poignarder
écrit par exemple Abe Kan’ichi (né en 1928), nous jetant à la fois dans l’inachevé et dans la prise de conscience d’un fait, à la manière d’un traumatisme qui s’avère libérateur de la conscience au point de déplacer les repères commodes de l’ordinaire.
Il est inutile de rappeler les expériences de divers ordres menées autour de cette écriture dans la littérature occidentale du XXème siècle à commencer par Kerouac, Philippe Jaccottet, Guillevic, Bonnefoy, ou sur un autre registre Christian Dotremont et ses logogrammes, mais c’est sur ce registre de l’espace et de l’immobilité silencieuse que se crée encore le haïku ou ce qui s’en rapproche.
Et c’est cela que nous sentons dans ces textes de Jean Botquin. D’abord, l’effort de passer par le filet de cette forme, de traverser ces mailles comme l’on se purifie de quelque chose de lourd et d’encombrant, il y a de la catharsis dans ce travail, pour qui s’aventure à cet effort et s’en remet au dur labeur (le labeur de celui qui reste sous une giboulée de grêles pour ramasser les pommes). Ma foi, nous l’attendions bien de la part d’un poète qui titra par exemple l’un de ses recueils Le Passeur d’un fleuve trop court[1]. Ou bien encore cet « Itinéraire », extrait de Le front haut[2]:
« Chemin à la fois prêté et emprunté, chemin qui nous conduit vers une destination toujours inconnue. Itinéraire peut-être interdit. N’est-il pas sans arbre et sans ombre? N’est-ce pas un chemin lunaire sur les toits de la ville?
(…) Peut-être un chemin de neige où nos pas glissaient sans laisser d’empreintes. L’itinéraire semblait printanier même en hiver. La nuit, il suffisait de lever la tête pour entrer dans les étoiles jusqu’à l’aube. »
Ou plus loin encore, dans le même livre:
« Tu me demandes: ‘Raconte-moi l’eau’.
Alors, je cherche les mots qui subtilisent des voyelles à l’eau -e, a, u- des voyelles en cascade, en cataractes, en rapides, en torrents, des voyelles en ruisseaux, rivières, fleuves, mers, océans, pluies diluviennes, des voyelles de bruine, de givre ou de neige. »
Oui, il ne manquait plus à Jean Botquin que cette rencontre avec cette forme ouverte, qui permet de tout dire en taisant presque tout, qui permet d’être en continuité avec une poétique ancestrale mais toujours ancrée dans notre modernité.
Ainsi, ces textes dissociés, ces haïkus distribués et rangés en plusieurs parties m’ont-ils donné une impression de totalité, sorte de « chaînes de poèmes », donnés et repris, à la manière de l’inspiration et l’expiration d’un souffle.
Respiration donc, qui va bien loin en dedans de soi et bien loin au-dehors de soi. C’est pourquoi, il est bon de les lire, « les poumons ouverts, une dernière fois, le cœur gonflé d’espoir, juste le temps qu’il faut pour faire le pas (…) »[3].
lundi 11 mai 2009
La chambre noire du calligraphe.
"La chambre noire du calligraphe" paraîtra sous peu aux Éditions du Cygne à Paris, dans la collection Poésie francophone.
Préface de Piet Lincken.
Écrivain et compositeur belge. Poète (Des éléments premiers, Ed. Atelier de l’agneau, 2004, J’ai cru voir un dieu pour le Festival d’auteurs de la Communauté française de Belgique, 2008...), dramaturge, nouvelliste, il écrit des textes de réflexion sur la littérature et l’art (Le silence de Järvenpää, in Interférences, Passage d’encres n°34, Paris, mars 2009...). Il a organisé entre autres au Centre Culturel de l’Ambassade du Japon à Bruxelles Little suite for haïku en janvier 2009.
Données techniques:
Couverture quadrichrome plastifiée de 13 sur 20 cm, 80 pages.
Couverture quadrichrome plastifiée de 13 sur 20 cm, 80 pages.
Illustration de couverture: photo de l'auteur.
