dimanche 19 juillet 2015

Le Non-Dit

Article de Noëlle Lans paru dans le numéro 108 de LE NON-DIT

Village lacustre ocre

Cependant pouvait-on effacer
l'ocre le rose et le rouge
des maisons occitanes
même quand la pluie les alignait au soleil
dans le spectre de l'arc-en-ciel
où ils faisaient naufrage ?
J.B.in "La mer occitane"

dimanche 5 juillet 2015

Le four à pains de Castelnou

Quand le four à pains
D'une maison de Castelnou
Se loge en surplomb
Au premier étage
Sous son toit de tuiles....
J.B.

mercredi 1 juillet 2015

Un balcon en forêt

À l'ombre d'un Kiwi
Un balcon en Cévennes
Un livre de silence
Les Arbouses. Vallée française

lundi 29 juin 2015

Le petit Goeland

Je suis petit, pas très beau
Mais je serai comme mon papa et ma maman
Patience

un froufrou

Le froufrou fleuri
Du laurier rose s'épanouit
Dans une ruelle de Castelnou
J.B.
Languedoc-Roussillon

mardi 26 mai 2015

Les Iris jaunes.

Les iris jaunes
Bordent les marais d'Harchies-
Le saule s'en réjouit
JB
Photo de Guy Baltus

mercredi 20 mai 2015

L'astre dans le feuillage.

Astre dans le feuillage
Tu vogues les antennes déployées
Aux sons des bourdons
J.B.
J

vendredi 15 mai 2015

Le chemin du repos.

Après la palette
De coloris en marchant
Vers l'aire de repos...
J.B.

jeudi 14 mai 2015

Les arômes

Sur sa tête fleurie
L'azalée rose exhalait
Tous ses arômes...
J.B.

mardi 12 mai 2015

Le sentier des senteurs.

Sentier des senteurs
Chaque jour tu rajeunis
L'odeur du passé
J.B....

jeudi 7 mai 2015

Azalées et parfums.

Quelques azalées
Emplissent nos narines
De parfums roses
J.B.
En pensant à Basho: "Quand le pinceau s'arrête,
l'esprit continue"

mardi 28 avril 2015

Rhodos.

Une pluie rose et blanche
Réveille un coin du jardin-
Le rhodo sourit
J.B.

vendredi 24 avril 2015

Un noyer tout nu

Le noyer attend
Que ses voisins perdent leurs fleurs
Pour s'habiller
J.B

mercredi 22 avril 2015

"La Gondole de l'Orient Express" lu par Francine Ghysen.

Et si on reparlait de mes nouvelles avec Le Carnet et les Instants.

L'imagination vagabondepar Francine Ghysen
Le Carnet et les Instants n° 152
Après sept recueils poétiques et trois romans, publiés en l'espace d'une dizaine d'années, Jean Botquin nous propose, avec La gondole de l'Orient Express, une mosaïque d'histoires brèves, de toutes les couleurs.
Blanche, à l'image de l'inconnue glacée, reine des neiges surgissant de nulle part, avide d'amour car elle sait ses heures comptées («La cape blanche»).
Noire, pareille à l'eau de la citerne qui effraie et fascine Mélanie, à la manière d'un génie malfaisant («L'eau noire»). Rouge, telle la grande voiture rutilante qui se mue en cercueil de son conducteur, repêché au fond d'un canal, le jour où sa réplique en modèle réduit était jetée dans le bassin aux nénuphars du jardin par un petit garçon furieusement jaloux de l'amant de sa mère («La dame aux nymphéas»).
Feu, comme le train incendié emportant dans la nuit, du Caire vers Louxor, des voyageurs affolés et un vieil écrivain aveugle, étonnamment serein, que d'aucuns croient mort depuis des années, alors que «les écrivains égyptiens sont éternels comme les pharaons qu'ils vénèrent» («La nuit interrompue de la déesse Nout»).
On s'y perd un peu, l'imagination vire à l'élucubration, l'écriture se fait parfois hâtive, approximative.
Mais certaines nouvelles touchent et retiennent.
«Un amour délocalisé» et ses lettres frémissantes qui abolissent la distance séparant les amants. «Tes caresses me font rêver et penser que nous ne pouvons plus mourir, désormais», écrit Noël à Anaïs. «Aujourd'hui, je transgresse mes interdits, je vis une espèce de folie, je me sens devenir femme comme si je ne l'avais jamais été», écrit Anaïs à Noël. L'amour est pour chacun recréation, renaissance, retour à «la vraie vie» qu'ils épousent enfin, l'un par l'autre. Bouleversante, mais fragile…
«La mezzanine», que Julie avait fait construire dans la chambre de musique dévolue à son mari violoncelliste, qui est restée son refuge après le départ de l'époux infidèle, et qu'elle transporte désormais, contre vents et marées, dans toutes ses pérégrinations, comme si c'était une partie d'elle-même.
«Le parfum redoutable de la ressemblance», une ressemblance angoissante à force d'être parfaite entre une mère et sa fille, celle-ci étouffant de n'être que la copie, la réverbération, le halo de celle-là. Comme si sa mère, en lui donnant la vie, la lui avait irrémédiablement volée.
«Les Virgile», la plus émouvante, où un père et un fils, Italiens fixés dans la région du Centre, scellent leur tendresse dans l'exaltante liesse du cortège des Gilles de La Louvière, dansant exceptionnellement sur le pavé de la Rome éternelle.
Et la plus belle, qui donne son titre au recueil, et jette aussi un pont imprévu entre l'Italie et nos brumes. Une histoire d'amitié, proche d'un conte de fées, qui permet à un vieux gondolier d'exaucer son rêve : quitter Venise pour rejoindre ses enfants, établis dans le Hainaut, sans abandonner sa barque bien-aimée… L'inattendu, alors, touche à la poésie.