lundi 6 juillet 2009

Chute libre


Le grand saut, comme une naissance ou une renaissance. Demain on peut recommencer.

Nous sommes-là, autour de lui...















Dans l'Antonov, moniteurs, pilotes, élèves, paras, conscients
de l'importance du moment. On monte à quatre mille mètres
en dix minutes. Nicolas semble confiant dans celui qui le
prendra sous ses ailes, qui lui apprendra à voler.

























La trappe est ouverte, le tandem est un des derniers à sauter.
Une fois le parachute ouvert, il restera longtemps dans les airs à tournoyer, se balancer
au gré des courants ascendants.
















Un couple d'oiseaux descend à 200km à l'heure vers la terre
qui se rapproche. Le rêve d'Icare se réalise.





"...Quelle drôle d'expression que chute libre. De quoi la chute peut-elle bien être libre ? Libre que cesse la chute ? Libre d'arrêter le cours du temps ? Non ! elle est libre comme la pierre qui tombe et qui dit je choisis de tomber.
Dans le bloc-notes de Sylvain Tesson, N° 321 octobre 2008
de la revue Grands reportages.












































































L'éclosion est brutale, la fleur s'épanouit à 1500 mètres d'altitude

Parachute ouvert dans le soleil, les deux hommes sont à la verticale.




























Et voilà...























dimanche 5 juillet 2009

Le saut de l'ange à Cerfontaine

Voilà la position que Nicolas devra prendre pour sauter dans le vide au-dessus du lac et des bois de Cerfontaine.



Le tandem filmé par la photographe descendu en même temps que le couple de parachutistes qui vient d'atterrir après une descente de 4000 mètres dont 2500 en chute libre.



Quelques secondes avant l'atterrissage!



L'Antonov capable de transporter jusqu'à 28 parachutistes qui se précipitent dans le vide par la trappe arrière à 4000 mètres d'altitude. Cet appareil russe est un descendant de l'Antonov de la dernière guerre.



Mon petit fils Nicolas revêtu de sa combinaison quelques minutes avant de monter dans l'Antonov





Nicolas et Luc, le moniteur qui le prendra en tandem.
D'abord, j'étais réticent. Un cadeau empoisonné pour ses dix-huit ans. S'il lui arrivait quelque chose...A-t-on idée de proposer à un jeune de sauter dans le vide et de connaître la trouille de sa vie. Ma fille qui est la marraine de Nicolas a parfois de drôles d'idées, bon, soit...On ne la changera pas, et puis, Nicolas peut refuser...Sa mère qui fait du para pente et du planeur, de temps en temps, son autre grand père qui était pilote à Saint Hubert, n'auraient pu s'y opposer. Et d'ailleurs, pourquoi s'y opposer...Les accidents sont rarissimes et les moniteurs de l'école de parachutisme sportif de Cerfontaine hypercompétents.
Quand j'ai vu Nicolas, il était pâlot, il n'avait pas beaucoup dormi. Tout le monde l'a immédiatement mis en confiance. Luc, qui l'amènerait à bon port connaissait son boulot. C'était son ange gardien en quelque sorte. Ils monteraient ensemble au septième ciel en descendant de 4000 mètres.
Au moment où ils sont largués , c'est à peine si on voit l'Antonov étinceler dans le soleil au dessus des lacs de l'Odeur. Les parachutistes sont invisibles tant que le parachute ne s'est ouvert. Celui de Luc et Nicolas, un blanc et bleu. Là, là, là...Mais non c'est un jaune. Une jeune femme les a accompagnés à quelques mètres, avec sur son casque une caméra pointée
vers le couple enlacé, Nicolas devant Luc, et dans les mains un appareil de photo. On aurait un double reportage, une vidéo et plus de 100 photos. "Arrête de bouger, Nicolas, les photos seront floues..." Quel boulot ! Et tout cela en descendant de la haut. J'attends avec impatience les deux reportages. J'espère que je pourrai en faire quelque chose dans mon blog.
Quasi tous les paras reprennent contact avec la terre sur leurs pieds, debout. Pour les tandems c'est impossible.
On ne peut mieux comparer ce saut de l'ange qu'à un rituel d'initiation, moderne, une entrée dans le monde, à l'âge de dix-huit ans. Après , à Dieu va!
"Alors, est-ce qu'il a aimé ?"
"Tu veux que je t'explique ?"...







jeudi 2 juillet 2009

Agenda de " La chambre noire du calligraphe"


Le bateau tourne

Aile de papillon blanc

Sur l'eau turquoise


La femme parle

D'un ton grave de fumeur

A la mer morte


Du bec un moineau

Picore dans le sable

Trop discrètement


Un petit d'homme

Nu de la tête aux pieds

Creuse la vague








On trouvera ma nouvelle publication:





-Chez moi, botquin.jean@tvcablenet.be je livre à domicile.