Prix: 12€
Prix: 12€
lundi 4 mai 2009
dimanche 3 mai 2009
Premier mai . Ballade en Thudinie et à l'abbaye d'Aulne
Arc-boutées dans le ciel bleu
A l'orée du soir
Sur une blanche mariée
Et notes noires
En rideau sur l'abbaye
Sur les coteaux encerclés
De vertes prairies
A la gloire du pecket
En pays de Sambre
En méandres de Sambre
Dans un miroir d'eau
jeudi 30 avril 2009
Lerici, le golfe des poètes et les contraventions électroniques.
A dix km de La Specia, Lerici est une station balnéaire italienne tout à fait charmante, située sur le golfe des poètes où Shelley fit naufrage et se noya.
Marianne et moi, nous nous y sommes promenés, le 25 septembre 2008, par un temps ensoleillé. De l'autre côté de la baie se profilaient les îles et les falaises de Portovenere. Eau turquoise, palmiers, plage accueillante, port de plaisance dominé par un château fort, ruelles étroites, boutiques, oenothèque où nous nous sommes restaurés, sieste sur la plage.
Il ne nous fut pas facile d'accéder du haut de l'autoroute à l'entrée de la ville, et, ensuite, de trouver un parking pour touristes, en périphérie de la commune. Du parking, après avoir fait notre obole à l'horodateur, nous sommes partis à pieds pour une promenade de découverte de la cité. Et c'est sur le retour que nous avons fait une halte sur le sable, non sans être retourné mettre de la monnaie dans l'horodateur. Vous voyez que nous sommes disciplinés et respectueux de la loi.
Pour arriver à l'endroit où nous avons abandonné notre Fiat de location, nous avions longé la mer. Avant d'arriver à cette avenue maritime nous avions emprunté des rues assez compliquées, en suivant d'autres véhicules dont certains se rangeaient le long des trottoirs, sans doute pour permettre à leurs occupants de faire quelques courses ou quelques livraisons. Les places et les ruelles du centre-ville étaient interdites à la circulation, personne ne s'y aventurait, à fortiori nous non plus.
Tout se passait donc bien. C'est ce que nous pensions. Il faut croire que nous nous sommes trompés car sept mois plus tard, nous recevons trois courriers datés du même jour nous annonçant que nous allons être débités de chaque fois quinze €, donc au total 60 €, pour des frais de recherches sollicitées par les autorités communales auprès d'Avis , à la suite d'infractions que nous aurions commises à l'égard d'une réglementation fantôme réservant le passage de certaines rues aux seuls détenteurs d'autorisations en bonne et due forme. Lesdites contraventions nous étant adressées par courrier ultérieur pour des montants d'une centaine d'€ chaque fois. Au total, vraisemblablement 400€ pour un seul et même fait constaté à des heures différentes, à l'entrée ou à la sortie ou au passage, par des appareils de vidéo contrôle stupides et ne connaissant pas le principe de droit romain non bis in idem. Si infraction il y a, il est clair qu'il ne peut s'agir que d'une seule infraction et non pas trois qui auraient pu aussi bien être six si nous avions fait marche arrière chaque fois que nous sommes passés au-delà de la ligne interdite sans imprimatur, avant de continuer notre route. Piège à touristes ou piège à cons, ou les deux à la fois. Dans d'autres villes d'Europe qui cherchent à protéger leur centre historique, les choses sont claires. On ne passe pas. En Italie, peut-être que tu passes ou peut-être que tu ne passes pas, si tu as une autorisation, tu passes mais comme l'appareil ne fait pas le détail, tu reçois un P.V. et tu dois prouver que tu avais une autorisation, par exemple, que tu logeais dans un hôtel situé dans la zone protégée. Dans ce cas, encore, parait-il, l'autorisation ne fonctionne que pour le dépôt des bagages et leur retrait avant de quitter la charmante localité, ouf, j'allais écrire calamité. Les touristes éconduits sont légion sur internet. Beaucoup parlent d'arnaque à l'italienne, jurent qu'on ne les y reprendra plus, se demandent si ce n'est pas une manière de financer les déficits budgétaires des communes sous le faux prétexte de protéger le patrimoine architectural des villes italiennes.
