dimanche 28 février 2010

Foire du Livre de Bruxelles



Tous à la Foire du Livre de Bruxelles
Vous pouvez m'y rencontrer
le vendredi 5 mars de 17 à 18 heures au stand de Luc Pire n°216 et le samedi 6 mars au stand n°230 du Service du Livre Luxembourgeois, de 15 à 17 heures.

mercredi 17 février 2010

Haïkus du mardi gras à Binche





































































































Un dernier apprêt
Pour la ronde nouvelle
Aux sons des sabots
+
Roulements profonds
De tambours qui épousent
La fin de l'hiver
+
Coups de mailloche
Rythmant quatre batteries
Au petit matin
+
Rondeau de printemps
Sous les regards grillagés
Des grandes burka
+
Bosses de paille
Sous des chapeaux irisés
Masques de cire
+
L'orange à la main
Les plumes sur la tête
Infatigables
+
Des caniches blancs
Aux pattes innombrables
Le mois de février
+
Apartintailles
Et sonnailles de cuivre
Au bas des remparts
+
Des jets d'oranges
A tir nourri et meurtrier
Sur des excités
+
Onze tamboureurs
Ra Rah Ram Pa ta Plan Ran
A rouflaquettes
+
La gibecière
Du paysan masqué
Dansant la carmagnole
+
A potron-minet
Des buveurs impudiques
Pissent dans les coins
+
Le jour des cendres
Le hareng sent encore
Bière tiédasse


Jean Botquin

mardi 9 février 2010

Retour du froid en haïkus de Jean Botquin.


La neige vole
Dévoile ses flocons blancs
Repos de couleurs
+
L'ombre déterre
La lumière qui renaît
Sous le silence
+
L'hiver vêt l'aube
Les oiseaux perdus cherchent
Des graines gelées
+
Des fleurs hiémales
Offrent quelques pétales
Froissés par le froid
+
Qui se permettrait
De cueillir les edelweiss
Sur les monts chauves?
+
Quand la nuit tombe
La neige tisse un jour
De bleu transparent
+
Des particules
Fondent, pollens stupéfiants
De mort anoblie
+
Un pauvre ouvre
La fenêtre en toussant
D'une voix rauque
+
La neige revient
En rafales de blancheur
Irrespirable
+
La religieuse
S'extasie sous les voiles
D'un ciel mensonger.

samedi 6 février 2010

Promenade dans les bois.

Serpente sentier
Près du ruisseau silencieux
Bientôt le printemps
J.B.

vendredi 5 février 2010

Le Funambule. Extrait du Front Haut de Jean Botquin


Moi qui n'ai pas d'équilibre, je me suis réveillé funambule, hier matin, après une bonne nuit. En ouvrant la fenêtre toute grande, j'ai vu la corde tendue jusqu'au tilleul. Je n'en croyais pas mes yeux. Elle était là, cordon ombilical reliant le coeur de l'arbre à ma fenêtre.

Peut-on rêver meilleure relation? Grâce à la magie d'un fil sur lequel j'irais danser, le tilleul centenaire ne m'échapperais plus.

Je m'habillai. L'austère redingote m'allait comme un gant. Je ressemblais à un hanneton. J'étais cet animal danseur qui se balance dans l'élégance des gestes et la maladresse de la grâce. Mon balancier de coudrier me servirait d'ailes et le fil de piste d'envol. Je serais celui qui vibre sur l'unique fil d'un violon céleste. Glisser un pied devant l'autre sur le sentier que me tendait mon vénérable ami, peut-être le dernier que je pourrais parcourir, glisser sur le fil d'une tentation extrême, d'une joie du matin, du chant le plus aigu qu'il nous soit donné de connaître suspendu entre ciel et terre, glisser toujours plus loin et peut-être toujours pus haut. Moi qui n'ai vraiment pas d'équilibre...

jeudi 4 février 2010

Une page de "Le Carnet et les Instants " p65 n°160


Veuillez double-cliquer sur l'image.

