J'ai jusqu'à présent bien aimé Jean Botquin, on l'aura remarqué dans mes échos des Inédits 125, 131, 165, 185, 187, 221 et 234.
J'apprécie autant sa fidélité que son talent et ce n'est pas son Bréviaire d'un quotidien qui me dément. Ces haïkus de la première partie, ne respectant que la métrique faussement japonaise de 5/7/5, mais pas du tout les sens ou le non/sens suggéré par les haïkistes nippons, même le révolutionnaire Shiki, m'enchantent. C'est de la pure poésie de notre temps et de nos pays. De quoi prendre de jour en jour ou de service en service une de ces pages, en bon curé à soutane. Quant ensuite l'auteur nous entraîne dans" un tumulte baroque de torrents poétiques", qu'il voit comme "une transe verbale propre au délire", je le contredirai plutôt en y voyant l'irruption d'une poésie fraîche, tendre et pleine de sensibilité et de sensualité, comme le révèle cette " Abeille/sur la portée d'un chant mystique/butinant de ses lèvres minces/ les étoiles de larmes blondes". Il y a là bien mieux qu'un délire. (Éditions du Cygne, 4 rue Vulpian. F. 75013 Paris)
vendredi 7 janvier 2011
dimanche 2 janvier 2011
Le Non-Dit n°90 janvier 2011 Jean Botquin et le haïku par Michel Joiret

"Les choses de la vie" en quelques mots...
On pourrait parler d'une séduction mutuelle, d'un tracé consensuel. Le haïku se trouve au clair sous la plume de Jean Botquin et le poète puise dans le genre un aliment de premier choix. Bréviaire d'un Quotidien fait suite au surprenant recueil La chambre noire du Calligraphe. Il rassemble des haïkus qui obéissent à la règle classique et contraignante des 17 syllabes. Mais la clef de la réussite échappe à la mécanique formelle. Elle tient surtout à une perception, presque miraculeuse, de l'instant, à ce mouvement tout à la fois léger et précis qui isole une image du reste du monde. Botquin s'illustre dans le genre et dans la netteté du propos. Des haïkus comme "Le salon des mots/S'endort dans un ronflement/ De dictionnaire". "Un bruit d'horloge/Réchauffe le temps qui fuit/ D'un pas régulier". Et si la pratique du haïku assurait la maîtrise du temps ? On peut se poser la question à propos d'un livre qui prend ses assises dans le souffle, la méditation et la lenteur. Le poète procède délicatement, par glissements d'images, par permutations sémantiques, par le choix délibéré de la légèreté: "La neige vole/ Dévoile ses flocons blancs/ Repos des couleurs". L'inspiration n'est pas de mise; la prise en compte de l'instant suffit. Et nous savons que pour l'observateur éveillé, toute séquence brève passe pour une figure d'éternité. Jean Botquin ne cesse de l'appeler, de l'interroger, d'en déplacer les pièces comme s'il s'agissait d'un puzzle improbable, un idéogramme, un mobile protéiforme: "Le temps s'arrête/ Là, au départ de l'hiver/ D'un songe amer".
Le lecteur tente de saisir le mot qui passe, de prendre en compte le paraphe d'un instant et de s'en remettre à l'impromptu du sens. Il se rend compte alors que la dérive chaloupée du haïku lui conte bien davantage que sa propre intelligence des mots.
Libellés :
Au fil des jours,
Ils l'ont dit,
Inédits et autres édités
mercredi 8 décembre 2010
Une conception moderne de la poésie (suite et fin).Jean Botquin
Au départ, l’inspiration poétique naît souvent d’une image, d’une sensation, d’une émotion. Le choc survenu, le thème se développe ensuite presque de façon naturelle. La forme s’impose quasi immédiatement. Certains poètes modernes prétendent que l’inspiration poétique- la pensée- s’élabore à la suite d’une rencontre de mots dont la signification primaire –basique- est transcendée par la sensation ou l’émotion (la transe).
Pessoa a doté un de ses hétéronymes, Alvaro Campos notamment dans « L’ode maritime », d’une démarche poétique basée sur la sensation et son analyse, en octroyant aux mots choisis une charge métaphysique énorme. Dans le processus sensationniste d’Alvaro Campos, le poète va jusqu’à s’identifier à toutes les autres personnes et les objets, il fait sans cesse se reculer les frontières de l’imaginaire. Il va des mots aux idées et à la pensée (sans qu’il y ait eu nécessairement un déclic sensationnel ou émotionnel) ou des émotions vers le langage, ou les deux simultanément, peu importe. Il est d’ailleurs difficile de déterminer la succession des phases.
Pessoa part de l’analyse des sensations pour appeler le langage qu’il charge de signification. Quand on parle de sensations, il s’agit bien des cinq sens : la vue, le toucher, l’ouïe, le goût et l’odorat avec des transferts modaux d’un sens à l’autre, par exemple, la sensation de voir ou de percevoir à travers le sens de l’ouïe ou du toucher. Ensuite, il intellectualise les sensations, il les fait devenir abstraites (pour les rendre accessibles à chacun ?). Ce travail consiste à rendre littéraire la réceptivité des sens au moyen de la conscience. Véritable travail de laboratoire poétique étudié par José Gil dans « Fernando Pessoa ou la métaphysique des sensations ».