Marianne et moi, nous nous y sommes promenés, le 25 septembre 2008, par un temps ensoleillé. De l'autre côté de la baie se profilaient les îles et les falaises de Portovenere. Eau turquoise, palmiers, plage accueillante, port de plaisance dominé par un château fort, ruelles étroites, boutiques, oenothèque où nous nous sommes restaurés, sieste sur la plage.
Il ne nous fut pas facile d'accéder du haut de l'autoroute à l'entrée de la ville, et, ensuite, de trouver un parking pour touristes, en périphérie de la commune. Du parking, après avoir fait notre obole à l'horodateur, nous sommes partis à pieds pour une promenade de découverte de la cité. Et c'est sur le retour que nous avons fait une halte sur le sable, non sans être retourné mettre de la monnaie dans l'horodateur. Vous voyez que nous sommes disciplinés et respectueux de la loi.
Pour arriver à l'endroit où nous avons abandonné notre Fiat de location, nous avions longé la mer. Avant d'arriver à cette avenue maritime nous avions emprunté des rues assez compliquées, en suivant d'autres véhicules dont certains se rangeaient le long des trottoirs, sans doute pour permettre à leurs occupants de faire quelques courses ou quelques livraisons. Les places et les ruelles du centre-ville étaient interdites à la circulation, personne ne s'y aventurait, à fortiori nous non plus.
Tout se passait donc bien. C'est ce que nous pensions. Il faut croire que nous nous sommes trompés car sept mois plus tard, nous recevons trois courriers datés du même jour nous annonçant que nous allons être débités de chaque fois quinze €, donc au total 60 €, pour des frais de recherches sollicitées par les autorités communales auprès d'Avis , à la suite d'infractions que nous aurions commises à l'égard d'une réglementation fantôme réservant le passage de certaines rues aux seuls détenteurs d'autorisations en bonne et due forme. Lesdites contraventions nous étant adressées par courrier ultérieur pour des montants d'une centaine d'€ chaque fois. Au total, vraisemblablement 400€ pour un seul et même fait constaté à des heures différentes, à l'entrée ou à la sortie ou au passage, par des appareils de vidéo contrôle stupides et ne connaissant pas le principe de droit romain non bis in idem. Si infraction il y a, il est clair qu'il ne peut s'agir que d'une seule infraction et non pas trois qui auraient pu aussi bien être six si nous avions fait marche arrière chaque fois que nous sommes passés au-delà de la ligne interdite sans imprimatur, avant de continuer notre route. Piège à touristes ou piège à cons, ou les deux à la fois. Dans d'autres villes d'Europe qui cherchent à protéger leur centre historique, les choses sont claires. On ne passe pas. En Italie, peut-être que tu passes ou peut-être que tu ne passes pas, si tu as une autorisation, tu passes mais comme l'appareil ne fait pas le détail, tu reçois un P.V. et tu dois prouver que tu avais une autorisation, par exemple, que tu logeais dans un hôtel situé dans la zone protégée. Dans ce cas, encore, parait-il, l'autorisation ne fonctionne que pour le dépôt des bagages et leur retrait avant de quitter la charmante localité, ouf, j'allais écrire calamité. Les touristes éconduits sont légion sur internet. Beaucoup parlent d'arnaque à l'italienne, jurent qu'on ne les y reprendra plus, se demandent si ce n'est pas une manière de financer les déficits budgétaires des communes sous le faux prétexte de protéger le patrimoine architectural des villes italiennes.