Agenda:
Foire du livre de Bruxelles à Tour et Taxis du 4 au 8 mars 2010:
Séances de dédicaces de Jean Botquin,
-le vendredi 6 mars aux Éditions Luc Pire de 17 à 18 heures;
-le samedi 7 mars au Service du Livre Luxemborgeois de 15 à 17 heures.
Je vous donne aussi rendez-vous le 4 mars au débat organisé par Christian Libens "à l'enseigne d'Eros avec Malika Madi, Luc Dellisse et Huguette de Broqueville, trois auteurs qui,chacun à leur manière, ont franchi dans leur travail le périlleux passage vers l'érotisme.(Le carnet et les Instants)"
Le 15 avril à 19heures30 à la Salle des mariages de l'hôtel de ville d'Erquelinnes, Véronique Flabat-Piot, présidente de la plume Vagabonde, présentera mon recueil de nouvelles "La Gondole de l'Orient Express". Entrée gratuite.
Le mercredi 5 mai, à 17 heures, présentation par Joseph Bodson et Jean Botquin de Chamsa, Fille du Soleil, roman de Malika Madi, à l'Espace Wallonie-Bruxelles, rue Marché aux Herbes, Bruxelles 1000.
Entrée gratuite et verre de l'amitié après la séance.

vendredi 29 janvier 2010

Intervieuw de Julien Ruchelet dans le Journal du Centre N°1734 du 27 janvier 2010


Pour lire le texte cliquez deux fois puis déroulez. Merci.
Mon recueil peut être commandé à mon adresse, 5 rue Ferdinand Gossuin 7100 Haine-Saint-Pierre ou par E-mail, botquin.jean@gmail.com , à la librairie l'Ecrivain Public à La Louvière ou en Ligne aux Éditions du Cygne, à Paris www.editionsducygne.com . Prix: 12 €, frais d'envoi non compris.

jeudi 28 janvier 2010

Visite à un atelier d'écriture de haïkus à La Louvière

Par curiosité, je me suis inscrit à un atelier d'écriture où j'ai travaillé sur quelques thèmes: l'environnement de la salle de travail, des photos de fleurs et de plantes, un fond musical (harpe). Voici le résultat:

Soupirs d'un homme
Que le sommeil guette
Quand l'ouïe s'assourdit

On entend la mouche
Qui vole et vibre fort
Sans aucun effort
Ikebana blanc
Dans le vase opalin
Réflexions roses
Les cordes versent
Des verres d'eau cristalline
Les sons se noient
Glissades pures
D'une musique aérienne
L'harpe sanglote
Une harpiste
Comme l'oiseau s'envole
A la fin du jour
Les feuilles vertes
Tendent leurs bras ridicules
Sur la tristesse
Jean Botquin

dimanche 24 janvier 2010

Voyagez en train

Les trains de banlieue selon Paul Delvaux.


Les trains vont vite
Ils ne trompent personne
Entre deux gares
Celui qui monte
Dans un wagon solitaire
Fuit l'ombre de soi
Retournons là-bas
Pour retrouver un versant
A peine oublié
Pense à elle
Qui délaisse son passé
Aux pieds des marches
Ils voyagent seuls
Et sans objectif précis
Jusqu'à l'aurore
Assis dans un coin
Derrière la vitre sale
Quelques paysages
Le train prend le temps
De glisser dans l'espace
Des lisses d'acier
Quand le soir tombe
Le voyage s'allonge
Interminable

