mercredi 9 mars 2011
dimanche 6 mars 2011
Dix Haïkus pour Marcel Peltier
L'immortelle ment
En dégageant son odeur
De curry indien
+
Les nuages filent
Un mauvais coton sale
Qui sent l'orage
+
L'oiseau a eu vent
D'une tempête noire
Avant son envol
+
La baie fait mine
Grise sous une bruine
Ensorceleuse
+
Quand la pluie tombe
Le temps refait ses comptes
Et l'herbe verdit
+
Les volets fermés
L'univers peut s'agrandir
Indéfiniment
+
Les volets ouverts
Le monde se dissipe
Dans la lumière
+
Deux chaises niaises
Où personne ne s'assied
De peur du vide
+
Une ceinture
De haïkus discipline
L'esprit obèse
+
Le salon des mots
S'endort dans un ronflement
De dictionnaire
Jean Botquin
Extraits de Bréviaire d'un quotidien.
En dégageant son odeur
De curry indien
+
Les nuages filent
Un mauvais coton sale
Qui sent l'orage
+
L'oiseau a eu vent
D'une tempête noire
Avant son envol
+
La baie fait mine
Grise sous une bruine
Ensorceleuse
+
Quand la pluie tombe
Le temps refait ses comptes
Et l'herbe verdit
+
Les volets fermés
L'univers peut s'agrandir
Indéfiniment
+
Les volets ouverts
Le monde se dissipe
Dans la lumière
+
Deux chaises niaises
Où personne ne s'assied
De peur du vide
+
Une ceinture
De haïkus discipline
L'esprit obèse
+
Le salon des mots
S'endort dans un ronflement
De dictionnaire
Jean Botquin
Extraits de Bréviaire d'un quotidien.
Libellés :
Au fil des jours,
Inédits et autres édités
samedi 5 mars 2011
Le Bréviaire d'un Quotidien à l'Association Royale des Ecrivains Wallons
Entre deux personnalités imposantes, Michel Joiret et Joseph Bodson, un petit fabriquant de haïkus, dont on dit du bien. On aurait du l'asseoir sur un coussin, pour encore faire meilleure impression, du moins de la taille.
Quelques moments d'orgueil flatté, de réconfort à l'égard des efforts passés, de réconciliation avec soi-même. "Mes haïkus seraient-ils vraiment ce qu'ils en disent ?"
Serais-je vraiment doué pour ce genre d'exercice ?
En tout cas, croyez-le ou ne le croyez pas, j'aime en écrire.
dimanche 27 février 2011
Nouvelle présentation de "Bréviaire du quotidien", le 2 mars 2011, à Bruxelles

Venez écouter Michel Joiret qui me poussera dans mes derniers retranchements au sujet de ma récente publication "Bréviaire d'un quotidien".
Espace Wallonie-Bruxelles, 25, rue Marché- aux- Herbes.
Le mercredi 2 mars dès 17 heures.
Entrée libre et gratuite.
La présentation sera suivie d'une séance de dédicaces et du verre de l'amitié.
"Bréviaire d'un quotidien" Editions du Cygne, Paris.
140 pages- 15 €
dimanche 20 février 2011
Invitation de la Sabam au mercredi spécial du livre de la Foire du Livre de Bruxelles, 18 février 2011
Photos:
1.Pascal hoyois lit quelques haïkus.
2.Benoït Coppée me pousse dans mes retranchements

3.Marc Hermant, Administrateur Délégué de la Sabam raconte son roman "Entre les mailles du filet"...
Mon interview:
2.Benoït Coppée me pousse dans mes retranchements
3.Marc Hermant, Administrateur Délégué de la Sabam raconte son roman "Entre les mailles du filet"...
Mon interview:
Qui suis-je ?
Je suis né, bien avant la deuxième guerre mondiale, dans une famille bourgeoise francophone de Flandre Occidentale où l’on parlait plus de chiffres que de lettres. Après des humanités gréco-latines en flamand, j’ai fait des études de Droit, en français, ma langue maternelle. Mon père, un self-made man, était directeur de banque. Mon enfance, la guerre, la personnalité forte de mon père m’ont marqué profondément. Je n’étais pas très doué pour les chiffres ; suffisamment, cependant, que pour devenir cadre de banque, à mon tour. Á l’époque, le métier de banquier était un métier noble et proche des gens.
On pourrait donc dire que je suis né dans une banque. J’y ai vécu, J’y ait travaillé. Elle m’a inspiré certains de mes livres. Elle m’a aussi permis de fonder une famille. Aujourd’hui je suis quatre fois grand-père. Et je me suis remarié avec une … banquière qui me pousse aux voyages, source permanente d’écriture.
Comment suis-je arrivé sur le chemin de l’écriture ?
Tous les chemins mènent à Rome. L’écriture est une ville éternelle. Quand j’étais jeune, je lisais beaucoup. J’avais de bons professeurs de littérature. J’avais d’excellentes notes en rédaction et en dissertation , tant néerlandaises que françaises. Je remplissais des carnets, je tenais un journal intime. Á l’ adolescence, l’amour ou ce que je croyais en être, me dictait des poèmes. Au cours de fiançailles interminables, j’ai abreuvé la future mère de mes deux enfants, de centaines de lettres. Je ne pense pas que mon goût pour l’écriture était inné. L’est-il jamais ? Écrire est un métier, un travail constant, rarement compatible avec une profession absorbante. J’ai vécu dans un milieu familial et professionnel où l’écriture faisait sourire. On ne naît pas auteur, on le devient progressivement, mais seulement après l’audace d’une publication. Ce pas, je ne le franchirais que beaucoup plus tard.