La sensation est un phénomène concret propre à celui qui l’ éprouve. Elle peut donner naissance à une émotion, au départ vide de sens et intransmissible à d’autres, si on ne lui fait pas subir une transformation intellectuelle qui la rend abstraite. Autrement dit, l’émotion personnelle doit se muer en émotion artistique par son intellectualisation. La prise de conscience de la sensation et de l’émotion qu’elle a provoquée conduit à donner une valeur esthétique aux mots et au langage. Prendre conscience de cette prise de conscience permet d’exprimer la ou les sensations.
En réalité, écrire un poème serait un moyen d’explorer et de rendre abstraites les sensations. Le fil de l’analyse des sensations correspondrait au thème poétique. Selon cette conception, le poème serait un métadiscours permanent. Le poète sent, se sent sentir,et l’exprime ; il voit, il se voit (il s’entend) voir et le dit.
C’est ainsi que l’art est la tentative de création d’une réalité totalement différente de notre réalité concrète. L’émotion pour gagner en relief doit être donnée comme une réalité abstraite.
Jean Botquin
jeudi 2 décembre 2010
Une conception moderne de la poésie. Jean Botquin
Blood and poetry de Jacques Charlier
Galerie Vilenne Liège
Une conception moderne de la poésie
La poésie a beaucoup évolué. On est loin de nos anthologies de poèmes classiques – de la versification et de la métrique – qu’on nous faisait lire et apprendre par cœur dans l’art immémorial de la déclamation. Certains cultivent encore ce mode d’expression. Il suffit de compulser des revues de poésie – surtout françaises – pour découvrir ( avec ennui ?)- des rimailleurs « primesautiers » qui excellent dans ce mode un peu provincial et prosaïque. Cette poésie n’a de poésie que le nom. Ce sont les rimes qui rythment la cadence en guise de musicalité. Loin de moi de vouloir prétendre que la versification ne peut s’accompagner d’idées originales, d’images réussies et que de ce type de poésie ne puisse se dégager un certain esthétisme. Il y a de magnifiques exemples.
Á l’autre extrême, depuis Verlaine, Mallarmé, Valéry, Rimbaud et Apolinaire, il y a une poésie libre – dans son expression - qui a rejeté toutes les formes anciennes et les règles formelles et qui attache plus d’importance au fond et à la magie des mots formulés par notre inconscient. Ce qui ne veut pas dire que cette poésie évolue en toute liberté. Elle est nécessairement tributaire de son auteur, de son psychisme, voire de sa spiritualité. Sa nécessité ne découle pas de sa forme mais de sa nature profonde. Elle n’obéit qu’à elle-même. Selon moi, elle reste accessible aux autres, si elle ne verse pas dans les outrances de l’écriture automatique ou de la poésie dadaïste, hermétique et, par conséquent, incompréhensible pour le lecteur qui ne possède pas les clefs (chaque poète ayant la sienne) de décryptage d’un langage ésotérique.
Je considère qu’en tant que poète d’aujourd’hui, j’ai peut-être eu la chance de ne pas avoir été formé en poésie classique. J’y suis incompétent.
J’ai commencé à écrire de la poésie en fin d’humanités gréco-latine. Ma poésie était très proche de la prose. Une prose dotée de musicalité – je l’espère – inspirée uniquement, ou presque, par des images issues du réel, de la nature, utilisées analogiquement pour exprimer des sentiments poétiques ou romantiques, au départ d’un état d’âme : le spleen des jeunes, le cafard de l’oisiveté, les sentiments amoureux suscités par des premiers émois ( pas le véritable amour qui vient beaucoup plus tard et qui confine à l’expérience de la mort. Voir Lettres à un jeune Poète de Rainer Maria Rilke). Était-ce de la poésie ? Je ne le crois pas. Je l’ai cru.
(à suivre)
La poésie a beaucoup évolué. On est loin de nos anthologies de poèmes classiques – de la versification et de la métrique – qu’on nous faisait lire et apprendre par cœur dans l’art immémorial de la déclamation. Certains cultivent encore ce mode d’expression. Il suffit de compulser des revues de poésie – surtout françaises – pour découvrir ( avec ennui ?)- des rimailleurs « primesautiers » qui excellent dans ce mode un peu provincial et prosaïque. Cette poésie n’a de poésie que le nom. Ce sont les rimes qui rythment la cadence en guise de musicalité. Loin de moi de vouloir prétendre que la versification ne peut s’accompagner d’idées originales, d’images réussies et que de ce type de poésie ne puisse se dégager un certain esthétisme. Il y a de magnifiques exemples.
Á l’autre extrême, depuis Verlaine, Mallarmé, Valéry, Rimbaud et Apolinaire, il y a une poésie libre – dans son expression - qui a rejeté toutes les formes anciennes et les règles formelles et qui attache plus d’importance au fond et à la magie des mots formulés par notre inconscient. Ce qui ne veut pas dire que cette poésie évolue en toute liberté. Elle est nécessairement tributaire de son auteur, de son psychisme, voire de sa spiritualité. Sa nécessité ne découle pas de sa forme mais de sa nature profonde. Elle n’obéit qu’à elle-même. Selon moi, elle reste accessible aux autres, si elle ne verse pas dans les outrances de l’écriture automatique ou de la poésie dadaïste, hermétique et, par conséquent, incompréhensible pour le lecteur qui ne possède pas les clefs (chaque poète ayant la sienne) de décryptage d’un langage ésotérique.