Je ne vous ai pas tout dit car la première fois que j'ai fait connaissance avec la Z. à C.L. (zone à circulation limitée), c'est à Pise, l'année précédente. L'agence de location de voitures ne m'a pas débité des frais de recherche comme Avis -à bon entendeur salut- et le P.V. n'est arrivé que bon dix-huit mois après les faits, trop tard pour me mettre en garde contre la protection sournoise des centres historiques en Italie mais au-delà d'un délai de prescription normal. Aujourd'hui, je suis appris, comme on dit, mais ne l'étais pas encore, quand je me suis fait pincer début septembre 2008 à Arezzo sur un axe important de la ville où rien ne laissait prévoir "qu'un oeil noir me surveillait l'arrière-train" et imprimerait la plaque pour me coller dans l'album des représailles d'une Société de récupération outsourcée hyperpolicée qui vient de m'adresser une espèce d'incitation au payement d'une somme conventionnelle susceptible de mettre fin aux actions judiciaires des communes. Elle m'a prévenu que si je payais, mes fautes seraient pardonnées mais que si je choisissais un recours en justice je devrais le faire en italien et devrais me déplacer devant une juridiction italienne. N'est-ce pas de l'intimidation ? Ma Lerici chérie va-t-elle procéder de la même manière ?
Ah! qu'il faisait beau sur les côtes ensoleillées de la baie des poètes. Que ne suis-je né plus tôt pour m'y promener en calèche avec Shelley et y rencontrer lord Byron, à l'époque ou les poètes étaient reconnus. Mais basta...
dimanche 26 avril 2009
mardi 21 avril 2009
Des coins peu connus du Hainaut pas loin du château de Seneffe
Sur un lit de bleuettes
Au seuil du printemps
Ne plus s'arrêter avant
longe le sombre canal
Sous les arbres verts
Air de canal du midi
L'eau se caresse
Les bateaux qui lèveront
Leur tablier d'acier
Pêchant au bout des perches
Des poissons distraits
Transformées en cascades
Sur les escaliers
Ouvre ses perspectives
Inaccessibles
Libellés :
Au fil des jours,
Inédits et autres édités
dimanche 19 avril 2009
jeudi 16 avril 2009
Redu, le village des livres oubliés.
J'emprunte, en l'adaptant, le nom donné par Carlos Ruiz Zafón, dans son superbe roman " L'ombre du vent", à un lieu mystérieux du quartier gothique de Barcelone, un immeuble consacré par un bouquiniste étrange aux livres dont les auteurs ont disparu dans l'oubli et qu'il nomma : " Le cimetière des livres oubliés".
Redu, c'est un peu la même chose, un cimetière des livres oubliés. Toutes ces vielles granges où moisissent de vieux livres poussiéreux en attente de leur rédemption. Que le Grand Littérateur de là-haut rende une vie nouvelle à tous ces livres d'auteurs inconnus ou d'auteurs jadis connus dont on ne parle plus.
Parmi ces livres allergisants ( après ma visite à Redu, j'ai fait ma crise d'éternuements), cependant, j'ai trouvé aussi quelques livres d'auteurs actuels que je ne citerai pas, dont les livres gisaient, vivants, parmi les morts, à attendre quelques passants, comme moi. Victimes d'éditeurs sans diffuseurs, inconnus des libraires, éditeurs à compte d'auteur, ces livres flambants neufs tentent leur chance à côté de livres momifiés. Et pourquoi pas, tout compte fait, la bande dessinée des analphabètes y est bien représentée, elle, tant au prix de l'occasion qu'à celui du livre neuf.
Je n'ai trouvé aucun de mes livres mais j'ai sans doute mal regardé. Plusieurs d'entre eux n'existent plus que sur internet, après la faillite de mon éditeur ou sa cessation d'activités, restons polis. "La transhumance des Banquiers", par exemple est disponible e.a chez Amazon et Chapitre. com . Google le cite sur 56 pages différentes. La gloire quoi ! Apparemment donc pas un livre oublié. Mais de flous pour moi, nada.
Après ma visite au cimetière, je suis retourné dans mon jardin regarder pousser la verdure et les fleurs du magnolia et des deux cerisiers.