Quel est mon parcours d’auteur ?
Mon premier livre, un roman, « L’arbre des exécuteurs » (1996) a mûri pendant de nombreuses années et a connu plusieurs versions. Deux ans après sa parution, il obtenait un prix à Mâcon (France). Inspirée par mon milieu professionnel, c’est l’histoire d’un petit cadre d’une entreprise financière, poursuivi par son passé et ses obsessions.
Après, la machine ne s’est plus arrêtée ; je n’avais qu’à vider mes cartons remplis d’ébauches et de projets. Un second ouvrage en prose parut moins d’un an plus tard, cette fois sans difficultés : « La transhumance des banquiers ». Puis suivirent, en alternance, des recueils de poésie ou de prose poétique, deux autres romans et un recueil de 19 nouvelles.
Ma production littéraire (14 ouvrages) est aujourd’hui relativement diversifiée.Elle se caractérise par un besoin de raconter des histoires; chez moi, même la poésie adopte parfois le rythme d’un récit. Á cet égard « Le Front Haut » ( prix des joutes poétiques de Bourgogne) est représentatif. D’autres prix ont récompensé d’autres recueils de poèmes et certaines nouvelles.
Comment présenter mon livre ?
En 2009, j’ai abordé une poésie totalement nouvelle pour moi, inspirée des techniques des haïkus japonais. Deux livres parurent, quasi coup sur coup : « La chambre Noire du calligraphe » et « Bréviaire d’un quotidien ». Ces deux recueils sont , à la fois, le fruit d’une évolution et une espèce d’aboutissement. Dans la création poétique, je privilégiais la poésie libre à la poésie classique, les textes longs aux textes courts. Or, le haïku (tercet de 5,7,5 syllabes mais sans rimes) impose une rigueur qui force le poète à exaspérer l’expression poétique pour la rendre plus fine et plus pure. C’est, en quelque sorte, une ascèse de la pensée et de la métaphore. Les deux recueils, ensemble, totalisent plus de 500 haïkus qui peuvent être lus dans tous les sens, de gauche à droite, en diagonale, de haut en bas, de bas en haut. Le deuxième recueil comprend, en plus, deux longs textes de poésie libre, fort différente des haïkus.
Le véritable haïku japonais ressemble au sourire de certaines fleurs, il conte les heures et le temps qui passe, il décrit ce qui nous entoure mais avec un reflet intérieur. Quelqu’un m’a dit que mes haïkus restent néanmoins de nature occidentale Tant mieux, il faut rester soi-même.
Le haïku ne serait-il pas la dernière aventure d’un instant d’éternité ?
Quelle est sa genèse ?
Je dois à Piet Lincken, poète, compositeur, musicien, dramaturge, la découverte de cette métrique orientale.
Fin 2008, il avait crée un atelier d’écriture de haïkus au sein du Grenier Jane Tony, à Bruxelles, En 2009. les travaux de cet atelier furent présentés au cours d’une soirée organisée à l’Ambassade du Japon, à laquelle je me suis rendu, les mains vides, n’ayant pas participé aux séances de travail. Je me suis mis à la tâche, après.
C’est ainsi que j’ai découvert l’effet, inattendu pour moi, de la mise en scène de métaphores dont la signification, parfois, s’écarte d’une pensée originelle qui en cache une autre, plus profonde, et que le travail métrique révèle.
Le haïku ?
Un jeu de mots qui flirte avec l’arithmétique ?.
Et que pense-t-on de mes haïkus ?
Emile Kesteman :…Le mot est présenté dans son expressivité provisoire et découvre sa finalité dans sa floraison.
Ariane François –Demeester : qui peut s’enfermer dans sa chambre noire pour donner naissance à ces jeux de l’esprit, à ces …petits poèmes dont la clarté et la concision sont remarquables ?
Michel Joiret : En privilégiant « le peu », le poète trouve, presque naturellement, les pièces d’une attitude philosophique cohérente. Jamais anecdotique et cependant légère, l’écriture glisse le long des points topiques de la pensée et retombe pour amorcer une nouvelle séquence….
Mais la clef de la réussite …tient surtout à une perception, presque miraculeuse, de l’instant, à ce moment tout à la fois léger et précis qui isole l’instant du monde.
Quentin Louis : Le haîkus de Botquin se montre volontiers aussi gourmand d’allitérations que de sens…
P. Van Melle : c’est de la pure poésie de notre temps et de nos pays. De quoi prendre de jour en jour ou de service en service une de ses pages…
M. Decobu : …le résultat est surprenant : Ses tercets sont subtils, mystérieux, parfois énigmatiques. …la plupart sont le résultat d’une réflexion profonde, d’une interrogation inquiète ou d’une observation ironique.