Je considère qu’en tant que poète d’aujourd’hui, j’ai peut-être eu la chance de ne pas avoir été formé en poésie classique. J’y suis incompétent.
J’ai commencé à écrire de la poésie en fin d’humanités gréco-latine. Ma poésie était très proche de la prose. Une prose dotée de musicalité – je l’espère – inspirée uniquement, ou presque, par des images issues du réel, de la nature, utilisées analogiquement pour exprimer des sentiments poétiques ou romantiques, au départ d’un état d’âme : le spleen des jeunes, le cafard de l’oisiveté, les sentiments amoureux suscités par des premiers émois ( pas le véritable amour qui vient beaucoup plus tard et qui confine à l’expérience de la mort. Voir Lettres à un jeune Poète de Rainer Maria Rilke). Était-ce de la poésie ? Je ne le crois pas. Je l’ai cru.
(à suivre)
lundi 29 novembre 2010
Les silences de Médéa de Malika Madi.

Paru fin 2003 "Les silences de Médéa" de Malika Madi fait actuellement l'objet d'une version cinématographique qui sera diffusée fin de l'année prochaine.
Vous trouverez le site du film à (cliquez ci-dessous)
Dans une Algérie progressivement gangrenée par un extrémisme islamique, Zohra partage son temps entre le foyer familial et l'école du village où elle enseigne. Une nuit, son quotidien bascule dans l'horreur.
Comment vivre après avoir subi un viol collectif ?
Comment mettre des mots sur l'innommable ?
Dans un premier temps, Zohra tentera d'échapper à ces questions en fuyant son pays natal pour un Paris illusoire. Mais c'est auprès de sa belle-fille , Anna assistante sociale, que la jeune femme trouvera la force de revenir sur son passé. (Quatrième de couverture)
vendredi 19 novembre 2010
QUI EST REGIS MALDAGUE ?

La rediffusion du "Voyage de la Veuve" , le 15 novembre 2010, sur la TV 5 française, m'incite à reparler de " L'arbre des Exécuteurs " de Régis Maldague, nom sous lequel je me suis caché, à l'époque où j'ai écrit et publié ce roman, et qui 3 ans plus tard reçut le Prix Gustave Flaubert, de l'académie des Provinces Françaises, remis en la ville de Mâcon (France). Quel rapport me direz vous ? Aucun, sinon que dans les deux cas il y est question de bourreaux et de guillotine. Le film (voir à ce propos mes commentaires de 2008) transforme un fait historique en fiction, de façon un peu cavalière ; mon livre, par contre, relève totalement de l'imaginaire, utilisant cependant une généalogie de bourreaux qui a réellement existé, dans les provinces et les régions qui en 1830 formèrent la Belgique. Que se passerait-il si vous deviez un jour découvrir que vous êtes un descendant de bourreau ? Certes, je parie que vous ne seriez pas très heureux et que votre équilibre mental en prendrait un fameux coup. Voilà l'argument que Maldague a développé dans un roman parfaitement surréaliste (à la belge), plein de dérision, et qu'il faut lire au deuxième degré.
Je n'en dirai pas plus pour ne pas ternir le plaisir de la découverte de ceux qui auraient envie de lire ce roman, introuvable dans le commerce, et que je me charge de diffuser, personnellement, à un prix défiant toute concurrence. CINQ EUROS. Sans les frais de port, bien entendu. Envoyez-moi Nom, adresse précise, nombre d'exemplaires souhaités. Mon contact est: botquin.jean@gmail.com. Je vous communiquerai, après commande, les modalités de règlement.