Jean Botquin Janvier 2010

mardi 19 janvier 2010

Haïti janvier 2010



Photo choc dans la Libre Belgique.
DIEU ET LA VIE EN ROSE
Et
Dieu dit que c'était bon
que le monde
soit monde
Il était content
sans trop savoir pourquoi
Dieu le Père
de tous les enfants du monde
+
Du haut de son nuage
ne croyait-Il pas
tout ce qu'Il proclamait
infaillible
à l'image de son image ?
+
Mais
dans sa béatitude
avait-il vu
le monde comme ça ?
Un beau gâteau mal partagé
sept parts de liquide
pour trois parts de solide
tant d'eau non potable
pour si peu de terre arable ?
+
Faut pas se formaliser
ça s'arrangera
ça finira bien
par s'équilibrer
+
Pas sûr dit Satan
qui s'amusait
le cul à l'air sur des braises
comme un fakir
Pas sûr du tout
+
Car en effet
à peine créé
le monde solide
se mit à trembler
et
le liquide à déborder
comme une bouilloire à tsunamis
oui mon ami
+
Fissures
craquelures
boursouflures
du primaire au quaternaire
tout se plissait se déplissait à toute allure
la nature se dénature
+
Dieu dit avec tristesse
l'impertinence des astres
me coûte la peau des fesses
Qu'avais-je besoin de faire le monde ?
+
Quand on se mêle de procréer
on est vite dépassé
l'auteur voit s'éloigner
l'acteur qu'il engendra
et patati et patata
+
Les créations toujours nous échappent
La peinture déborde du cadre
le cadre déborde du mur
et
le mur déborde de partout
Faut toujours tout recommencer
T'as pigé ?
+
Quand la terre est stable
elle se met à trembler
c'est la nature qui veut ça
+
Dieu le Père ne pigeait pas
mais prenait patience
en comptant Ses béatitudes
sur ses dix doigts
+
Oui
+
la créature n'est guère reconnaissante
l'Esprit
qui souriait au Fils
disait au Père
mais si
Tu ne t'es pas trompé
C'est bon que le monde soit monde
Regarde comme la terre est ronde
C'est mieux qu'une planète carrée
+
Effectivement
la terre est ronde
d'un bleu lumineux dans ses nuages
La roue tourne
le véhicule avance
cahin-caha
Quand la machine s'ébranle
on passe vite du dinosaure à la baleine
du cachalot au ver de terre
du lombric au cromagnon
Pas besoin de précipiter le mouvement
ni la cadence
c'est effarant
ça marche tout seul
pensait Dieu qui s'étonnait
+
Et si on recommençait
après le brouillon
le net
Trois parts de liquide
pour sept de solide
+
NON
+
Moitié moitié
ça paraît mieux pensait Dieu
dans sa justice infinie enfin prévoyante
Plus facile pour résoudre le problème de la faim
sans créer celui de la soif
plus de place pour les jaunes
qui se multiplient
comme grains de sable sur l'estran
+
Autant pour moi
dit Dieu
ça m'apprendra à donner le goût des paraboles
à ma progéniture
+
Le péril jaune
on verra plus tard
dit Dieu
dont la blancheur faisait peur
aux noirs
Ne mélangeons pas trop les couleurs
l'arc-en-ciel
viendra
après le déluge
+
Adam
blanc comme plâtre au soleil
Eve
rose comme l'intérieur de l'orchidée
le serpent émeraude
la pomme rubis
ça suffit pour aujourd'hui
Allez ranger vos crayons
à colorier
+
Mais alors sans couleurs
qui va peindre
les jaunes les noirs et les bronzés
les café-au-lait les métissés
les cochons roses
les aigles rouges
les lapino-décolorés ?
+
Dieu était blanc et daltonien
Il créa l'homme à son image
Ceci explique cela.
De toute façon dans son miroir
Il n'avait trouvé que ça
ni plus ni moins
rien d'autre qu'un visage pâle
+
Mais c'est pas fini
Je vous le dis
Le doigt dans l'engrenage
le bras y passa tout entier
C'est ainsi
qu'Il créa la femme
en allant jusqu'au bout
du dérisoire
+
En périssoire
Je vous le dis
la femme ira jusqu'à lundi
et même au-delà du vendredi
dans les entrailles de la passion
+
C'était foutu pour la saison
Dieu a beau dire
enamouré
ravi
de l'avoir faite si belle
la raison irait se perdre
très loin dans les limbes
de la déraison
+
C'est alors que Dieu eut besoin
de se justifier
Il dit
Je suis le Grand Patron
Je ne m'occupe pas du détail
à moi les grands principes
les grands projets les grandes lignes
l'alpha et l'oméga
Ma responsabilité s'arrête là
+
Dieu inventa les nouvelles théories
+
Je dirige
Je délègue
Je laisse faire
Je sème le grain
Tant pis pour l'ivraie
+
Je décide
Je fais le temps
Pas la pluie et le beau temps
+
Le monde va ou il veut
il n'est pas sur des rails
il s'assume
il se prend en charge
il se rend responsable
il est libre
+
Moi dit Dieu
Je le crée
tant pis s'il se fout en l'air
+
C'est ainsi que Dieu reprit confiance en Lui
+
Il regardait
les hommes qui bougeaient
ou ne bougeaient plus
écrasés sous des décombres
les hommes dans les hôpitaux
qui mourraient de faim ou du sida
des hommes qui s'entretuaient
pour une croûte de pain ou une croûte de rien
+
De longues files de fourmis transhumantes
pogroms
exodes
exterminations
sanglantes
épurations ethniques
assassinats politiques
terrorisme religieux
ou déiste
+
Des hommes qui se boutaient dehors
se boutaient dedans
se balkanisaient
se voilaient la face
pour mieux tuer
en Son nom Divin
+
Le sang coulait
et abreuvait les déserts
de sable et de pierres
+
Et Dieu qui regardait là-dessous
et là-dedans
répétait inlassablement
que c'était bon que le monde soit monde
+
Je suis content
ça finira par s'arranger
Il faut une loi
la loi de la jungle
l'autorégularisation
la suppression des faibles
des superflus
des incompétents
la haine raciale
l'équilibre des forces vives
la loi de la nature
le règne de Mes vicaires
sur terre
+
A nouveau
Dieu se regarda dans son miroir
D'où vient que J'ai tant changé
Je ne me reconnais plus
J'étais pourtant bon sans mesure
mais je ne comprends rien aux fractions
les tiers et les quarts
ces morceaux de mondes à part
dont l'Esprit me parle
le soir
en voyant s'envoler
la colombe
Jean Botquin