Joseph Bodson : Ses haïkus sont pleins d’une fine ironie, de moquerie envers soi-même et l’écriture lui apparaît comme une sorte d’appeau, de leurre .Il a ici trouvé un ton mi-figue mi-raisin, mi sérieux mi-amusé qui lui convient parfaitement…
Comment accueilles-tu le mercredi du livre ?
Á vrai dire une très belle opportunité offerte aux auteurs qui cherchent à se situer dans un monde littéraire mouvant, à se faire connaître, et qui, dans un cadre convivial, ont l’occasion de rencontrer d’autres auteurs, aussi solitaires qu’eux .
Je suis né, bien avant la deuxième guerre mondiale, dans une famille bourgeoise francophone de Flandre Occidentale où l’on parlait plus de chiffres que de lettres. Après des humanités gréco-latines en flamand, j’ai fait des études de Droit, en français, ma langue maternelle. Mon père, un self-made man, était directeur de banque. Mon enfance, la guerre, la personnalité forte de mon père m’ont marqué profondément. Je n’étais pas très doué pour les chiffres ; suffisamment, cependant, que pour devenir cadre de banque, à mon tour. Á l’époque, le métier de banquier était un métier noble et proche des gens.
On pourrait donc dire que je suis né dans une banque. J’y ai vécu, J’y ait travaillé. Elle m’a inspiré certains de mes livres. Elle m’a aussi permis de fonder une famille. Aujourd’hui je suis quatre fois grand-père. Et je me suis remarié avec une … banquière qui me pousse aux voyages, source permanente d’écriture.
Comment suis-je arrivé sur le chemin de l’écriture ?
Tous les chemins mènent à Rome. L’écriture est une ville éternelle. Quand j’étais jeune, je lisais beaucoup. J’avais de bons professeurs de littérature. J’avais d’excellentes notes en rédaction et en dissertation , tant néerlandaises que françaises. Je remplissais des carnets, je tenais un journal intime. Á l’ adolescence, l’amour ou ce que je croyais en être, me dictait des poèmes. Au cours de fiançailles interminables, j’ai abreuvé la future mère de mes deux enfants, de centaines de lettres. Je ne pense pas que mon goût pour l’écriture était inné. L’est-il jamais ? Écrire est un métier, un travail constant, rarement compatible avec une profession absorbante. J’ai vécu dans un milieu familial et professionnel où l’écriture faisait sourire. On ne naît pas auteur, on le devient progressivement, mais seulement après l’audace d’une publication. Ce pas, je ne le franchirais que beaucoup plus tard.
Quel est mon parcours d’auteur ?
Mon premier livre, un roman, « L’arbre des exécuteurs » (1996) a mûri pendant de nombreuses années et a connu plusieurs versions. Deux ans après sa parution, il obtenait un prix à Mâcon (France). Inspirée par mon milieu professionnel, c’est l’histoire d’un petit cadre d’une entreprise financière, poursuivi par son passé et ses obsessions.
Après, la machine ne s’est plus arrêtée ; je n’avais qu’à vider mes cartons remplis d’ébauches et de projets. Un second ouvrage en prose parut moins d’un an plus tard, cette fois sans difficultés : « La transhumance des banquiers ». Puis suivirent, en alternance, des recueils de poésie ou de prose poétique, deux autres romans et un recueil de 19 nouvelles.
Ma production littéraire (14 ouvrages) est aujourd’hui relativement diversifiée.Elle se caractérise par un besoin de raconter des histoires; chez moi, même la poésie adopte parfois le rythme d’un récit. Á cet égard « Le Front Haut » ( prix des joutes poétiques de Bourgogne) est représentatif. D’autres prix ont récompensé d’autres recueils de poèmes et certaines nouvelles.
Comment présenter mon livre ?
En 2009, j’ai abordé une poésie totalement nouvelle pour moi, inspirée des techniques des haïkus japonais. Deux livres parurent, quasi coup sur coup : « La chambre Noire du calligraphe » et « Bréviaire d’un quotidien ». Ces deux recueils sont , à la fois, le fruit d’une évolution et une espèce d’aboutissement. Dans la création poétique, je privilégiais la poésie libre à la poésie classique, les textes longs aux textes courts. Or, le haïku (tercet de 5,7,5 syllabes mais sans rimes) impose une rigueur qui force le poète à exaspérer l’expression poétique pour la rendre plus fine et plus pure. C’est, en quelque sorte, une ascèse de la pensée et de la métaphore. Les deux recueils, ensemble, totalisent plus de 500 haïkus qui peuvent être lus dans tous les sens, de gauche à droite, en diagonale, de haut en bas, de bas en haut. Le deuxième recueil comprend, en plus, deux longs textes de poésie libre, fort différente des haïkus.
Le véritable haïku japonais ressemble au sourire de certaines fleurs, il conte les heures et le temps qui passe, il décrit ce qui nous entoure mais avec un reflet intérieur. Quelqu’un m’a dit que mes haïkus restent néanmoins de nature occidentale Tant mieux, il faut rester soi-même.
Le haïku ne serait-il pas la dernière aventure d’un instant d’éternité ?
Quelle est sa genèse ?
Je dois à Piet Lincken, poète, compositeur, musicien, dramaturge, la découverte de cette métrique orientale.
