lundi 26 octobre 2009

Les haïkus de Saint-Cloud

Foire internationale d'Art contemporain.- Galerie Nadia Vilenne- Louvre




























Librairie Wallonie-Bruxelles près du Centre Georges Pompidou.


Les deux abeilles
Ouvrent leur ruche tapie
De paroles d'or

Deux personnes sur
Un banc regardent la rue
Aux yeux fatigués

L'auto vert pomme
Oublie le landeau replié
Sur un long trottoir

Les gens vont vite
Sans se soucier des heures
Qui m'interrogent

Bras nus la mariée
Pont Neuf sous la pluie fine
D'un rire frileux

La manif monte
Callicots verts en tête
Les gens déchantent

Dieu soulage moi
De la surface noire
De la lumière

Le ciel d'automne
Prend quelques couleurs pastels
Du haut des arbres

Le canard jette
Un regard dans la chambre
Où ils s'éveillent

Le héron lève
Son bec pointu au-dessous
De gros nuages blancs

Un autre héron
Tourne son dos d'airain
Aux draps de lin clair

Jean Botquin 26 octobre 2009










mercredi 21 octobre 2009

A Robert et Jo, mes amis.


Je dédie cette traduction d'un texte émouvant "Vanaf Vandaag" de Rob De Nijs, à toi, Jo, qui a perdu Robert le 29 septembre 2009. Mais non, tu ne l'as pas perdu...comme tu le liras.

A partir d'aujourd'hui.

Aujourd'hui je t'inhume en moi
Pas dans la terre, pas dans cette caisse
Pas près de ces arbres dans la brume du matin,
Tu n'es pas là-bas, tu es en moi, dans mon refuge.

Aujourd'hui je t'inhume en moi
Pas près de cette pierre là dans cette longue rangée
Tous ces vieux noms , tu n'as rien à y faire
Aujourd'hui je t'inhume en moi.

Comme ça je peux te parler et te répondre
Comme ça tu continues à vivre dans ma vie
Oui, prends mes yeux et regarde avec moi
Prends mes pieds et cours avec moi
Maintenant nous allons à la maison, nous deux, ensemble
A partir d'aujourd'hui tu vies en moi.

Aujourd'hui je t'inhume en moi
Je ne te chercherai pas où tu n'es pas
Reste avec nous, ici, où tu connais tout le monde
Je garde ta place à notre table.

Nous allons rire et faire des projets
Je dormirai avec toi et te réveillerai
Viens, prends ma bouche et ris avec moi
Prends mes mains pour nous sentir
Ce que tu voulais encore faire
C'est moi qui le ferez
A partir d'aujourd'hui tu vis en moi.

Enlèves cette croix et toutes ces fleurs blanches
Déchire ce journal où on cite ton nom
Viens, prends mes yeux et regarde avec moi
Prends mon coeur et vis avec moi
Car ta mort maintenant est passée, depuis aujourd'hui tu vis en moi.

Je vivrai deux vies avec toi en moi.

Traduction de Jean Botquin.

mercredi 14 octobre 2009

Le NON-DIT parle de mes Haïkus sous la plume de Michel JOIRET. N°85 Octobre 2009. P.17

L'esprit clair et informé de Piet Lincken "ramasse" avec une rare intelligence, les cailloux blancs jetés par Jean Botquin sur le chemin des mots. En évoquant l'immobilité silencieuse du haïku, il identifie le genre et met en lumière l'extraordinaire "liberté d'approche" du créateur. Dans la chambre noire du calligraphe, Jean botquin développe des images transversales qui illustrent les déplacements secrets de la pensée, qui paraphent un moment d'existence et qui déterminent le rapport mystérieux entre le créateur et son expressivité. Le haïku n'est pas à la portée d'un seul styliste. Il se met "hors jeu" de lui-même et dénonce outrageusement celui qui le profane distraitement. Reconnaissons à Jean Botquin le bien-fondé d'une posture créatrice dont il maîtrise les exigences implicites. Le poète s'inscrit dans un glissement sémantique permanent:
"Elle dit l'émotion
Qui rapproche la tête
Du coeur sur la main";
"Silence du corps
Inhumé dans l'absence
Orbites creuses",
jouant avec les mots, les affichant parfois pour l'énonciation d'un mystère qui le dépasse:
"Son nom est pareil
Á la datte sucrée de
Leur espérance";
"Pieds sur des phrases
De verre ils marchent niant
Leur fragilité".
Maître d'une métaphore dont l'un des termes développe la suggestion plutôt que l'équilibre formel, Botquin cultive aussi le non-sens et le paradoxe:
"Il sautait raide
Á la corde des pendus
Encore vivants."
Ici, tout est invention, tout est réel, tout est mobile. Le jeu porte autant sur les capteurs que sur l'information sensorielle. En privilégiant "le peu", le poète trouve, presque naturellement, les pièces d'une attitude philosophique cohérente. Jamais anecdotique et cependant légère, l'écriture glisse le long des points topiques de la pensée et retombe pour amorcer une nouvelle séquence. C'est ainsi que se compose une toile dont la pièce manquante ne se pose jamais. Mais en est-il autrement dans l'amorce d'un art de vie ?
Les sculptures de sable ne sont-elles pas avant tout un emprunt à la durée ? De fait, la réalité du haïku convenait parfaitement à l'oeil kaléidoscopique de Jean Botquin. C'est en passant l'habit que le moine est véritablement habité...Le jeu de rôle prend, à cet égard, la pleine mesure du calligraphe qui cogne inlassablement à la vitre de l'instant.
michel joiret
La Chambre Noire du calligraphe,
Jean Botquin,
éditions du Cygne, Paris, 2009.