vendredi 12 novembre 2010
Pluie en novembre
Au milieu du chant
La pluie chagrine tombe
Deux cloches tintent
-
Les pavés luisent
De toutes leurs rondes bosses
Un homme passe
-
La pluie a cessé
Le silence ruisselle
Inopinément
-
Le plancher craque
Quand grince la clef rouillée
La porte glisse
-
Derrière le mur
L'homme entend les élytres
Des insectes noirs
-
La pluie se remet
Á tomber sous le bronze
Vibrant lentement
-
Jean Botquin 12 novembre
La pluie chagrine tombe
Deux cloches tintent
-
Les pavés luisent
De toutes leurs rondes bosses
Un homme passe
-
La pluie a cessé
Le silence ruisselle
Inopinément
-
Le plancher craque
Quand grince la clef rouillée
La porte glisse
-
Derrière le mur
L'homme entend les élytres
Des insectes noirs
-
La pluie se remet
Á tomber sous le bronze
Vibrant lentement
-
Jean Botquin 12 novembre
Jean-Michel Botquin parle du peintre Joëlle Delhovren


Peindre. Des gosses à l’heure du bain ; d’autres à celle du goûter. Des portraits d’hommes, de femmes, d’enfants. Peindre des jeunes filles au bois. Peindre des mains, souvent, les dépeindre. Peindre un gamin qui souffle des bulles de savon, comme le firent Edouard Manet ou Chardin. Peindre des regards, plus souvent encore que des mains. Rien, pourtant, ici, n’est anodin, bénin ou innocent. De cette visite à l’atelier de Joëlle Delhovren, je garde la sensation physique de quelques uppercuts auxquels je n’ai d’ailleurs pas cherché à échapper. Sans doute, la violence scopique exercée par le regard scrutateur du peintre est-elle reconduite par celui, curieux, de l’amateur. N’est ce pas Martin Kippenberger qui conseillait de ne « rien faire pour les dentistes » ? « Surtout, déclarait-il, que l’on ne me prenne pas pour quelqu’un dont les tableaux s’accrochent au dessus du canapé ». La leçon, certes, est assimilée, absorbée, digérée. Joëlle Delhovren ne fait rien pour les dentistes, ni pour ceux qui craindraient l’idée même de l’anesthésie qui précède une extraction dentaire. Elle travaille dans l’instant, sans concession, parce que le temps dont elle dispose est aussi bref que la vie, parce que c’est là une nécessité de dire. Dire un souffle, dire ce que l’on ne peut saisir au creux des mains, peindre même l’innommable, l’irreprésentable, le rendre présent puisqu’il s’agit, justement, de le représenter.
Je me souviens de ses cochons, de ceux découverts à l’atelier. D’autres aussi, peints précédemment, ces trois cochons figés en plein burlesque steeple-chase, sautant par-dessus le bord de l’auge dans lequel un gamin se baigne, ces deux autres porcs, groin en alerte, à l’heure de la récréation enfantine. Cochon qui s’en dédit, les artistes, de Félicien Rops à Wim Delvoye ou Thierry Zéno pour ne pas remonter jusqu’à Jérôme Bosch, ont souvent cultivé avec une certaine délectation le goût du porc. Celui-ci véhicule de multiples symboles, de la goinfrerie à la luxure, de l’obscénité à l’extrême sensualité, assimilé à la perversité, à la saleté, pataugeant, l’impur, dans la gadouille et la fange. Ces trois-ci sont hilares et baveux ; plus encore que leurs prédécesseurs, accoudés au balcon sous un ciel de décor de théâtre, ils incarnent ce que l’humain a d’abject, de vil et méprisable, ils évoquent l’infamie si souvent représentée dans le bestiaire porcin de l’image satirique au dix-neuvième siècle, politique, guerrière, sociétale, anticléricale. Le cochon est capable de bouffer sa propre progéniture, rappelle déjà Buffon. Et le gamin plongé dans l'abreuvoir, que surplombent ces trois pourceaux hilares et anthropomorphes a, lui, le visage simiesque, le sourire convulsivement figé dans toute sa vulnérabilité. De face, sous sa fontaine de cheveux, il se ferme comme pour résister à l’aveuglement du flash qui lui dévore le visage. De l’inconvénient d’être né. « A mesure qu’elle s’éloigne de l’aube et quelle avance dans la journée, écrit Emil Cioran, la lumière se prostitue, et ne se rachète — éthique du crépuscule — qu’au moment de disparaître ». Ici, la lumière a la blancheur glauque, terne, crue et souillée d’un abreuvoir. Elle me rappelle de loin en loin celle des « deux lutteurs japonais près d’un évier », ce lavabo de Lucian Freud, peint entre 1983 et 1987. Mais dans le tableau de Joelle Delhovren, l’eau cristalline ne coule pas. C’est une toile « d’un monde sans gravité », dit-elle. Ou plutôt d’une impossible quelconque légèreté. Ce tableau est un singulier théâtre de toute comédie — ou tragédie humaine, où le peintre maîtrise parfaitement l’écart entre le réel et la chose représentée, avec des degrés de véracité différents et mesurés, rendant notre perception du tableau plus dynamique encore.