Fin 2008, il avait crée un atelier d’écriture de haïkus au sein du Grenier Jane Tony, à Bruxelles, En 2009. les travaux de cet atelier furent présentés au cours d’une soirée organisée à l’Ambassade du Japon, à laquelle je me suis rendu, les mains vides, n’ayant pas participé aux séances de travail. Je me suis mis à la tâche, après.
C’est ainsi que j’ai découvert l’effet, inattendu pour moi, de la mise en scène de métaphores dont la signification, parfois, s’écarte d’une pensée originelle qui en cache une autre, plus profonde, et que le travail métrique révèle.
Le haïku ?
Un jeu de mots qui flirte avec l’arithmétique ?.
Et que pense-t-on de mes haïkus ?
Emile Kesteman :…Le mot est présenté dans son expressivité provisoire et découvre sa finalité dans sa floraison.
Ariane François –Demeester : qui peut s’enfermer dans sa chambre noire pour donner naissance à ces jeux de l’esprit, à ces …petits poèmes dont la clarté et la concision sont remarquables ?
Michel Joiret : En privilégiant « le peu », le poète trouve, presque naturellement, les pièces d’une attitude philosophique cohérente. Jamais anecdotique et cependant légère, l’écriture glisse le long des points topiques de la pensée et retombe pour amorcer une nouvelle séquence….
Mais la clef de la réussite …tient surtout à une perception, presque miraculeuse, de l’instant, à ce moment tout à la fois léger et précis qui isole l’instant du monde.
Quentin Louis : Le haîkus de Botquin se montre volontiers aussi gourmand d’allitérations que de sens…
P. Van Melle : c’est de la pure poésie de notre temps et de nos pays. De quoi prendre de jour en jour ou de service en service une de ses pages…
M. Decobu : …le résultat est surprenant : Ses tercets sont subtils, mystérieux, parfois énigmatiques. …la plupart sont le résultat d’une réflexion profonde, d’une interrogation inquiète ou d’une observation ironique.
Joseph Bodson : Ses haïkus sont pleins d’une fine ironie, de moquerie envers soi-même et l’écriture lui apparaît comme une sorte d’appeau, de leurre .Il a ici trouvé un ton mi-figue mi-raisin, mi sérieux mi-amusé qui lui convient parfaitement…
Comment accueilles-tu le mercredi du livre ?
Á vrai dire une très belle opportunité offerte aux auteurs qui cherchent à se situer dans un monde littéraire mouvant, à se faire connaître, et qui, dans un cadre convivial, ont l’occasion de rencontrer d’autres auteurs, aussi solitaires qu’eux .
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mardi 15 février 2011
Foire du Livre à Bruxelles - Tour et taxis
On en parlera aujourd'hui sur A.C.T.V. (Télévision régionale de La Louvière et environs) avec quelques auteurs de la région, dans Info Magazine, à 18heures 30.Toutes les émissions sont reprises sur internet. Pas moyen de les rater.Oui, pour nous, cette foire du Livre est importante. Elle nous aide à sortir de notre anonymat, pendant quelques heures. Tous les éditeurs n'y sont pas présents, les places sont chères.
Mais grâce à la Sabam (Société des droits d'auteur) j'y serai. Les Éditions du Cygne ( Paris) ne peuvent y être.
J'irai donc seul défendre mes livres, avec la Sabam, jeudi et vendredi. Jeudi, à 15 heures Stand 103, et vendredi à 18 heures pour un groupe de membres privilégiés de la Sabam . au cours d'une présentation de Marc Hermant et Jean Botquin par Benoît Coppée. Il faut donc y être invité, le nombre de places étant limité.
La Sabam me fait beaucoup d'honneur et je la remercie sincèrement.
mercredi 9 février 2011
dimanche 30 janvier 2011
Encore à propos de "Bréviaire d'un quotidien", dans NOS LETTRES de l'A.E.B et REFLETS WALLONIE-BRUXELLES N°26, par Joseph Bodson, extraits.

...Ses haïkus sont pleins d'une fine ironie, de moquerie envers soi-même et l'écriture qui apparaît comme une sorte d'appeau, de leurre. Il a ici trouvé un ton, mi- figue mi- raisin, mi sérieux mi amusé, qui lui convient parfaitement. Il exerce même cette moquerie vis-à-vis de la mort, p.17, ce qui suppose une certaine dose de stoïcisme. Il sent très finement la corrélation entre une scène de nature, un sous-bois de jacinthe au printemps, dont la masse bleue semble se mouvoir, comme incertaine, et la notion d'avancée sans fin qui s'y rattache.
Ses haïkus de la cité, ou d'une chambre d'hôtel, nous donnent des scènes plus vives et plus nombreuses, aux contrastes plus accentués. Ici, les objets deviennent signes de désir.
Dans les haïkus du jardin botanique, chaque tercet est le portrait bref et humoristique d'un arbre, surpris au débotté presque, dans son intimité.
....
dimanche 23 janvier 2011
La confiance commence par le pied.

Photo de Guy Baltus
Tous droits rédervés
Ils faisaient du pied
Et de la main pour affirmer
Amour et tendresse
Haïku de Jean Botquin
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mercredi 19 janvier 2011
jeudi 13 janvier 2011
Coeurs Absents de Mohamed El Jerroudi. Ma préface.