lundi 12 octobre 2009

Roisin-La rencontre des écrivains du Hainaut.



Leszek Helinski
guitariste compositeur
Patricia Beudin
Conteuse et animatrice d'ateliers d'écriture









Cette rencontre est organisée, chaque année, au mois d'octobre, au Centre provincial d'hébergement et de formation de cadres, à Roisin, par la Direction de la culture de la province du Hainaut.

Ce lieu est dédié à la mémoire d'Emile Verhaeren qui y passa de nombreuses vacances.

C'est pourquoi chaque année nous y déposons une gerbe de fleurs au pied de son buste dressé à la lisière du bois.

C'est pourquoi aussi j'ai eu envie de reproduire un poème de Verhaeren que j'ai choisi dans "Les apparus dans mes chemins".

La disparue

Elle était comme une rose pâlie;
Je la sentais discrète, autour de moi,
Avec des mains de miel, pour ma mélancolie.

Sa jeunesse touchait à ses heures de soir;
Quoique malade, elle était calme et volontaire
Et m'imposait et sa tendresse et son espoir.

Aucune ardeur, qui domptait par secousse;
C'était de la sentir si droite, en son amour,
Qui me tenait dans sa contrainte égale et douce.

Elle peut-être a su lire le texte obscur
De mes rancoeurs et de mes lourds silences
Et, dans ma volupté, tuer le lys impur.

Sainte pour moi et claire et lentement
Comme une étoile, un soir d'ombre légère,
Seule, elle s'en alla fleurir le firmament.

De purs rayons illuminent son coeur,
Depuis qu'en des dortoirs de lune,
Elle est dormante, au clair de son nouveau bonheur.

Elle est morte, sans bruit, tout doucement,
Mais si calme, dans l'humble pose
De l'agonie et de la paix de son moment.

Ses bonnes mains de consolation
-Oiseaux d'espoir- se sont levées
Vers sa lointaine et attirante assomption,

Là-haut, en un jardin si rempli de fleurs d'or
Et si rayonnant d'aube et de calme lumière
Que les ombres des fleurs y sont de l'or encor.

...
Ces quelques strophes, seulement, d'un poème beaucoup plus long nous donnent déjà un goût d'automne et de désespoir doux et nostalgique. Qui n'a pas une disparue, réelle ou fictive, à qui s'adresser quand l'automne survient dans l'or du soleil et des feuilles ?

vendredi 2 octobre 2009

Agenda

Dates à retenir.

-Le 15 octobre à 16 heures, dans le cadre de la Fureur de Lire, à la bibliothèque communale de Binche, présentation et lectures de La gondole de l'Orient Express (notamment).

Réservation souhaitée. Tel 064230601.

-Á la maison des Écrivains, 150 Chaussée de Wavre, le 21 octobre à 18 heures, Piet Lincken présente La chambre Noire du Calligraphe.


-Le 2 décembre, à 17 heures, entretien de Michel Decobu avec Jean Botquin, à propos de la Chambre Noire du Calligraphe. Espace Wallonie-Bruxelles.

-Le 5 décembre, à 16 heures nouvelle présentation de la Chambre noire du Calligraphe par Piet Lincken à la Fleur en papier doré, rue des Alexiens, Bruxelles.