-En ligne chez mon éditeur, Éditions du Cygne, Paris.


-Dans les librairies françaises, sur commande.




-Les 29 et 30 août 2009 à l'Abbaye Saint Denis (Casteau) où je la dédicacerai au cours des deux journées d'exposition organisées par le rotary club de Soignies.


-Les 14 et 15 novembre 2009 au Salon littéraire de Tournai (Tournai-la-Page).




-Présentation de mon livre à l'A.E.B. (Association des écrivains francophones belges) le mercredi 21 octobre 2009


-Présentation au Grenier Jane Tony, le samedi 5 décembre 2009

mardi 23 juin 2009

Les haïkus de juin (suite)

















Les mots trahissent
Les couleurs invisibles
Ils ne voient rien


Les feuilles doigtées
Du figuier nous font signe
D'attendre leurs fruits


Les chênes lièges
Escamotent leurs bottent
Au bout de sept ans


Pourquoi des bottes?
Les chênes verts rabougris
Cachent leurs glands noirs


Le vieux caroubier
Chantonne sur le flanc gris
De la colline


Le bel arbousier
Rond prépare sa gelée
Dans la garrigue


Le figuier de la paix
A des cheveux argentés
Sur les épaules


L'acacia jaune
Aspire l'air desséché
Brûlant la gorge


Seul le mimosa
Le long de la route sait
L'odeur de son coeur




lundi 22 juin 2009

Haïkus de juin (suite)

Dans les roseaux verts
Le long d'un miroir discret
Des amoureux nus



Myrthes et cistes
En lisière du chemin
Embaument le ciel
Montent les brumes
Sur l'ocre chaud des maisons
Et lauriers de sang
Une scie coupe
Le dimanche en morceaux
De silences noirs
Fourmi qui coure
Sur ma page,emprunte
Les passages piétons
Des passages piétons?
Oui, entre chaque tercet
Tu ne risques rien




dimanche 21 juin 2009

Cinq haïkus de juin

Le temps s'efface
En l'espace du chemin
De la patience
L'homme s'allonge
Sous une pierre froide
Et croise les doigts
Le sable coule
Entre les palmes
Blanc comme l'été

Un pin parasol
Fait le rond dos au soleil
Le pêcheur s'assied

Quand les pins d'Alep
Se penchent sur l'étendue
Les barques glissent

Cinq cyprès en bord
De mer montrent l'infini
Du bout de leurs doigts



Les haïkus des jardins fauves (J.B.)

Un figuier sème
Sur le jeu d'émeraudes
Des fleurs barbares
Les lauriers roses
Reposent sur le front haut
Des jardins fauves
L'immortelle ment
En dégageant son odeur
De curry indien

vendredi 19 juin 2009

Les haïkus de la pluie (J.B.)






Merle du matin
Regardant l'eucalyptus bleu
Il siffle trop fort
Si merle chante
La pluie viendra surprise
Rincer son linge

L'oiseau a eu vent
D'une tempête noire
Il s'est envolé
Quand la pluie tombe
Le temps refait ses comptes
Et l'herbe verdit
Les nuages filent
Un mauvais coton sale
Qui sent l'orage
J'ai ôté chapeau
Cravate et chemise
L'eau me fait l'amour
Chaudes les gouttes
Roulent sur les deux vitres
Dans un soleil d'eau
L'oiseau dégoûté
N'est plus venu nous saluer
Haut sur son perchoir
La pluie est entrée
Sous la fenêtre fermée
Comme un déluge
Quelqu'un enfonce
Des clous quand l'eau éveille
L'espoir du soleil

jeudi 18 juin 2009

Les Haïkus d'une chambre d'hôtel.( J.B.)


Le vent fait danser
Les volets et les rideaux
Cachent leurs secrets
Un rai lumineux
Perce la chambre où dort
Le corps en éveil
Elle écartait
Les jambes d'un soupir
Dehors le vent fort
Ses yeux verts posés
Jades sur les draps de lin
Rêvent d'un départ
Les yeux arrondis
Entourent les aréoles
Nacrées des roses
Elle s'offrirait
Ainsi ventre dénoué
Dans un médaillon
Les volets fermés
L'univers peut s'agrandir
Indéfiniment
Les volets ouverts
Le monde se dissipe
Dans la lumière
Vient alors l'île
Qui se dévoile, bateau
Sans plus d'amarres
Le soleil brille
Derrière les voiles bleus
Son corps soupire
Á la dérobée
La femme alors frôle
Son recueillement
Quelqu'un tousse et
Me réveille, j'avance
Mes doigts sur elle

mardi 16 juin 2009

Le temps des mangues vertes d'Ariane François-Demeester.