« Écrire un poème/ c’est rendre les choses obscures /pour qu’elles donnent de la lumière ». Mohamed El Jerroudi ne pouvait mieux exprimer le mystère de la création poétique. Cette définition, il la doit sans doute aussi à sa passion pour la peinture, car ce poète marocain est également critique d'art. Son écriture ne fonctionne-t-elle pas comme des pinceaux brossant des surfaces de nuit avec une matière dense, composée de mots simples et lumineux qui sculptent le ciel et dévoilent les étoiles ?
Nous nous sommes rencontrés fin 2007 sur internet. Dès le début, j’ai été conquis par la richesse intérieure de ses textes, l’humanisme de sa vision, le ton prophétique de ses incantations. Je les ai lus à haute voix. J’ai perçu immédiatement le caractère oral de cette poésie faite pour être proclamée du haut de montagnes ancestrales. Une poésie que l’on écoute, ce en quoi elle est orientale, avant de la lire tout bas. Orientale, elle l’est également à travers ses métaphores et son nomadisme.
El Jerroudi qui est méditerranéen sait, cependant, qu’au-delà des détroits (Gibraltar et Bosphore), il y a d’autres rivages qui suscitent rêve et espoir. On n’est pas professeur de français pendant près de quarante ans sans se pénétrer d’autres cultures qui pèsent de tout leur poids. Il affirme dans un de ses poèmes:”Je veux restituer chaque page/ au livre écrit/ dans toutes les langues/ de la terre”. El Jerroudi est un poète universel, au-dessus des nationalismes étroits, qui ne connaît pas les frontières et croit essentiellement aux valeurs véritables de l’homme d’où qu’il soit.
Que faut-il pour atteindre la hauteur des astres ? Mohamed nous l’apprend à chaque page de son livre. D’abord faire des choses simples, creuser la terre, planter un palmier, un olivier, un figuier. Cultiver l’amour filial, celui du père qui avant de partir a offert le reflet de son visage, celui de la mère dont la souffrance colle encore à la peau comme l’unique parfum de ses cheveux. Ne pas oublier les ancêtres dont le sang coule dans nos veines . Se souvenir de l’enfant que l’on a été et sans qui on ne serait capable de lire la couleur du matin.
Pétri de cet amour filial, ancré à ses racines ancestrales, Mohamed El Jerroudi exprime le temps qui passe, l’écoulement de la vie, la traversée du désert et l’angoisse qui l’accompagne. Les couleurs le hantent, il ne peut s’en passer, il leur attribue un pouvoir illimité. Quelle est donc la couleur de la vision intérieure ? « J’écrirai des poèmes,dit-il, je leur parlerai d’un ciel, dont la couleur n’existe que dans les yeux des aveugles ». Cette couleur-là personne ne la verra jamais.
Être poète, c’est tendre l’oreille pour écouter la solitude, c’est prendre le risque d’être abandonné par Dieu et par les hommes, c’est sauver la parole de ceux qui ont osé écrire les mots à l’envers, c’est à dire la parole de ceux qui sont entrés dans la révolte et ont refusé les règles qui jugulent la liberté. C’est aussi raconter ce qu’on a vu, l’horreur et la cruauté d’un monde de souffrance. Être poète, c’est donc vivre pleinement sans oublier que « derrière chacun de nos pas, il y a l’ombre d’un corps en poussière ».
Dans les textes d’El Jerroudi, Dieu est à la fois présent et absent. Dieu est indéchiffrable, un livre fermé. Il est peu probable qu’Il soit celui que les religions invoquent. Mais Il est celui vers qui le voyageur (El Jerroudi) marche, à travers le sable et le désert « pour être plus léger que le poids du départ ».
L’encre de Mohamed El Jerroudi est brûlante, elle dessine les mots, fait danser l’âme, raconte comment « le temps nous dévore et nous déshabille devant la mort », mais aussi, avant l’inéluctable, célèbre la vie et la beauté.
Livre de silence et de recueillement « Cœurs Absents » évoque dans un langage fluide comme un sang vivant, une spiritualité berbère étrange, émouvante, proche de la terre et du ciel.
Jean Botquin
Coeurs Absents. 10€ (à paraître)
Editions du Cygne, Paris
http://www.editionsducygne.com/
Nous nous sommes rencontrés fin 2007 sur internet. Dès le début, j’ai été conquis par la richesse intérieure de ses textes, l’humanisme de sa vision, le ton prophétique de ses incantations. Je les ai lus à haute voix. J’ai perçu immédiatement le caractère oral de cette poésie faite pour être proclamée du haut de montagnes ancestrales. Une poésie que l’on écoute, ce en quoi elle est orientale, avant de la lire tout bas. Orientale, elle l’est également à travers ses métaphores et son nomadisme.
El Jerroudi qui est méditerranéen sait, cependant, qu’au-delà des détroits (Gibraltar et Bosphore), il y a d’autres rivages qui suscitent rêve et espoir. On n’est pas professeur de français pendant près de quarante ans sans se pénétrer d’autres cultures qui pèsent de tout leur poids. Il affirme dans un de ses poèmes:”Je veux restituer chaque page/ au livre écrit/ dans toutes les langues/ de la terre”. El Jerroudi est un poète universel, au-dessus des nationalismes étroits, qui ne connaît pas les frontières et croit essentiellement aux valeurs véritables de l’homme d’où qu’il soit.