mardi 29 septembre 2009

Un conte de Google Earth

Jean Botquin


Il était une fois. Il était: indicatif imparfait.
Tous les contes commencent comme ça, paraît-il.
À moins que le conte n’utilise, une fois n’est pas coutume, le futur antérieur, ce mode curieux qui appartient à la fois au passé et à l’avenir. Par exemple :
« Un jour ou l’autre, un château aura été édifié au sommet d’une montagne de glace qui surplombe la plaine où vivent, frileusement, l’ homme aux doigts d’or et ses héritiers aux doigts d’argent. »
Bon.
Allumons notre ordinateur.
Cliquons sur Google Earth .
La terre apparaît. Je l’agrandis, infiniment. Je tombe sur le château de la Belle au bois dormant. Il est complètement en ruines, seule la chambre d’apparat de la princesse a résisté aux méfaits de l’indicatif imparfait. Elle dort toujours d’un profond sommeil plusieurs fois centenaire, entourée de ses fées en pleine léthargie. Elle ne s’est pas réveillée, le Prince s’est trompé d’adresse.
Alors, allons dans l’Antarctique Sud, si vous le voulez bien, à la recherche de la montagne de glace et son château d’acier. J’adapte les angles d’approche du zoom sur l’immense étendue blanche qui remplit l’écran de mon ordinateur. Voilà que surgit la station antarctique belge Princesse Elisabeth , une vraie princesse, celle-là, pas une princesse de papier, de mots et de mensonges comme les princesses de Perrault.
Bien, mais ce n’est pas ce que je cherche.
Je continue ma prospection. Peine perdue, mon voyage d’internaute ne me fait plus rien découvrir d’autre qu’une plaine décevante sans château virtuel. Vous me direz que je m’y suis pris trop tôt. Soit, je le concède. Dans les contes au futur antérieur, il faut de la patience, il convient de laisser à la promesse le temps de se réaliser. Car, en effet, le futur antérieur ne peut mieux se comparer qu’à la promesse de quelque histoire qui n’existe pas encore et qu’il faut mériter en lui donnant le temps de naître. Donc, le château, si je ne l’ai pas encore trouvé sur Google Earth, c’est qu’il n’était pas encore édifié au moment où le satellite photographiait l’Antarctique Sud, bien qu’aujourd’hui il le soit peut-être, au milieu de la plaine éblouissante où vivent l’homme aux doigts d’or et ses héritiers aux doigts d’argent.
Je décide donc d’attendre, en toute confiance, les prochaines photos satellites de la prochaine mise à jour de Google Earth .
Combien de temps faudra-t-il patienter encore, me direz-vous, pour que s’édifie le palais d’acier transparent du futur agent 007, dix-septième du titre, surnommé James des glaces dormantes, parce que le sort l’aurait conduit, dès sa prime adolescence, à subir l’hibernation la plus longue de l’histoire de tous les agents secrets britanniques, avant l’accomplissement de l’ultime et unique mission antarctique contre son ennemi redoutable Goldfinger Treize ?
À mon tour de vous demander d’où vous tenez ces informations que, sauf erreur, je n’avais pas encore divulguées alors que je brûlais d’envie de le faire. Bien évidemment, le mode du futur antérieur présente un avantage certain par rapport à celui de l’indicatif imparfait. Le lecteur est donc partie prenante d’un conte en évolution et de promesses constamment renouvelées, alors qu’à l’imparfait plus rien ne bouge.
Tous les jours donc, je clique sur mon favori Google Earth et j’effectue le même voyage dans l’hémisphère Sud, au pôle du même nom, à l’affût de virtualités nouvelles, jusqu’à ce que, enfin, apparaisse le futur devenant présent.
Plus loin, beaucoup plus loin de la station belge Princesse Elisabeth, le blanc étincelant de la plaine est devenu gris. Une crête rocheuse crève la glace. Des fourmis en uniforme s’affairent, de manière impérieuse mais désordonnée, me semble-t-il. On construit quelque chose,sans doute le palais que j’attends et que vous attendez aussi. Le merveilleux s’est introduit dans Google Earth, l’improbable et l’impossible . Ce qui était stationnaire bouge. La photo s’est transformée en film-vidéo. Le satellite travaille en liaison directe et permanente avec mon favori. Extraordinaire, aurais-je dit, si je n’avais banni ce mot de mon vocabulaire, le jour où j’ai décidé de ne plus m’étonner de rien. Nous savons que depuis que l’homme a marché sur la lune, le conte a pris un mauvais coup dans la mâchoire. La fiction est plus réelle que la réalité, les challenges de la science sont dépassés les uns après les autres.