Comment dès lors appréhender d’autres toiles ? Ce triptyque, par exemple, qui nous montre un garçonnet gonflant à toutes joues un ballonnet. Un ballon, certes, c’est le titre, un, deux ballons et même trois puisqu’en triptyque et plans serrés. Et le gamin s’époumone, il s’agrippe au ballon, serré entre ses mains. Un ballon, un sein maternel, une vessie de porc, la baudruche de toutes les illusions. Ou cette toile d’une fillette au bain, « Toys » : la gamine est sans âge, elle est figure et pure présence immobilisée, mais traversée par le temps ; présumée innocente, elle barbotte avec son requin préféré. Le canard jaune tatouant la toile, à ses côtés, ce sera pour maman. Ces « Miam », aussi et ces goûters, tous « sans titre », donc sans qualité. Tu manges comme un cochon, goinfre ; gosses grotesques, si peu angéliques, les yeux plus grand que le ventre. C’est là, degrés de voracité. La suite des « Miam » me semble quasi cinématographique, plans resserrés sur un visage de femme, des yeux, un nez, une bouche ensanglantée de confiture de fruits rouges. Regard renversé de l’extase, langue viandeuse, presque obscène, c’est le festin nu de la chair vive, l’amplitude de la sensation, cette sensation d’être et de l’être. « Quand elle est ainsi rapportée au corps, écrit Gilles Deleuze à propos de l’œuvre de Francis Bacon, la sensation cesse d’être représentative, elle devient réelle ; et la cruauté sera de moins en moins liée à la représentation de quelque chose d’horrible, elle sera seulement l’action des forces sur le corps, ou la sensation, le contraire du sensationnel » . Je me dis qu’on ne peut négliger cette remarque que Francis Bacon fait quant à la zone d’indiscernabilité entre l’homme et l’animal : « Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l’animal ». Et c’est Lucian Freud qui, dès 1954 alors qu’il exposait avec Francis Bacon à Venise, déclara que le but de la peinture est «d’ouvrir par la sensation à une intensification de la réalité » . Tous ces « Miam » sont pour le moins intenses et finalement si peu sensationnels. Cette toile panoramique, enfin, ces jeunes filles promenant au bois, « tant que le loup… », précise le titre du tableau, le loup ou le cochon peut-être. Les frondaisons, presqu’abstraites, comme aquarellées — il faut que j’évoque la touche picturale —, invitent à la promenade, elles s’ouvrent aussi comme un abîme sur le ciel d’où surgit le visage des jeunes filles, de la jeune fille plutôt, car il s’agit de deux fois la même, bâfreuse rousse, goulue, gloutonne, provocant le regardeur de sa goinfrerie, extasiée de ses souillures. Pourquoi donc ai-je « Les Idiots » de Lars Von Triers en tête et leurs comportements de retardés mentaux, libérés de toute inhibition ? La figure s’interpose ici entre notre regard et l’Abîme. Non, il n’est pas question d’une quelconque interprétation psychologique ; il s’agit ici, captant le réel de sonder sans cesse l’animalité de la figure humaine. De toile en toile défile comme une chronique de l’humanité en prise avec son inhumanité. Et l’identité humaine se situe dans le corps, non pas dans l’abstraction de l’âme. « Corps suis tout entier, écrit Friedrich Nietzsche, et rien d'autre, et âme n’est qu’un mot pour désigner quelque chose dans le corps. Le corps est une grande raison, une pluralité à sens unique... »
Peindre, dépeindre. Les tableaux le sont souvent dans les tons bruns, blancs, gris. La toile est écrue, j’ai failli écrire crue, juste encollée à la caséine ou à la peau de lapin. La touche accroche, la toile résiste. Joëlle Delhovren épuise la figure d’une touche économe. « Moins il y en a, mieux c’est, dit-elle ». Même la vacuité délibérée de certaines zones de la toile est habitée d’humanité. Une humanité, oui, toute l’humanité même. Singulier rapport que l’artiste entretient avec son modèle, cette intimité qu’elle instaure avec le sujet qu’elle scrute, même lorsque celui-ci n’est que photographié, afin d’en figer le souvenir avant de peindre. C’est bien l’identité humaine que sonde sans cesse le peintre. Certes, il y a Rosalie, Arié, comme il y a eu Isa, Phil, Anna, Philip ; mais ceux qui ne sont pas nommés n’en sont pas moins proches. Ou lointains. Ou présents. Ils sont corps habités par le peintre, tel cet homme âgé qui campe à l’entrée de l’atelier. « Sans gravité » lui aussi, et pourtant, corps épuisé, éreinté par l’artiste, et d’une telle force gravitationnelle. La grâce ne l’a pas déserté, elle est là où on ne l’attend pas. Il en va de leur véracité à tous, de leur réalité plus que de leur identité ; il en va de capter le réel, au delà de ce que l’on voit. Il y a tous ces regards, usés, renversés, plissés, détournés, curieux, fixes ou étonnés, grands ouverts ou sans psyché. Sans doute sont-ce là autant de regards au monde, bien plus que fenêtres ouvertes sur l’âme. Comme le regard du peintre. Et la peinture de Joëlle Delhovren pourrait bien être celle du vertige.
Jean-Michel Botquin
Liège, novembre 2010.