Que faut-il pour atteindre la hauteur des astres ? Mohamed nous l’apprend à chaque page de son livre. D’abord faire des choses simples, creuser la terre, planter un palmier, un olivier, un figuier. Cultiver l’amour filial, celui du père qui avant de partir a offert le reflet de son visage, celui de la mère dont la souffrance colle encore à la peau comme l’unique parfum de ses cheveux. Ne pas oublier les ancêtres dont le sang coule dans nos veines . Se souvenir de l’enfant que l’on a été et sans qui on ne serait capable de lire la couleur du matin.
Pétri de cet amour filial, ancré à ses racines ancestrales, Mohamed El Jerroudi exprime le temps qui passe, l’écoulement de la vie, la traversée du désert et l’angoisse qui l’accompagne. Les couleurs le hantent, il ne peut s’en passer, il leur attribue un pouvoir illimité. Quelle est donc la couleur de la vision intérieure ? « J’écrirai des poèmes,dit-il, je leur parlerai d’un ciel, dont la couleur n’existe que dans les yeux des aveugles ». Cette couleur-là personne ne la verra jamais.
Être poète, c’est tendre l’oreille pour écouter la solitude, c’est prendre le risque d’être abandonné par Dieu et par les hommes, c’est sauver la parole de ceux qui ont osé écrire les mots à l’envers, c’est à dire la parole de ceux qui sont entrés dans la révolte et ont refusé les règles qui jugulent la liberté. C’est aussi raconter ce qu’on a vu, l’horreur et la cruauté d’un monde de souffrance. Être poète, c’est donc vivre pleinement sans oublier que « derrière chacun de nos pas, il y a l’ombre d’un corps en poussière ».
Dans les textes d’El Jerroudi, Dieu est à la fois présent et absent. Dieu est indéchiffrable, un livre fermé. Il est peu probable qu’Il soit celui que les religions invoquent. Mais Il est celui vers qui le voyageur (El Jerroudi) marche, à travers le sable et le désert « pour être plus léger que le poids du départ ».
L’encre de Mohamed El Jerroudi est brûlante, elle dessine les mots, fait danser l’âme, raconte comment « le temps nous dévore et nous déshabille devant la mort », mais aussi, avant l’inéluctable, célèbre la vie et la beauté.
Livre de silence et de recueillement « Cœurs Absents » évoque dans un langage fluide comme un sang vivant, une spiritualité berbère étrange, émouvante, proche de la terre et du ciel.
Jean Botquin
Coeurs Absents. 10€ (à paraître)
Editions du Cygne, Paris
http://www.editionsducygne.com/
Libellés :
Ils l'ont dit,
Inédits et autres édités
vendredi 7 janvier 2011
Inédit n°248 Paul Van Melle parle de mes haïkus "Occidentaux"
J'ai jusqu'à présent bien aimé Jean Botquin, on l'aura remarqué dans mes échos des Inédits 125, 131, 165, 185, 187, 221 et 234.
J'apprécie autant sa fidélité que son talent et ce n'est pas son Bréviaire d'un quotidien qui me dément. Ces haïkus de la première partie, ne respectant que la métrique faussement japonaise de 5/7/5, mais pas du tout les sens ou le non/sens suggéré par les haïkistes nippons, même le révolutionnaire Shiki, m'enchantent. C'est de la pure poésie de notre temps et de nos pays. De quoi prendre de jour en jour ou de service en service une de ces pages, en bon curé à soutane. Quant ensuite l'auteur nous entraîne dans" un tumulte baroque de torrents poétiques", qu'il voit comme "une transe verbale propre au délire", je le contredirai plutôt en y voyant l'irruption d'une poésie fraîche, tendre et pleine de sensibilité et de sensualité, comme le révèle cette " Abeille/sur la portée d'un chant mystique/butinant de ses lèvres minces/ les étoiles de larmes blondes". Il y a là bien mieux qu'un délire. (Éditions du Cygne, 4 rue Vulpian. F. 75013 Paris)
J'apprécie autant sa fidélité que son talent et ce n'est pas son Bréviaire d'un quotidien qui me dément. Ces haïkus de la première partie, ne respectant que la métrique faussement japonaise de 5/7/5, mais pas du tout les sens ou le non/sens suggéré par les haïkistes nippons, même le révolutionnaire Shiki, m'enchantent. C'est de la pure poésie de notre temps et de nos pays. De quoi prendre de jour en jour ou de service en service une de ces pages, en bon curé à soutane. Quant ensuite l'auteur nous entraîne dans" un tumulte baroque de torrents poétiques", qu'il voit comme "une transe verbale propre au délire", je le contredirai plutôt en y voyant l'irruption d'une poésie fraîche, tendre et pleine de sensibilité et de sensualité, comme le révèle cette " Abeille/sur la portée d'un chant mystique/butinant de ses lèvres minces/ les étoiles de larmes blondes". Il y a là bien mieux qu'un délire. (Éditions du Cygne, 4 rue Vulpian. F. 75013 Paris)
dimanche 2 janvier 2011
Le Non-Dit n°90 janvier 2011 Jean Botquin et le haïku par Michel Joiret

"Les choses de la vie" en quelques mots...