Maintenant, quand je zoome, je vois même à l’intérieur du conte qui s’écrit et les personnages se dessinent clairement sur mon écran. Voilà mes fées, celle de la K.G.B. avec ses fourrures qui la parent bien contre le froid ; celle de la C.I.A., complexée, genre experte Miami au large décolleté, glacée jusqu’à la moelle ; celle des services secrets français, hautaine, habillée comme la parisienne de Knossos ; l’anglaise à la peau blanche couverte de taches de rousseur et les seins retroussés ; une fée en burka, au regard ténébreux, au service des Ayatollah ; la fée des paradis fiscaux, ruisselante de perles fines ; et quelques amazones de moindre importance, pièces de rechange en cas de panne financière.
Laquelle d’entre elles aura provoqué l’entrée du dix-septième 007, à l’âge de quinze ans, dans le processus d’hibernation généralisée du palais d’acier congelé ? Difficile à dire car les fées du futur antérieur respectent rarement leurs allégeances naturelles et passent facilement d’un camp à l’autre selon l’inspiration du moment et leur besoin de séduction. Ne seraient-elles pas toutes, chacune à sa manière et selon les circonstances, à la solde de Goldfinger, grand responsable de la crise financière du désert antarctique ? On ne peut, à ce stade, demander à Google Earth d’aller plus loin dans l’investigation, par exemple des consciences et des motivations, du moins provisoirement. La question reste donc ouverte, l’absence de réponse pouvant, en l’occurrence, être négligée.
Entretemps, de jour en jour, d’heure en heure, le palais virtuel s’agrandit autour de la chambre de James aux glaces dormantes. Je perçois des signes de connivence quasi imperceptible de certaines fées. Il est vrai que mon œil s’est exercé depuis longtemps au décodage numérique des sentiments. Depuis hier, la fée iranienne a ouvert sa burka sur un visage sublime à la bouche pulpeuse, dont le baiser incisif, je le devine, rendra à James la chaleur excitante de sa virilité engourdie. Il pourra enfin partir à la recherche de Goldfinger treize réfugié au dernier étage de la Banque des prêts immobiliers, la B.P.I., derrière une porte blindée de glace inoxydable d’où il manipule les cours de bourse, à coups de pincettes d’opérations à découvert.
Quelques jours plus tard, j’assiste à un combat singulier entre James et Goldfinger. Ce dernier se défend âprement dans sa chambre forte. Sa porte s’est ouverte, malheureusement pour l’homme aux doigts d’or, par un jeu de rayons électroniques de la dernière mise à jour de Windows Vista, à huit heures trente, heure de Greenwich Antarctique Sud, parallèle zéro. Il s’en est suivi un corps à corps effrayant. James est doté de gadgets offensifs et défensifs d’une inventivité incroyablement britannique. Les fourmis militaires sont écrasées par milliers, au point de ne plus former qu’une seule matière gluante impropre à la consommation culinaire. Le sang gicle sur mes lunettes, les cours de bourse s’effondrent , en particulier ceux de l’action privilégiée de la B.P.I., la chaleur des rayons de la mort fait fondre une partie de la calotte glacière, créant une raison supplémentaire à Nicolas Hulot de se plaindre du réchauffement climatique, les résidents belges de la station antarctique plient bagage pour aller prendre le soleil à la plage, tandis que les phoques quittent les falaises pour rejoindre leurs cousins de la baie de Somme.
Quel spectacle extraordinaire aurais-je dit si je n’avais banni le qualificatif extraordinaire de mon vocabulaire.
Bien.
Je nettoie mes lunettes et l’écran plat de mon ordinateur qui dégouline de glace fondue et de sang visqueux afin de pouvoir visionner proprement le baiser langoureux de James 007 des glaces dormantes (qui ferait bien de changer de matricule et de nom) avec la fée de la K.G.B. qui a troqué ses fourrures pour une nuisette en pétrodollars transparents, échancrée profondément sur une poitrine de forme hallucinante.
Vraiment, Google Earth prend de plus en plus de libertés avec la vérité historique, grâce au futur antérieur.
James a pris quelques années de plus, sous l’effet conjugué des regards ensorcelants - haute résolution - des fées qui, depuis l’agonie désinvolte de Goldfinger sur mon écran, ont toutes opté pour le charme irrésistible de James 007, dix-septième du titre, et mouture nettement plus réussie que ses seize prédécesseurs. Par ailleurs, il est ainsi démontré qu’il faut toujours se méfier des personnages féminins dans les contes à dormir debout.
Ouvrant, une fois de plus, mon ordinateur sur le favori de mes favoris, je découvre la fin de ce conte, tiré par les cheveux. Tandis que ma webcam me renvoie une image indéchiffrable, composée de signes numériques de forme parodique.