Libellés :
Au fil des jours,
Ils l'ont dit,
Inédits et autres édités
mercredi 8 avril 2009
Estinnes-au-Val un dimanche de carnaval
Plus ça résonne
Plus s'amuse le quartier
Sous l'impassible
Dure la paille
Sous les bosses du gille
Infatigable
Un dernier apprêt
Pour la ronde nouvelle
Au bruit des sabots
Les plumes dans la friture
Presqu'à Binche
Aux pattes innombrables
Sur les pavés gris
Se profile sur le bleu
Et le haut clocher
Fermée sur ses prières
Loin de la fête
Fait tourner les éoliennes
D'Estinnes-au-Val
Vignoble penché
Comme le vin espéré
À la robe d'or
Comme dans beaucoup de villages de la région du Centre, on y fête le carnaval avec une société de Gilles locaux, à la bonne franquette, sans trop se soucier des Gilles de Binche à l'Appellation Contrôlée.
Libellés :
Au fil des jours,
Inédits et autres édités
mercredi 1 avril 2009
La chambre noir du calligraphe. Un futur recueil de haïkus. Projet d'avant-propos
et haïku contemplatif en bord de mer.
Photos de Marianne.
La chambre noire du calligraphe que j’ai baptisé recueil de haïkus n’est sans doute pas un recueil de haïkus classiques.
Cependant, si, d’après Tôhô, le haïku est un bref poème qui fixe à un instant donné les choses qui se meurent…avant qu’elles ne soient éteintes dans l’esprit, certains de mes haïkus répondent, il me semble, à cette définition. Ils sont aussi, pour reprendre un commentaire de Maurice Coyaud, des poèmes d’amour (ou de son contraire), ou de nostalgie, voire des souvenirs de voyages et d’itinéraires. Ce sont, je crois, également, mes sources d’inspiration.
Alain Kervern a dit du haïku qu’il était un art à part entière pouvant faire miroiter toutes les facettes de l’existence humaine et de l’univers. J’ignore si je peux reprendre cette phrase à mon compte. En tout cas , c’est ce que j’ai tenté de réaliser durant les deux mois où j’ai écrit ces quelques 250 tercets, à la suite d’un pari que je me suis fait à moi-même : serais-je capable de traduire une partie de mon imaginaire de cette manière fugace et concise ?
Je considère que chacun de mes versets forme un haïku qui se suffit à lui-même, un instantané de ma chambre noire. Qui peut être lu séparément. Dans l’ordre ou dans le désordre. Un haïku ou autre chose. J’espère un poème, un rendu d’une certaine réalité, intérieure ou extérieure, une réflexion, un constat, une image, une marque d’étonnement, un moment d’émotion.
Parfois un tercet a engendré un autre tercet, parfois même un troisième, comme si le premier n’avait pas été suffisant et qu’il nécessitait une couleur supplémentaire, un angle différent pour le rendre compréhensible. C’est sans doute en cela qu’on pourrait me reprocher d’avoir transgressé les règles de l’écriture des haïkus. On pourrait me dire : « Tu as pris plusieurs photos du même paysage.» Paysage mental ou réel s’entend. Ma réponse est simple, les instants ne sont jamais pareils, même s’ils forment une suite.
Anne Tardy a écrit quelque part que les haïkus sont de petits poèmes surgis en un instant que l’on attrape au vol du bout de son crayon. C’est joliment dit mais ne correspond pas à ce que j’ai éprouvé en les écrivant. Je ne les ai pas saisis au vol comme des papillons. Il m’a souvent été difficile de les faire entrer dans leur forme de 17 syllabes. Mais travail bénéfique que cette ascèse verbale qui force à l’essentiel et à la suggestion.
Leur classement en 7 chapitres n’a pas été arbitraire. Publiés par petits paquets sur mon blog durant les mois de février et mars, je les ai triés par thèmes et ambiances. En conclusion de ce travail, j’ai constaté que j’avais inconsciemment repris des thèmes que j’avais exprimés dans mes poèmes antérieurs sous d’autres formes, parfois proches des haïkus, mais jamais si rigoureuses. Je suis donc, apparemment, resté fidèle à moi-même.
Les haïkus de la chambre noire, à proprement parler, tournent autour de la création littéraire et l’espoir qu’elle contient. En quelque sorte, ils introduisent la suite, le verger, la nature, les germes et les fruits de l’amour. Apparaissent déjà, dans le verger, le couple qui se découvre et qui, plus tard, deviendra antagoniste. Cela annonce le sujet des trois saisons suivantes : la naissance, la maturité, la mort de la passion et de ses illusions.