Je me souviens de ses cochons, de ceux découverts à l’atelier. D’autres aussi, peints précédemment, ces trois cochons figés en plein burlesque steeple-chase, sautant par-dessus le bord de l’auge dans lequel un gamin se baigne, ces deux autres porcs, groin en alerte, à l’heure de la récréation enfantine. Cochon qui s’en dédit, les artistes, de Félicien Rops à Wim Delvoye ou Thierry Zéno pour ne pas remonter jusqu’à Jérôme Bosch, ont souvent cultivé avec une certaine délectation le goût du porc. Celui-ci véhicule de multiples symboles, de la goinfrerie à la luxure, de l’obscénité à l’extrême sensualité, assimilé à la perversité, à la saleté, pataugeant, l’impur, dans la gadouille et la fange. Ces trois-ci sont hilares et baveux ; plus encore que leurs prédécesseurs, accoudés au balcon sous un ciel de décor de théâtre, ils incarnent ce que l’humain a d’abject, de vil et méprisable, ils évoquent l’infamie si souvent représentée dans le bestiaire porcin de l’image satirique au dix-neuvième siècle, politique, guerrière, sociétale, anticléricale. Le cochon est capable de bouffer sa propre progéniture, rappelle déjà Buffon. Et le gamin plongé dans l'abreuvoir, que surplombent ces trois pourceaux hilares et anthropomorphes a, lui, le visage simiesque, le sourire convulsivement figé dans toute sa vulnérabilité. De face, sous sa fontaine de cheveux, il se ferme comme pour résister à l’aveuglement du flash qui lui dévore le visage. De l’inconvénient d’être né. « A mesure qu’elle s’éloigne de l’aube et quelle avance dans la journée, écrit Emil Cioran, la lumière se prostitue, et ne se rachète — éthique du crépuscule — qu’au moment de disparaître ». Ici, la lumière a la blancheur glauque, terne, crue et souillée d’un abreuvoir. Elle me rappelle de loin en loin celle des « deux lutteurs japonais près d’un évier », ce lavabo de Lucian Freud, peint entre 1983 et 1987. Mais dans le tableau de Joelle Delhovren, l’eau cristalline ne coule pas. C’est une toile « d’un monde sans gravité », dit-elle. Ou plutôt d’une impossible quelconque légèreté. Ce tableau est un singulier théâtre de toute comédie — ou tragédie humaine, où le peintre maîtrise parfaitement l’écart entre le réel et la chose représentée, avec des degrés de véracité différents et mesurés, rendant notre perception du tableau plus dynamique encore.
Comment dès lors appréhender d’autres toiles ? Ce triptyque, par exemple, qui nous montre un garçonnet gonflant à toutes joues un ballonnet. Un ballon, certes, c’est le titre, un, deux ballons et même trois puisqu’en triptyque et plans serrés. Et le gamin s’époumone, il s’agrippe au ballon, serré entre ses mains. Un ballon, un sein maternel, une vessie de porc, la baudruche de toutes les illusions. Ou cette toile d’une fillette au bain, « Toys » : la gamine est sans âge, elle est figure et pure présence immobilisée, mais traversée par le temps ; présumée innocente, elle barbotte avec son requin préféré. Le canard jaune tatouant la toile, à ses côtés, ce sera pour maman. Ces « Miam », aussi et ces goûters, tous « sans titre », donc sans qualité. Tu manges comme un cochon, goinfre ; gosses grotesques, si peu angéliques, les yeux plus grand que le ventre. C’est là, degrés de voracité. La suite des « Miam » me semble quasi cinématographique, plans resserrés sur un visage de femme, des yeux, un nez, une bouche ensanglantée de confiture de fruits rouges. Regard renversé de l’extase, langue viandeuse, presque obscène, c’est le festin nu de la chair vive, l’amplitude de la sensation, cette sensation d’être et de l’être. « Quand elle est ainsi rapportée au corps, écrit Gilles Deleuze à propos de l’œuvre de Francis Bacon, la sensation cesse d’être représentative, elle devient réelle ; et la cruauté sera de moins en moins liée à la représentation de quelque chose d’horrible, elle sera seulement l’action des forces sur le corps, ou la sensation, le contraire du sensationnel » . Je me dis qu’on ne peut négliger cette remarque que Francis Bacon fait quant à la zone d’indiscernabilité entre l’homme et l’animal : « Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l’animal ». Et c’est Lucian Freud qui, dès 1954 alors qu’il exposait avec Francis Bacon à Venise, déclara que le but de la peinture est «d’ouvrir par la sensation à une intensification de la réalité » . Tous ces « Miam » sont pour le moins intenses et finalement si peu sensationnels. Cette toile panoramique, enfin, ces jeunes filles promenant au bois, « tant que le loup… », précise le titre du tableau, le loup ou le cochon peut-être. Les frondaisons, presqu’abstraites, comme aquarellées — il faut que j’évoque la touche picturale —, invitent à la promenade, elles s’ouvrent aussi comme un abîme sur le ciel d’où surgit le visage des jeunes filles, de la jeune fille plutôt, car il s’agit de deux fois la même, bâfreuse rousse, goulue, gloutonne, provocant le regardeur de sa goinfrerie, extasiée de ses souillures. Pourquoi donc ai-je « Les Idiots » de Lars Von Triers en tête et leurs comportements de retardés mentaux, libérés de toute inhibition ? La figure s’interpose ici entre notre regard et l’Abîme. Non, il n’est pas question d’une quelconque interprétation psychologique ; il s’agit ici, captant le réel de sonder sans cesse l’animalité de la figure humaine. De toile en toile défile comme une chronique de l’humanité en prise avec son inhumanité. Et l’identité humaine se situe dans le corps, non pas dans l’abstraction de l’âme. « Corps suis tout entier, écrit Friedrich Nietzsche, et rien d'autre, et âme n’est qu’un mot pour désigner quelque chose dans le corps. Le corps est une grande raison, une pluralité à sens unique... »
Peindre, dépeindre. Les tableaux le sont souvent dans les tons bruns, blancs, gris. La toile est écrue, j’ai failli écrire crue, juste encollée à la caséine ou à la peau de lapin. La touche accroche, la toile résiste. Joëlle Delhovren épuise la figure d’une touche économe. « Moins il y en a, mieux c’est, dit-elle ». Même la vacuité délibérée de certaines zones de la toile est habitée d’humanité. Une humanité, oui, toute l’humanité même. Singulier rapport que l’artiste entretient avec son modèle, cette intimité qu’elle instaure avec le sujet qu’elle scrute, même lorsque celui-ci n’est que photographié, afin d’en figer le souvenir avant de peindre. C’est bien l’identité humaine que sonde sans cesse le peintre. Certes, il y a Rosalie, Arié, comme il y a eu Isa, Phil, Anna, Philip ; mais ceux qui ne sont pas nommés n’en sont pas moins proches. Ou lointains. Ou présents. Ils sont corps habités par le peintre, tel cet homme âgé qui campe à l’entrée de l’atelier. « Sans gravité » lui aussi, et pourtant, corps épuisé, éreinté par l’artiste, et d’une telle force gravitationnelle. La grâce ne l’a pas déserté, elle est là où on ne l’attend pas. Il en va de leur véracité à tous, de leur réalité plus que de leur identité ; il en va de capter le réel, au delà de ce que l’on voit. Il y a tous ces regards, usés, renversés, plissés, détournés, curieux, fixes ou étonnés, grands ouverts ou sans psyché. Sans doute sont-ce là autant de regards au monde, bien plus que fenêtres ouvertes sur l’âme. Comme le regard du peintre. Et la peinture de Joëlle Delhovren pourrait bien être celle du vertige.