Cette parodie de conte a été publiée, en tant qu'exemple sur le site www.leaweb.org du Concours international d'écriture pour adolescents. - Atelier de Lecture ASBL Montégnée. Belgique

jeudi 3 septembre 2009

Emile Kesteman Vice-Président de l'A.E.B. dans NOS LETTRES août-septembre sur La Chambre noire du calligraphe.

"Jean Botquin est un esthète. Pour ce faire, il adore sortir de son coquillage. Il y a une différence très nette entre les premiers haïkus et ceux de la seconde manière. Piet Lincken, qui a rédigé un avant-propos, précise bien les choses.

Les nuances sont subtiles entre ce qui est aphone et coloré. En tous ces textes, l'âme vibre imperceptiblement. Le mot est présenté dans son expressivité provisoire et découvre sa finalité dans sa propre floraison. Parfois le lecteur a l'impression que le désordre se décompose et mène à l'ordre. Cet ordre est plus souvent nouvelle harmonie Et parfois on pressent l'esprit des haïkus de la seconde partie quand la vie cherche la trace de la mort. Il y a dans cette seconde partie plus d'âpreté. Mais Jean Botquin ne quitte jamais ce monde de coquillages et de leurs contournures orientales!"

mardi 1 septembre 2009

Art et Saveur à Saint-Denis en Broqueroie les 29 et 30 août 2009











Et en attendant la "foule" quelques réflexions sous forme de haïku:
Lire un livre
Que l'on oublie aussitôt
Qu'on le referme
Les gens du soleil
Passent à l'ombre des mots
Inconsolables
Il pend ses bons mots
Comme du vieux linge troué
Au fil d'un rasoir
Elle n'approche pas
De peur qu'un livre ne lui
Morde l'oreille
Toutefois le soleil
N'a pas noyé l'écriture
Qui coule à flots
Personne n'entre
Plus dans l'antre des paroles
Au goût de miel
J.B. 30 août 2009





lundi 24 août 2009

Mystère de papier de Peter Gentenaar
















Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer quelques clichés des créations de Peter Gentenaar qui habitent de leurs âmes les voûtes flamboyantes de l'Abbatiale de Saint-Riquier en pays de Somme, à quelques km d'Abbeville. Une exposition qui se termine le 19 septembre, il est encore temps de vous y rendre avant de vous balader dans la baie à la recherche des phoques et de la passe-pierre ( autre appellation pour la Salicorne). Ces créations aériennes se passent de commentaires. Leurs nervures se marient très heureusement avec celles du gothique du XVI siècle. Un régal pour les yeux.
Peter Gentenaar est hollandais. Il est né le 13 novembre 1946 à Rijswijk, aux Pays-Bas.
Il décrit son travail comme suit:
"Mon amour de la nature et de la matière, conjugué à ma connaissance des techniques picturales, ont façonné mon travail artistique. J'ai découvert dans la fibre de papier un matériau proche de la nature qui comble toutes mes attentes. Lentement, je suis passé de l'utilisateur de papier à fabricant de papier et de fibre (j'ai construit ma propre machine) et réalise formes et configurations dans ce matériau.
En maîtrisant au séchage les tensions et les contractions de la pulpe et de fines ossatures de bambou, le papier s'enroule comme une feuille d'automne, générant des sculptures pouvant atteindre de grandes dimensions, monde fantômatique porteur de rêve."

dimanche 23 août 2009

Inédit 234 parle de "La chambre noire du calligraphe"

" Et voilà le dernier de ces poètes "d'aujourd'hui" nés trop tôt (six ans de moins que moi, en 1932) que je fais figurer avec audace dans le siècle XXI, Jean Botquin, dont j'ai souvent eu le plaisir de recenser des livres (Inédit 115, 131, 165, 185, 185, 187 et 221). Écrivain très divers, mais toujours de bel aloi et de plus à l'écriture vive, il nous présente cette fois un recueil de tercets que lui-même ne prend pas pour de vrais haîkus ou rengas, mais qui y ressemblent, La Chambre noire du calligraphe. C'est d'autant plus amusant qu'il y a imprimé sa personnalité, ce qui est même mieux que d'imiter les japonais classiques! Je ne résiste pas au plaisir d'en citer de parfaits selon moi:

Être transporté
Au-delà des paroles
Qui nous enflamment

L'imagination
Exerce sa puissance
Sur l'esprit des nuits

ou, moins sérieux:

Pose les lèvres
Au milieu de la rose
En circonflexe

Le préfacier Piet Lincken ne s'y est pas trompé en s'amusant à rappeler l'histoire japonaise de ce genre de poèmes. Il peut suffire de peu de mots pour atteindre la poésie et Shiki n'a pas imité Buson!
Ed. du Cygne, 4 rue Vulpian, F75013 Paris) "

Paul Van Melle, L'inédit Nouveau.

lundi 17 août 2009

Mon Amour (Lettre sans destinataire)


