mardi 8 octobre 2013
La mer occitane.p52 Extrait
Peut-être le temps
peut-être les grains de sable sur la peau
le hâle de ta peau qui sentait le cèdre
et le poivre
le goût ou le parfum à la frontière
du mélange des sens
qui perdent la tête
l'hypnose des harpes de vents
dans les oreilles
à travers le seuil de l'ambroisie
où on s'arrête
en pensant à la mer occitane
en la regardant par la fenêtre
immense
étrangère
après on se retourne car c'est trop fort
presque insupportable
incompréhensible comme les crêtes
d'une mort passagère
...
J.B. "La mer Occitane" - une des plus belles plages de France, à la Franqui, lieu où Henri de Monfreid ( 1879-1974) aimait se retirer.
peut-être les grains de sable sur la peau
le hâle de ta peau qui sentait le cèdre
et le poivre
le goût ou le parfum à la frontière
du mélange des sens
qui perdent la tête
l'hypnose des harpes de vents
dans les oreilles
à travers le seuil de l'ambroisie
où on s'arrête
en pensant à la mer occitane
en la regardant par la fenêtre
immense
étrangère
après on se retourne car c'est trop fort
presque insupportable
incompréhensible comme les crêtes
d'une mort passagère
...
J.B. "La mer Occitane" - une des plus belles plages de France, à la Franqui, lieu où Henri de Monfreid ( 1879-1974) aimait se retirer.
La mer occitane.p.43 extrait
Eh Oh Ohé du bateau chevauchant la mer
occitane
sur les patins de tes lames
qui trempe tes nageoires aux cils immenses
dans la montagne d'eau
comète océane
pélican albatros goéland catamaran ange marin
glissant sur l'image blanche de tes flots
de tes nuages aux mille facettes d'émeraude
sur ta robe de mariée
à l'écume des fleurs
aux crêtes d'alizé
sur les creux du hasard
aux cordages qui volent
autour des voiles folles
en croisade sur nos âmes
qui chavirent
navires
sous le marin ou la tramontane
occitane
sur les patins de tes lames
qui trempe tes nageoires aux cils immenses
dans la montagne d'eau
comète océane
pélican albatros goéland catamaran ange marin
glissant sur l'image blanche de tes flots
de tes nuages aux mille facettes d'émeraude
sur ta robe de mariée
à l'écume des fleurs
aux crêtes d'alizé
sur les creux du hasard
aux cordages qui volent
autour des voiles folles
en croisade sur nos âmes
qui chavirent
navires
sous le marin ou la tramontane
Eh Oh Ohé du bateau
arrime tes amarres
désamarre
tes rimes
sur
l'insolite des mares
et
des îles d'embruns
lance ta mature au large de la lumière
et des bannières
La mer occitane. p.47 Extrait
Plus bas
la mer occitane harcèle les remparts
des vaisseaux de pierre
et des ports rouges
embrassant
les flots
bousculés par la tramontane
la mer occitane harcèle les remparts
des vaisseaux de pierre
et des ports rouges
embrassant
les flots
bousculés par la tramontane
La mer occitane p.38 extrait
Orage maternel de la voie lactée
de ta chair inespérée et vivante
dans laquelle j'entrais à nouveau
avec toi comme nous entrions
par l'éloge étroit
d'une voûte romane
vers le chant d'un cloître
que notre regard ciselait
avec la brise d'or
d'un orfèvre
de ta chair inespérée et vivante
dans laquelle j'entrais à nouveau
avec toi comme nous entrions
par l'éloge étroit
d'une voûte romane
vers le chant d'un cloître
que notre regard ciselait
avec la brise d'or
d'un orfèvre
La mer Occitane et Simon Hantaï
dépliages
de nos plages intérieures
de nos
corps en extase
Fresque involontaire
du destin inconscient
des gestes répétés
dans une
litanie de verbes et de paroles
dans le
rituel longuement préparé
des germes
et des semences
des racines obscures de la nuit
Pliages
dépliages
des visages
qui se
dérident comme une rivière
dans la transparence
du lac
inattendu
Et de la robe d'azur
pliée
dépliée
toujours plus grande
toujours plus claire
voguant
sans frontière
d'une cime à l'autre
Peinture d'Hantaï à l'écriture rose
illisible et
sainte
J.B.