Jean-Michel Botquin
Liège, novembre 2010.
mercredi 10 novembre 2010
Bréviaire d'un quotidien au Val Duchesse, le 9 novembre 2010
lundi 8 novembre 2010
Dix haïkus de Cécile Vanderstraeten en Neerlandais 2009
Zee
Zee-dageraad-
ijs van koude morgen
vertes-toekomst van vroeger.
-
Wit stof van 's morgens
over een zee van inkt-
mijn liefde is een meeuw.
-
Stilte van ros strand
je springt over de plassen
van donkerblauw licht.
-
De zee dampt in de zon
onder de leistenen hemel-
je hand valt.
-
Onzekere boot-
onze stilte scherpt zich
op de zon van schipbreuk.
-
Schip-mast-zeil
mijn hart wappert
tegen een hemel van zee, zout en zon.
-
Witte vissen 's ochtens-
mijn ziel is een open schelp
van stil glazuur.
-
De zee klauwt op het strand
waar schelpen sterven-
verwelkt en vermalen.
-
De zee zout en zwart
slijpt haar stilte
op het scherpe wiel van de zon.
-
Ster van de wind-
golf van de hemel
de zee schittert in blanke bloei.
-
Cécile Vanderstraeten
Zee-dageraad-
ijs van koude morgen
vertes-toekomst van vroeger.
-
Wit stof van 's morgens
over een zee van inkt-
mijn liefde is een meeuw.
-
Stilte van ros strand
je springt over de plassen
van donkerblauw licht.
-
De zee dampt in de zon
onder de leistenen hemel-
je hand valt.
-
Onzekere boot-
onze stilte scherpt zich
op de zon van schipbreuk.
-
Schip-mast-zeil
mijn hart wappert
tegen een hemel van zee, zout en zon.
-
Witte vissen 's ochtens-
mijn ziel is een open schelp
van stil glazuur.
-
De zee klauwt op het strand
waar schelpen sterven-
verwelkt en vermalen.
-
De zee zout en zwart
slijpt haar stilte
op het scherpe wiel van de zon.
-
Ster van de wind-
golf van de hemel
de zee schittert in blanke bloei.
-
Cécile Vanderstraeten
lundi 25 octobre 2010
Une nouvelle lecture de Boris et Boris par Roseline Gilles, responsable de la S.P.A.F pour le BENELUX
Boris et Boris
Première période
Dessin de JoelleDelhovren

Première période
Dessin de JoelleDelhovren

Voici le texte de la présentation de Boris et Boris à la Grange aux Potiers prononcé par Roseline Gilles
Boris Remue,fils d'un libraire, grand, beau, viril bien que adolescent, dont le succès auprès des filles est évident et Boris Lenoir, fils d'un riche entrepreneur en pompes funèbres (coïncidence entre le nom choisi et la profession ? Mais là n'est pas le sujet), Boris Lenoir est frêle, blond, délicat, à l'image d'un chérubin, incorrigible rêveur, amoureux transi, vivant dans l'irréalité du monde et de son époque. Deux personnalités totalement différentes.
Nous sommes en pleine guerre 40-45, ils ont 12 ans (au début du roman) et nos deux homonymes ( par le prénom) se trouvent sur le même banc d'école, au collège Saint Martin.
La première rencontre sera un peu rude et même violente, mais s'étiolera très vite pour faire place à une amitié forte, presque indéfectible, mais assez ambiguë également...Là je vous mets doucement sur le chemin d'un dénouement assez surprenant.