Mon Amour,

Sous les branches de mon cèdre, je vous écris. Le vent est tombé, la chaleur me fait penser à vous qui savez m’en entourer. L’ombre du cèdre que j’ai choisie pour vous écrire cette lettre est celle dans laquelle nous avons eu notre dernier échange avant que vous ne partiez. La même douceur, la même lumière. Vous vous souvenez ? Il faisait un temps magnifique. Les collines, au loin, fuyaient, de courbe en courbe. On voyait les brumes monter des vallées. Bientôt elles s’étendraient en couches irrégulières teintées de safran et de pourpre sous les derniers rayons de soleil.
Toute la journée nous avions tu notre tristesse, nous donnant le change afin de ne pas ternir les instants précieux que nous avions la chance de vivre encore. Nous nous étions levés tôt, écourtant nos moments de tendresse passionnée du lever du jour. Vos regards embués m’avaient prévenu des heures fragiles qui risquaient d’abîmer nos prochains souvenirs. Nous avons choisi la sagesse de ne pas verser dans le mélodrame.
Vous avez arboré cette robe blanche bordée de dentelles que j’ai si souvent pris plaisir à faire glisser à vos pieds mais que je ne vous ôterais pas à nouveau, gardant en mémoire votre apparition nacrée que tant de fois j’avais baignée dans mon désir amoureux.
Refuser de vous toucher, inventer des caresses dans la subtilité de nos pensées, nous promener par les allées flanquées de cyprès disciplinés comme en Toscane, en nous donnant la main à la manière de ces gens en vacances, boire un verre de vino nobile rafraîchi à la terrasse d’un hôtel qui nous avait accueilli en des moments de passion urgente et me contenter de la douceur de vos sourires émerveillés.
Avons nous réussi à tenir notre pari silencieux, à respecter notre souffrance en la remplaçant par cette sérénité nouvelle que nous devrons apprendre à vivre et que nous adoptions déjà en ces quelques heures précédant votre départ ? Je le pense.
N’attendez pas trop longtemps avant de m’écrire. J’ai hâte à redécouvrir votre écriture serrée aux jambages minuscules, aux lettres qui s’épousent dans une sorte d’impudeur pour former des mots dont la beauté me bouleverse.


En attendant de vous revoir, j’irai retrouver notre cèdre, souvent. Je n’irai pas graver nos initiales ni clouer votre cœur dans son écorce. Je lui parlerai comme je vous écris.
Et il me répondra.

Je vous aime.

Agenda août-octobre 2009

Arts et Saveurs 2009 - Abbaye de Saint Denis en Broqueroie- Soignies Casteau:
Les 29 et 30 août de 10 h. à 18.30 présentation de mes livres au salon d'exposition littéraire du marché du terroir et dédicaces, notamment "La chambre noire du calligraphe" paru en juin 2009.

Fureur de Lire- Bibliothèque de Binche:
Le 15 octobre à 16 heures rencontre avec Martine Paternotte et Jean Botquin et lectures de textes de"Le destin des Mesville" (M.P.) et "La gondole de l'orient Express" (J.B.)

Soirée des lettres A.E.B. Maison des Écrivains 150 chaussée de Wavre Bruxelles:
Le 21 octobre à 18 heures, présentation par Piet Lincken et Jean Botquin de"La chambre noire du calligraphe".

lundi 10 août 2009

KIKI 3




Bientôt Kiki s'est retrouvée toute seule. Sa mère tuée dans notre rue, ses frères disparus, ses grands parents disparus. Elle gardait cependant quelques amis et prétendants qui lui faisaient la cour mais surtout essayaient de conquérir une partie de son territoire. Elle ne s'éloignait jamais loin de notre jardin. De temps en temps, on lui laissait un peu de nourriture, pas trop pour qu'elle continue à se débrouiller, à chasser. Quand nous rentrions, par exemple de voyage, elle nous attendait en miaulant. Nous la récompensions avec quelques friandises. Ce n'était pas vraiment une chatte domestique mais il existait une espèce de lien entre elle et nous. Elle aimait jouer avec les pies, un couple qui dansait autour d'elle quand elle prenait le soleil sur la pelouse, l'air de rien. Elle ne les aurait pas attaqués car elle était trop petite pour le faire. D'ailleurs, nous avons toujours pensé qu'une de ces pies lui avait abîmé une oreille, et qu'elle avait retenu la leçon. Elle ne fuyait plus quand nous allions vers elle, à condition de ne pas esquisser une caresse. Parfois, quand la porte de la cuisine était ouverte, elle s'aventurait prudemment à l'intérieur, sans doute pour susciter une réaction de notre part, puis elle sortait en nous tournant le dos.


Quand nous avons prolongé la maison par une pergola, il nous a semblé qu'elle a cru que nous lui avions construit une maison, pour elle seule. Elle s'y est installée. Ses copains jaloux venaient la voir du haut du muret qui borde la terrasse. Elle les surveillait depuis le banc où elle passait de longues heures. Comme elle quittait de moins en moins le jardin, nous avons commencé à la nourrir un peu plus souvent. Nous étions pris dans un cercle vicieux.


Le dernier hiver a été très froid. Nous ne voulions pas qu'elle meure de froid, aussi nous lui avons construit une niche chaude, protégée du vent. " Uniquement pour la durée de l'hiver, mademoiselle Kiki, cette chambre à coucher n'est pas définitive, et pas question d'y inviter des copains. Au printemps, retour à la nature ! "


Elle est morte au début du mois de juillet. Quel âge aurait elle aujourd'hui ? Plus de sept ans, selon de vieilles photos de nos albums que j'ai parcourus après son décès.


