







Le NON-DIT fête ses vingt ans en sortant un numéro spécial où 102 auteurs francophones belges ont écrit comment ils conçoivent l'emploi du temps ou mieux encore l'emploi de leur temps. Cela a-t-il un rapport avec le roman de Michel Butor paru en 1956 après Le passage de Milan et avant la Modification qui obtint le prix Renaudot ? Même titre mais cela s'arrête là. Cependant, cette initiative sympathique du NON-DIT à permis aux-dits auteurs d'entrer dans une espèce d'anthologie thématique susceptible d'aider à mieux les faire connaître aux yeux du public de la revue. Quant au thème, il a été traité très librement selon l'inspiration de chacun. J'ai participé à cet ouvrage collectif.
Les commandes de ce numéro spécial peuvent être adressées au NON-DIT asbl-avenue Emile Van Becelaere, 24 B/bte4- 1170 Bruxelles. Prix du numéro 10€ l'unité. Compte 067-2206325-87.

Photo Web d'Arthur Lee, provenant de space wealther.com, prise en Chine le 1 août 2008. Merci à l'auteur à qui je dédicace mon poème.
L'éclipse
Moi le Soleil
je me serais lustré
les cheveux
Tu m'approcherais
toi la Lune
qui bientôt m'étreindrait
d'un baiser noir
qui m'éteindrait
moi le Soleil
l'orbite pleine
d'un chant de lumière
l'oeil
exorbité sur ton passage
et notre rencontre inespérée
Voilà
l'éclipse ronde
de nos songes
protubérants
Nous ne voyons rien, même pas pointer le jour. Nous n'entendons rien, même en tendant l'oreille.
Défilent des hommes qui transportent des charges sans nom, très loin, et parfois à bout de bras, dans la position la plus douloureuse qu'il soit. Pareils à ceux qui, avant eux, sont passés sur le même chemin, avec des charges semblables qu'ils s'efforçaient de ne pas regarder pour ne pas leur donner de nom.
Jadis il traversait le jardin sans détours. C'était peut-être un chemin de soleil illuminé par le sourire des fleurs qui embaumaient nos gestes les plus tendres. Peut-être un chemin de neige où nos pas glissaient sans laisser d'empreintes. L'itinéraire semblait printanier même en hiver.. La nuit, il suffisait de lever la tête pour entrer dans les étoiles jusqu'à l'aube.
Texte extrait de " Le front haut". J.B.