On pourrait parler d'une séduction mutuelle, d'un tracé consensuel. Le haïku se trouve au clair sous la plume de Jean Botquin et le poète puise dans le genre un aliment de premier choix. Bréviaire d'un Quotidien fait suite au surprenant recueil La chambre noire du Calligraphe. Il rassemble des haïkus qui obéissent à la règle classique et contraignante des 17 syllabes. Mais la clef de la réussite échappe à la mécanique formelle. Elle tient surtout à une perception, presque miraculeuse, de l'instant, à ce mouvement tout à la fois léger et précis qui isole une image du reste du monde. Botquin s'illustre dans le genre et dans la netteté du propos. Des haïkus comme "Le salon des mots/S'endort dans un ronflement/ De dictionnaire". "Un bruit d'horloge/Réchauffe le temps qui fuit/ D'un pas régulier". Et si la pratique du haïku assurait la maîtrise du temps ? On peut se poser la question à propos d'un livre qui prend ses assises dans le souffle, la méditation et la lenteur. Le poète procède délicatement, par glissements d'images, par permutations sémantiques, par le choix délibéré de la légèreté: "La neige vole/ Dévoile ses flocons blancs/ Repos des couleurs". L'inspiration n'est pas de mise; la prise en compte de l'instant suffit. Et nous savons que pour l'observateur éveillé, toute séquence brève passe pour une figure d'éternité. Jean Botquin ne cesse de l'appeler, de l'interroger, d'en déplacer les pièces comme s'il s'agissait d'un puzzle improbable, un idéogramme, un mobile protéiforme: "Le temps s'arrête/ Là, au départ de l'hiver/ D'un songe amer".
Le lecteur tente de saisir le mot qui passe, de prendre en compte le paraphe d'un instant et de s'en remettre à l'impromptu du sens. Il se rend compte alors que la dérive chaloupée du haïku lui conte bien davantage que sa propre intelligence des mots.
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mercredi 8 décembre 2010
Une conception moderne de la poésie (suite et fin).Jean Botquin
Au départ, l’inspiration poétique naît souvent d’une image, d’une sensation, d’une émotion. Le choc survenu, le thème se développe ensuite presque de façon naturelle. La forme s’impose quasi immédiatement. Certains poètes modernes prétendent que l’inspiration poétique- la pensée- s’élabore à la suite d’une rencontre de mots dont la signification primaire –basique- est transcendée par la sensation ou l’émotion (la transe).
Pessoa a doté un de ses hétéronymes, Alvaro Campos notamment dans « L’ode maritime », d’une démarche poétique basée sur la sensation et son analyse, en octroyant aux mots choisis une charge métaphysique énorme. Dans le processus sensationniste d’Alvaro Campos, le poète va jusqu’à s’identifier à toutes les autres personnes et les objets, il fait sans cesse se reculer les frontières de l’imaginaire. Il va des mots aux idées et à la pensée (sans qu’il y ait eu nécessairement un déclic sensationnel ou émotionnel) ou des émotions vers le langage, ou les deux simultanément, peu importe. Il est d’ailleurs difficile de déterminer la succession des phases.
Pessoa part de l’analyse des sensations pour appeler le langage qu’il charge de signification. Quand on parle de sensations, il s’agit bien des cinq sens : la vue, le toucher, l’ouïe, le goût et l’odorat avec des transferts modaux d’un sens à l’autre, par exemple, la sensation de voir ou de percevoir à travers le sens de l’ouïe ou du toucher. Ensuite, il intellectualise les sensations, il les fait devenir abstraites (pour les rendre accessibles à chacun ?). Ce travail consiste à rendre littéraire la réceptivité des sens au moyen de la conscience. Véritable travail de laboratoire poétique étudié par José Gil dans « Fernando Pessoa ou la métaphysique des sensations ».
La sensation est un phénomène concret propre à celui qui l’ éprouve. Elle peut donner naissance à une émotion, au départ vide de sens et intransmissible à d’autres, si on ne lui fait pas subir une transformation intellectuelle qui la rend abstraite. Autrement dit, l’émotion personnelle doit se muer en émotion artistique par son intellectualisation. La prise de conscience de la sensation et de l’émotion qu’elle a provoquée conduit à donner une valeur esthétique aux mots et au langage. Prendre conscience de cette prise de conscience permet d’exprimer la ou les sensations.
En réalité, écrire un poème serait un moyen d’explorer et de rendre abstraites les sensations. Le fil de l’analyse des sensations correspondrait au thème poétique. Selon cette conception, le poème serait un métadiscours permanent. Le poète sent, se sent sentir,et l’exprime ; il voit, il se voit (il s’entend) voir et le dit.
C’est ainsi que l’art est la tentative de création d’une réalité totalement différente de notre réalité concrète. L’émotion pour gagner en relief doit être donnée comme une réalité abstraite.