Pendant plusieurs jours, elle avait disparue. Elle ne revenait pas. Nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. Quand elle a réapparu dans le jardin, nous l'avons appelée. Elle n'entendait plus son nom. Ses oreilles ne se dressaient pas à notre appel. Nous avons essayé de la faire boire un peu, et manger. Elle ne portait aucune marque de blessure mais avait beaucoup maigri. Elle miaulait faiblement, se traînait complètement épuisée comme si elle revenait d'une marche de centaines de km. Elle s'est assoupie sous le houx où elle n'allait jamais.


Le lendemain matin nous l'avons trouvée, raide déjà, sous le grand réservoir d'eau de pluie où nous avions, sept ans plus tôt, hébergé toute la nichée de Tigresse.

mardi 4 août 2009

KIKI 2


Derrière la maison, à côté du garage, nous avons aménagé un nid dans de vieux cartons et chiffons, pour Tigresse et les quatre chatons. D'ici l'hiver, ils auraient grandi et trouvé à se loger ailleurs dans le voisinage car nous n'avions pas l'intention de les garder chez nous. Les deux petits blancs étaient particulièrement volages et délurés. Ils eurent tôt fait de réduire leur logement en charpie.
Nous n'avions pas de sympathie pour Tigresse sur qui planait un doute dans l'affaire de l'assassinat du lapin. De plus, elle était autoritaire et n'était
pas gentille avec Kiki qu'elle tenait un peu à l'écart des autres.
Elle lui donnait des coups de patte sournois. Kiki n'avait d'ailleurs jamais droit qu'aux restes de nourriture de ses frères. Sur une photo, on la voit, en retrait, assister aux ripailles familiales. Aussi grandissait-elle plus lentement.
Je suppose que les trois chatons se sont fait adopter dans d'autres familles du quartier.

Ils revenaient jouer de temps en temps dans le saule ou le pommier. On les voyait traverser les rues adjacentes, parfois au péril de leur vie.
Kiki ne quittait pas sa maman qui pourtant n'était pas tendre avec elle. Je ne me souviens plus du temps que dura son enfance car sa taille était plus petite que celle de Tigresse. Chats sauvages, ni l'une ni l'autre ne se laissaient approcher. il ne fallait pas essayer de les caresser. Vint le temps où les mâles du quartier se donneraient rendez-vous dans notre jardin autour de Kiki qui userait de son charme tout en se refusant. "Tu vois comme elle les provoque. Toutes les mêmes. Une allumeuse, ta petite Kiki!"-" Tu n'y connais rien aux femmes, répondait ma tendre épouse". Quant aux trois autres, ils disparurent avec le temps, soit qu'il leur était arrivé malheur - les chats sauvages ne vivent pas longtemps, ils se font enlever par la fourrière avec la fin que l'on devine -, soit qu'ils aient suivi leurs parents adoptifs vers d'autres cieux pas nécessairement plus cléments.

Il me semble que Kiki était bien plus attachée à nous et à la maison que sa mère. Elle pouvait nous observer à travers la porte vitrée ou la fenêtre de la cuisine pendant de longs moments. Elle n'exigeait rien sans espérer toujours. Même quand la porte était ouverte, elle n'entrait pas. Son regard humide implorait notre amitié qu'elle ne pouvait reconnaître que dans le geste de la nourrir, parcimonieusement. Nous avions choisi de ne pas lui enlever sa liberté, de lui laisser le choix d'aller et venir, de garder son statut de chatte sauvage qui n'appartenait qu'à elle-même. Malgré cela, elle nous restait fidèle. Il suffisait de l'appeler pour qu'elle apparaisse, comme par miracle, sur le toit de la serre qu'elle dévalait à toute vitesse.


Tigresse s'est fait écraser au carrefour, près de chez nous, la veille d'un W.E. où nous avions invité nos enfants et petits enfants. Nous nous sommes empressés d'enlever sa dépouille couverte de sang, pour éviter que les autos ne continuent leur horrible travail. Beaucoup de chats sauvages finissent comme ça dans nos villes surpeuplées d'animaux. Peu de temps après sa fin tragique, quelqu'un est venu sonner à notre porte.

-C'est à vous , ce chat ? Il était sur les marches, il veut entrer chez vous.


-Non, mais je le connais.


Effectivement, je l'avais reconnue. La grand-mère, la maman de Tigresse. Fidèle à mon attitude je ne lui ai pas permis d'entrer dans le couloir mais lui ai ouvert la porte du jardin. Elle me donnait l'air de vouloir quelque chose. Revenait-elle sur les lieux du crime ou cherchait-elle sa fille disparue ? Pourquoi n'avait-elle pas emprunté le chemin que tous les chats du quartier connaissent par coeur ? Elle est partie dans les taillis et je ne l'ai plus revue. Á ma connaissance elle n'es plus jamais revenue. Ma femme, à la suite de ce qu'elle appela une intrusion, opta définitivement pour l'hypothèse du meurtre du lapin par l'ancêtre de Kiki. En tous cas, je ne crois plus que les liens de famille, chez les chats, disparaissent dès qu'il sont adultes. De plus les animaux sont dotés d'intelligence. J'ajouterai que s'ils n'ont pas d'âme, les humains n'en ont pas non plus.