Le recueil se termine sur la mer où mes haïkus prennent le large avec à leur bord mes passagers :
Quand deux passagers
Dérivent et divaguent
Rythmant leurs rêves
Et plus haut :
Voyage à deux
Voix vers l’île sous le vent
Tanguant sur les flots
Jean botquin
Cependant, si, d’après Tôhô, le haïku est un bref poème qui fixe à un instant donné les choses qui se meurent…avant qu’elles ne soient éteintes dans l’esprit, certains de mes haïkus répondent, il me semble, à cette définition. Ils sont aussi, pour reprendre un commentaire de Maurice Coyaud, des poèmes d’amour (ou de son contraire), ou de nostalgie, voire des souvenirs de voyages et d’itinéraires. Ce sont, je crois, également, mes sources d’inspiration.
Alain Kervern a dit du haïku qu’il était un art à part entière pouvant faire miroiter toutes les facettes de l’existence humaine et de l’univers. J’ignore si je peux reprendre cette phrase à mon compte. En tout cas , c’est ce que j’ai tenté de réaliser durant les deux mois où j’ai écrit ces quelques 250 tercets, à la suite d’un pari que je me suis fait à moi-même : serais-je capable de traduire une partie de mon imaginaire de cette manière fugace et concise ?
Je considère que chacun de mes versets forme un haïku qui se suffit à lui-même, un instantané de ma chambre noire. Qui peut être lu séparément. Dans l’ordre ou dans le désordre. Un haïku ou autre chose. J’espère un poème, un rendu d’une certaine réalité, intérieure ou extérieure, une réflexion, un constat, une image, une marque d’étonnement, un moment d’émotion.
Parfois un tercet a engendré un autre tercet, parfois même un troisième, comme si le premier n’avait pas été suffisant et qu’il nécessitait une couleur supplémentaire, un angle différent pour le rendre compréhensible. C’est sans doute en cela qu’on pourrait me reprocher d’avoir transgressé les règles de l’écriture des haïkus. On pourrait me dire : « Tu as pris plusieurs photos du même paysage.» Paysage mental ou réel s’entend. Ma réponse est simple, les instants ne sont jamais pareils, même s’ils forment une suite.
Anne Tardy a écrit quelque part que les haïkus sont de petits poèmes surgis en un instant que l’on attrape au vol du bout de son crayon. C’est joliment dit mais ne correspond pas à ce que j’ai éprouvé en les écrivant. Je ne les ai pas saisis au vol comme des papillons. Il m’a souvent été difficile de les faire entrer dans leur forme de 17 syllabes. Mais travail bénéfique que cette ascèse verbale qui force à l’essentiel et à la suggestion.
Leur classement en 7 chapitres n’a pas été arbitraire. Publiés par petits paquets sur mon blog durant les mois de février et mars, je les ai triés par thèmes et ambiances. En conclusion de ce travail, j’ai constaté que j’avais inconsciemment repris des thèmes que j’avais exprimés dans mes poèmes antérieurs sous d’autres formes, parfois proches des haïkus, mais jamais si rigoureuses. Je suis donc, apparemment, resté fidèle à moi-même.
Les haïkus de la chambre noire, à proprement parler, tournent autour de la création littéraire et l’espoir qu’elle contient. En quelque sorte, ils introduisent la suite, le verger, la nature, les germes et les fruits de l’amour. Apparaissent déjà, dans le verger, le couple qui se découvre et qui, plus tard, deviendra antagoniste. Cela annonce le sujet des trois saisons suivantes : la naissance, la maturité, la mort de la passion et de ses illusions.
Le recueil se termine sur la mer où mes haïkus prennent le large avec à leur bord mes passagers :
Quand deux passagers
Dérivent et divaguent
Rythmant leurs rêves
Et plus haut :
Voyage à deux
Voix vers l’île sous le vent
Tanguant sur les flots
Jean botquin
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