Il faut se dire que les collèges catholiques de l'époque sont encore gérés par des religieux, des prêtres, tant au niveau de la direction que des enseignants jeunes, non mariés (on pourrait ouvrir un débat sur le célibat des prêtres à une autre occasion). Ces faits décrits ou suggérés avec infiniment de délicatesse par l'auteur nous placent exactement dans une époque qui n'a plus lieu d'exister, mais qui hélas connaît toujours une implication à notre époque de "révélations" sur les relations ambiguës entre les enseignants et leurs jeunes élèves. Le roman décrit bien l'ambiance particulière qui régnait dans les collèges de l'enseignement libre catholique. Cependant, il n'est pas une critique de l'enseignement libre, je pense au contraire qu'il règne tout au long de celui-ci une certaine nostalgie de l'époque. Ce roman tout en finesse laisse place à la poésie. L'on y parle d'amitié forte, d'amour absolu, parfois jusqu'au sacrifice de soi et de ses désirs comme le peut un adolescent rêveur et sensible, d'un amour qui prendra une saveur toute particulière à l'âge adulte.
Ce qui m'a interpellée est cette profusion de références aux grands auteurs qui firent partie de notre adolescence et que beaucoup d'entre nous ont dû lire pour le cours de littérature (ou de français) et qui sont restés dans un coin de notre mémoire; or la mémoire est oublieuse. Ils ressurgissent donc avec bonheur dans ce roman.. C'est presque une anthologie de références aux meilleurs textes d'auteurs connus: Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Green, Valéry et bien d'autres. C'est non seulement agréable à lire mais très intéressant !
Je pourrais vous parler encore et encore de ce roman dont je me suis attachée à faire la synthèse et j'avais écrit d'autres choses, mais le temps nous manquerait et je préfère vous laisser le plaisir de la découverte.
(Lecture par Jean Botquin du texte de Gustave Thibon, philosophe français, p. 117 et 118 du roman et que Roseline Gilles a intitulé "l'amour transcendé")
Ce texte est à l'image même de Boris Lenoir et de son amour pour Hélène sa jolie cousine, douce et frêle comme lui; dont la soeur Julie, plus extravertie, plus délurée deviendra la petite amie de Boris Remue. Un quatuor qui ne manque pas de pimenter le roman.
Y avait-il plus que de l'amitié profonde entre ces êtres ? De l'amour entre garçons et filles ou...entre garçons et garçons, même s'il n'est pas vraiment avoué ?
Et Roseline Gilles poursuit:
C'est vous qui le découvrirez car la chute est vraiment surprenante ! Ne fallait-il pas s'y attendre ?
dimanche 17 octobre 2010
Un cimetière en plein ciel. Les haïkus des tombes de Roquebrune.
La tombe du dernier
berger de Roquebrune
( ci-dessous)
Du ciel de Roquebrune
Vers l'eau désormais
2
Barques bleues lointaines
Chargées du poids des âmes
Toujours en errance
3
Auditoire des vents
Où professe l'ange silencieux
Du repos des morts
Du repos des morts
4
Maints pins parasols
Couvrent les caveaux brillants
Au soleil d'azur
5
Vigie des regards
Éteints dans la nécropole
De la vie défunte
6
Les pieds orientés
Vers l'ouest dans leurs cercueils noirs
Incrustés d'argent
7
L'escargot rampait
Sur la tombe du repos
Des le Corbusier
8
Sarcophages blancs
Allongés côte à côte
Dans l'ocre des roches
vendredi 15 octobre 2010
Quelques dates à retenir.

-19 octobre à 20 heures, à la bibliothèque de Braine-le Comte, présentation de Willy Grimmonprez et interview par Jean Botquin;
-dimanche 14 novembre à la Halle aux Draps de Tournai, salon littéraire "Tournai la Page": j'y serai et, à cette occasion, je ferai des prix de Salon. Venez découvrir mon Bréviaire d'un quotidien;
-le vendredi 19 novembre à 19 heures, à la bibliothèque de Strépy le Roeulx, la poésie et les haïkus de Jean Botquin;
-le vendredi 22 octobre à 18 heures 45, présentation de Boris et Boris au cercle "Plume et pinceau" à La grange aux potiers de Bouffioulx.
samedi 9 octobre 2010
Les fruits du jardin au mois d'octobre
1
Le panier d'osier
Accueille les noix qui tombent
Dans la rosée blanche
2
Les potimarrons
Gros et petits en famille
Comme des parachutistes
Pendus dans l'arbre
Avant-hier sous le pommier
Toujours vêtu d'été
La brouette attendant
Le jardinier qui lui a
Faussé compagnie
6
Noix dans son berceau
Noix dans son berceau
Délivrance qui éclate
Comme un ventre qui s'ouvre
La pomme brille au firmament vert
Je ne la cueille pas
dimanche 26 septembre 2010
Bréviaire d'un quotidien. Mon quatorzième ouvrage est sorti de presse.
140 pages de poésie éditées par les Éditions du Cygne à Paris.
A commander en ligne chez l'éditeur sur le site http://www.editionsducygne.com/
ou par courriel à l'adresse de botquin.jean@gmail.com
Au prix de 15 € frais de port non compris ( +2,50€ pour la Belgique; +4€ pour les autres pays d'Europe).
Le bréviaire du quotidien (haïkus) est suivi de deux textes plus long "Les mots ne battent plus des cils" 17 pages
et
"Un hublot à chaque oreille" 21 pages.
Un recueil qui oppose la densité de tercets de 17 syllabes au lyrisme d'une poésie intense aux images baroques.
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