(A suivre)

dimanche 2 août 2009

KIKI







Il était une fois un grand jardin visité par tous les chats du quartier. Une espèce de parc public pour chats sauvages ou abandonnés, des chats sans colliers. On les baptisait: anthracite, un petit noir naturellement, roussillon, un rouquin taché de blanc, blanche neige, une chatte immaculée avec des airs de reine, le boiteux, un gris bleu avec une patte raccourcie, le cousin, un tigré à la grosse tête de matou, un couple qu'on appelait les grands parents, vous découvrirez bientôt pourquoi. Tous ces chats apparaissaient et disparaissaient à tour de rôle, selon les jours ou les heures de la journée. Il y en avait du matin, de l'après-midi, du soir et de la nuit. Nous ne faisions rien pour les attirer. Aucune clôture n'est infranchissable pour un chat.
Nombre d'entre eux venaient de jardins voisins, en passant sur le toit courbé de notre vieille serre. Rien de plus facile.
Un matin, entrant dans la cuisine, nous vîmes un couple de chats plus âgés, installés sur le paillasson, derrière la porte vitrée. Ils regardaient à l'intérieur avec une curiosité manifeste. Quelle impertinence ! Ils ne sont partis que lorsque ma femme ouvrit la porte pour se rendre dans le jardin. Ils avaient l'air satisfaits, comme des chats qui ont découvert ce qu'ils voulaient. Quelques jours plus tard, ils sont revenus accompagnés d'une chatte au ventre tout rond que nous n'avions jamais vue et qui ressemblait à s'y méprendre à la femelle du couple.
"On dirait qu'ils veulent nous faire adopter leur fille qui attend des petits, avait dit ma femme." Je pense qu'elle avait vu juste. Elle connaît bien la gent féline. "Pas question, ai-je répondu."
Dans la suite, la petite maman chatte est revenue régulièrement seule, la panse de plus en plus grosse. Jusqu'au jour où son ventre reprit, pfuit, son volume d'avant et son élégance.
De temps en temps, nous lui donnions des restes de viande qu'elle s'empressait d'emmener dans sa gueule. Elle courrait sur le toit de la serre vers celui d'une masure dans lequel elle disparaissaît illico presto. "Elle apporte à manger à ses petits, affirmait ma femme." Ce petit jeu continua un certain temps.
C"était une jolie chatte tigrée, avec des pattes et une bavette blanche. On ne lui a pas donné de nom. C'était pourtant contraire à nos habitudes. Quasi tous les chats qui franchissaient l'enceinte du jardin recevaient un nom en guise de carte d'identité. Pourquoi ne pas l'avoir nommée tigresse, par exemple ?

Un jour d'automne, le jardinier qui vient élaguer les arbres chaque année frappa à la porte de la cuisine:
- Monsieur, c'est normal qu'il y ait un lapin dans les taillis ?
- Un lapin ? Non, nous n'avons pas de lapin. Vous êtes sûr ?
- Mais, oui, venez voir.
Effectivement, il y avait un joli lapin roux aux yeux bruns et oreilles blanches qui se cachait sous un rhododendron. Que faisait-il là ? Nous ne mîmes pas longtemps à comprendre. C'était la fête dans le quartier, à la foire du parc de la commune, le public pouvait gagner des petits lapins vivants plutôt que des lapins en peluche. Que fait-on avec un lapin qu'on ne peut ou ne veut garder ? On s'en débarrasse dans un grand jardin. Et voilà la solution du mystère.
Pauvre petit lapin, il n'a pas vécu longtemps. Nous l'avons retrouvé le lendemain matin, égorgé comme un vulgaire moineau. Assurément, c'était l'oeuvre d'un chat. Lequel ? Seule celle qu'on aurait pu nommer tigresse avait un mobile. Défendre la place future de ses enfants dans le jardin. "Mais non, disait ma femme, ce sont les parents qui ont commis cet acte, la petite mère est incapable de perpétrer un meurtre pareil."- " Crois-tu ? ai-je répondu. Où est-elle cette marmaille qu'on ne veut mettre en concurrence avec un lapin?"
La marmaille ne se fit plus attendre. Tigresse, appelons la comme ça définitivement, alla chercher ses quatre marmots, un par un, dans le toit de la masure et les déposa sur le paillasson face à la porte de la cuisine. Deux petits blancs avec des taches grises, un chaton tigré des pieds à la tête, et une mignonne petite chatte tigrée à pattes blanches et bavette de la même couleur, le portrait tout craché de sa mère et de sa grand mère, une minette qu'on désignerait sous le nom de Kiki plus tard.
(à suivre).