mardi 3 septembre 2013
jeudi 29 août 2013
Élégie
Élégie
Quand nous franchirons les portes de la ville abandonnée
pour rejoindre les frontières de l’impossible avec l’espoir de les franchir
Laissant derrière nous l’enchevêtrement des ruelles obscures
Les patios encombrés des déchets du passé
Les couloirs sans issus
Les étals recouverts de salpêtre et de restes innommables
Les relents de peurs anciennes accrochés aux murs des
chapelles votives
Les montagnes de désespoirs accumulés au fil des jours
Et des nuits sans lune ni étoiles comme des terrils de
scories
Nous irons vers les pontons branlants bordant l’océan des
ténèbres vêtus de notre seule nudité avec en bouche le désir de macérer un
graal imaginaire
Fuir soi-même comme si nous existions encore dans nos corps
d’animaux dénaturés
Fuir le souvenir des battements de notre cœur quand il battait la chamade à l’approche de
corps sublimes au temps des marchands de sable amoureux
Quand nous franchirons les portes de la ville abandonnée
Avant l’écroulement des enceintes
Oubliant le son de nos pas sous les voûtes
Et la résonance de nos prières adressées vers l’au-delà
Jean Botquin
jeudi 22 août 2013
lundi 19 août 2013
La tendresse
La tendresse
Un jour la jeune fille dit
Je voudrais qu’une rivière
m’enlace de sa tendresse
Et une rivière jaillit de son
cœur triste
La rivière se mit à couler
avec force
Entraînant sa tristesse comme
un fétu de paille
L’eau était fraîche douce et
pure
Elle en but de longues
gorgées
La tendresse entra dans sa
langue et sa voix
Qui commencèrent à parler
avec douceur
Avec des paroles de miel
Sa bouche ne fit plus que
sourire
Et dans son regard le ciel
brillait
L’eau coulait toujours de son
cœur sans arrêt
Tout le monde autour d’elle
fondait
Comme neige au soleil
On lui parlait tendrement
avec des paroles de miel
On lui disait viens je te
comprends
Et vraiment on la comprenait
La jeune fille se demandait
Pourquoi le monde avait
changé de couleur
Or le monde n’avait pas
changé
C’était la jeune fille qui le
voyait autrement
Et qui recevait en retour
beaucoup plus
Qu’elle n’avait donné
Jean Botquin
dimanche 18 août 2013
Trois petits poèmes.
Regards du matin
Des visages qui s'éveillent-
Envol des ombres
Les chiffres mènent
Les mots dans l'incertitude
De notre espérance
Pliures d'infini
Sur l'ocre des temps écoulés
Nervures en attente
Jean Botquin
Des visages qui s'éveillent-
Envol des ombres
Les chiffres mènent
Les mots dans l'incertitude
De notre espérance
Pliures d'infini
Sur l'ocre des temps écoulés
Nervures en attente
Jean Botquin
vendredi 2 août 2013
Géode
Géode
Noix
brisée fendue par le centre
En
un jeu de miroirs vénitiens
Cœur
de noix où palpite le feu de la terre
À
travers d’obscures transparences
Univers
à la circonférence d’une planète
Miniaturisée
par les anges de la création
Quand
révéleras-tu ton mystère
Et
ta naissance au matin du monde
L’âme
tranchée quand tu t’ouvres
J.B.
samedi 20 juillet 2013
Épousailles des ombres, mon onzième recueil de poésie
Avant-propos
Au risque d’être qualifié d’haïkuiste - à la manière de cruciverbiste ou de sudokiste, ces pratiquants
de jeux intellectuels qui servent généralement à tuer le temps- je continue à
produire, à côté d’une création moins codifiée, d’improbables haïkus, souvent
au départ d’instantanés photographiques que je récolte au cours de mes promenades dans le Hainaut avec des amis
marcheurs dont je suis le doyen ou seul avec ma femme lors de nos voyages.
Le présent livret en réunit
deux cents, tous postérieurs aux
recueils de textes brefs précédents La
chambre noire du calligraphe et Bréviaire
d’un quotidien.
Je les ai classés en dix-huit
séquences de longueur différente qui comprennent des tercets relativement
indépendants les uns des autres bien qu’ils soient reliés par la pensée ou par
un lieu ou une région parcourue par l’observation et la contemplation.
On le sait, la poésie
japonaise observe des règles relativement complexes qui ne se limitent pas à un
nombre de syllabes (dix-sept). Vouloir respecter toutes ces règles est
impossible car elles tiennent au génie d’une langue orientale, à la philosophie
de ceux qui la pratiquent, leur sens religieux, et leur conception de la vie et
de la mort. D’autre part la langue française a d’autres qualités qu’il convient
de ne pas négliger.
Aussi je ne retiens dans
l’écriture de textes brefs que ce qui lui donne sa force évocatrice, sa
densité, son caractère suggestif et allusif. L’ascèse de l’économie verbale, de
la musicalité et de la simplicité conduit, il me semble, à une extériorisation riche de ce qu’est notre essence même.
Je me suis évertué dans les
titres de mes séquences à exprimer le caractère instantané de mes tercets. Ce
sont en quelque sorte des synonymes ou des essais de définition de mes haïkus
dont je ne voulais citer le nom.
dimanche 14 juillet 2013
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