lundi 18 janvier 2010

La Chambre Noire du calligraphe sur You Tube.

Pour mes lecteurs éloignés qui n'ont pu accéder à l'émission de ma télévision régionale, ACTV, ils peuvent retrouver la partie du film qui concerne la Chambre noire du calligraphe dans la vidéo ci-dessous .






dimanche 17 janvier 2010

Des haïkus au Parc de Mariemont sur Antenne Centre Télévision.

La vidéo de l'émission d'Antenne Centre Télévision a été supprimée et remplacée par la vidéo de Youtube qui paraîtra dans le message suivant.

mardi 12 janvier 2010

Vient de paraïtre: Chamsa, fille du soleil, de Malika Madi.


Pour lire ce communiqué de presse, veuillez cliquer deux fois sur l'image et la dérouler.

lundi 4 janvier 2010

Il y a Soixante ans, jour pour jour...


"La mer cuirassée d'argent"




"Des gouttes de lumière et de couleurs"








Ma libre Belgique ne m'en voudra pas d'avoir emprunté la photo d'Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1957, publié dans son numéro 362 à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition, à la suite d'un accident de voiture, alors qu'il remontait vers Paris avec son éditeur.

La photo ci-dessus a été prise aux Deux Magots, en 1945.

Je me souviens qu'à sa mort, en 1960, j'ai été profondément choqué. Et, aujourd'hui, à nouveau, je suis plein de nostalgie. Je suis allé vers ma bibliothèque feuilleter la dizaine de livres de Camus que je possède depuis longtemps, qui m'ont accompagné dans tous mes déménagements, qui ont jauni, dont certaines couvertures sont recollées, et je me suis arrêté au plus petits d'entre eux, "Noces", noces à Tipasa, le livre qui m'a ouvert les yeux, qui m'a fait découvrir le soleil et la lumière, au point que depuis je suis tombé amoureux des pays du Sud où nous retournons toujours, ma femme et moi, sans jamais nous fatiguer du ciel et du soleil implacables. Je pense vraiment que c'est Camus qui m'y a initié. Bien sûr, il n'y a pas que cela dans mon attachement pour cet auteur qui fait partie de ma jeunesse. J'ai dévoré son théâtre, ses oeuvres philosophiques; j'ai aimé son écriture à la fois sobre et lyrique. Pour moi, il fut un maître.

"Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bien écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumiège à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils...."
Par ma fenêtre, je regarde le jardin dans son linceul blanc sous le ciel de neige. J'attends le soleil du Sud, prêt à repartir pour retrouver les images de Tipasa, et, plus près de nous, de Lourmarin où Camus est enterré.