Jean Botquin
jeudi 2 décembre 2010
Une conception moderne de la poésie. Jean Botquin
Blood and poetry de Jacques Charlier
Galerie Vilenne Liège
Une conception moderne de la poésie
La poésie a beaucoup évolué. On est loin de nos anthologies de poèmes classiques – de la versification et de la métrique – qu’on nous faisait lire et apprendre par cœur dans l’art immémorial de la déclamation. Certains cultivent encore ce mode d’expression. Il suffit de compulser des revues de poésie – surtout françaises – pour découvrir ( avec ennui ?)- des rimailleurs « primesautiers » qui excellent dans ce mode un peu provincial et prosaïque. Cette poésie n’a de poésie que le nom. Ce sont les rimes qui rythment la cadence en guise de musicalité. Loin de moi de vouloir prétendre que la versification ne peut s’accompagner d’idées originales, d’images réussies et que de ce type de poésie ne puisse se dégager un certain esthétisme. Il y a de magnifiques exemples.
Á l’autre extrême, depuis Verlaine, Mallarmé, Valéry, Rimbaud et Apolinaire, il y a une poésie libre – dans son expression - qui a rejeté toutes les formes anciennes et les règles formelles et qui attache plus d’importance au fond et à la magie des mots formulés par notre inconscient. Ce qui ne veut pas dire que cette poésie évolue en toute liberté. Elle est nécessairement tributaire de son auteur, de son psychisme, voire de sa spiritualité. Sa nécessité ne découle pas de sa forme mais de sa nature profonde. Elle n’obéit qu’à elle-même. Selon moi, elle reste accessible aux autres, si elle ne verse pas dans les outrances de l’écriture automatique ou de la poésie dadaïste, hermétique et, par conséquent, incompréhensible pour le lecteur qui ne possède pas les clefs (chaque poète ayant la sienne) de décryptage d’un langage ésotérique.
Je considère qu’en tant que poète d’aujourd’hui, j’ai peut-être eu la chance de ne pas avoir été formé en poésie classique. J’y suis incompétent.
J’ai commencé à écrire de la poésie en fin d’humanités gréco-latine. Ma poésie était très proche de la prose. Une prose dotée de musicalité – je l’espère – inspirée uniquement, ou presque, par des images issues du réel, de la nature, utilisées analogiquement pour exprimer des sentiments poétiques ou romantiques, au départ d’un état d’âme : le spleen des jeunes, le cafard de l’oisiveté, les sentiments amoureux suscités par des premiers émois ( pas le véritable amour qui vient beaucoup plus tard et qui confine à l’expérience de la mort. Voir Lettres à un jeune Poète de Rainer Maria Rilke). Était-ce de la poésie ? Je ne le crois pas. Je l’ai cru.
(à suivre)
La poésie a beaucoup évolué. On est loin de nos anthologies de poèmes classiques – de la versification et de la métrique – qu’on nous faisait lire et apprendre par cœur dans l’art immémorial de la déclamation. Certains cultivent encore ce mode d’expression. Il suffit de compulser des revues de poésie – surtout françaises – pour découvrir ( avec ennui ?)- des rimailleurs « primesautiers » qui excellent dans ce mode un peu provincial et prosaïque. Cette poésie n’a de poésie que le nom. Ce sont les rimes qui rythment la cadence en guise de musicalité. Loin de moi de vouloir prétendre que la versification ne peut s’accompagner d’idées originales, d’images réussies et que de ce type de poésie ne puisse se dégager un certain esthétisme. Il y a de magnifiques exemples.
Á l’autre extrême, depuis Verlaine, Mallarmé, Valéry, Rimbaud et Apolinaire, il y a une poésie libre – dans son expression - qui a rejeté toutes les formes anciennes et les règles formelles et qui attache plus d’importance au fond et à la magie des mots formulés par notre inconscient. Ce qui ne veut pas dire que cette poésie évolue en toute liberté. Elle est nécessairement tributaire de son auteur, de son psychisme, voire de sa spiritualité. Sa nécessité ne découle pas de sa forme mais de sa nature profonde. Elle n’obéit qu’à elle-même. Selon moi, elle reste accessible aux autres, si elle ne verse pas dans les outrances de l’écriture automatique ou de la poésie dadaïste, hermétique et, par conséquent, incompréhensible pour le lecteur qui ne possède pas les clefs (chaque poète ayant la sienne) de décryptage d’un langage ésotérique.
Je considère qu’en tant que poète d’aujourd’hui, j’ai peut-être eu la chance de ne pas avoir été formé en poésie classique. J’y suis incompétent.
J’ai commencé à écrire de la poésie en fin d’humanités gréco-latine. Ma poésie était très proche de la prose. Une prose dotée de musicalité – je l’espère – inspirée uniquement, ou presque, par des images issues du réel, de la nature, utilisées analogiquement pour exprimer des sentiments poétiques ou romantiques, au départ d’un état d’âme : le spleen des jeunes, le cafard de l’oisiveté, les sentiments amoureux suscités par des premiers émois ( pas le véritable amour qui vient beaucoup plus tard et qui confine à l’expérience de la mort. Voir Lettres à un jeune Poète de Rainer Maria Rilke). Était-ce de la poésie ? Je ne le crois pas. Je l’ai cru.
(à suivre)
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