Une lecture de vacances : Le temps des mangues vertes d’Ariane François-Demeester.

Nous avons quelques heures d’attente avant notre départ pour l’aéroport d’Olbia (Sardaigne). Les valises sont bouclées, les maillots de bain inaccessibles. Le divan en osier est confortable. Au coin du patio l’air circule. Il y fait frais. Á travers les larges baies de ce que l’on pourrait comparer à un cloître moderne, le soleil étincelle dans un grand laurier blanc échevelé, les bougainvillées tempèrent la lumière. Derrière nous, quelques pins et cistes dégagent une odeur prenante. Á cette heure l’hôtel est calme. C’est l’heure de la sieste incontournable, les volets sont clos, les voix pointues des enfants se taisent. L’hôtel est situé entre Laconia et Cannigione sur la baie tranquille d’Arzachena. Ici, ce n’est pas l’Afrique mais ça lui ressemble. Juin est déjà très chaud mais toutes les journées sont émaillées de moments venteux agréables qui sèchent la peau moite, et produisent du désordre dans la chevelure des eucalyptus et des italiennes fort préoccupées par leur apparence physique.

J’ai terminé le beau « récit de vie » de mon amie Ariane, Le temps des mangues vertes. Endroit idéal pour lire ce livre car le climat, la végétation me rapprochaient des descriptions d’Ariane et m’y rendaient plus sensible. L’auteure a passé quarante ans de sa vie au Congo et au Katanga. Tous deux nous sommes originaires de Courtrai. Nous aurions pu nous rencontrer dans notre ville natale pendant notre enfance du moins dans les années qui précédèrent la guerre. Nous avons arpenté les mêmes rues, à la main de nos parents ou dans les rangs d’école. J’ai retrouvé dans son récit les atmosphères typiquement flamandes de la branche flamande de ma famille. Mes enfants sont nés dans la clinique attenante à l’Institut Saint Nicolas où Ariane reçut sa première éducation scolaire.
Le tremblement de terre de 1939, gravé dans ma mémoire, elle l’a également vécu à Courtrai, avant de (re)partir au Congo.
Qui de m’a génération n’a pas connu l’un ou l’autre administrateur territorial de l’ancien Congo belge qui contribua à créer une structure, enviable à bien des égards, dans notre ancienne colonie ? Ma sœur et son mari diplomate ont vécu quelques années à Léopoldville tout juste avant l’Indépendance. On comprendra donc que j’ai pris un réel plaisir à lire ce très beau livre qui raconte, avec un talent incontestable, les très belles années d’enfance d’Ariane et de ses frères et soeurs, avec aussi une sincérité, un amour pour les siens, même pour ceux avec qui il était parfois plus difficile de vivre car, à l’époque, la discipline et la rigueur étaient la règle.

On a tenu dans une émission de la RTBF, reprise sur Arte, des propos déplacés à l’égard d’Ariane François, traitant celle-ci de négationniste. Cette allégation est parfaitement injustifiée. Elle parle du système colonial, avec ses différences sociales et raciales, dans des termes qui ne permettent pas de tirer pareilles conclusions.

C’est, selon moi, un des meilleurs livres de la collection Merlerouge des Editions Memory Press, dédiée aux souvenirs d’enfance. Ce n’est pas un livre consacré à la critique du colonialisme, à la belge, dont on sait qu’il fut en moyenne, à quelques exceptions près, moins cruel que le colonialisme anglais et français ou que l’esclavagisme de certains états musulmans.

vendredi 29 mai 2009

Mon Amour,

Sous le feuillage de mes chênes, je vous écris. Le vent est tombé, la chaleur me fait penser à vous qui savez m’en entourer. L’ombre du chêne que j’ai choisie pour vous écrire cette lettre est celle dans laquelle nous avons eu notre dernier échange avant que vous ne partiez. La même douceur, la même lumière. Vous vous souvenez ? Il faisait un temps magnifique. Les collines, au loin, fuyaient, de courbe en courbe. On voyait les brumes monter des vallées. Bientôt elles s’étendraient en couches irrégulières teintées de safran et de pourpre sous les derniers rayons de soleil.
Toute la journée nous avions tu notre tristesse, nous donnant le change afin de ne pas ternir les instants précieux que nous avions la chance de vivre encore. Nous nous étions levés tôt, écourtant nos moments de tendresse passionnée du lever du jour. Vos regards embués m’avaient prévenu des heures fragiles qui risquaient d’abîmer nos prochains souvenirs. Nous avons choisi la sagesse de ne pas verser dans le mélodrame.
Vous avez arboré cette robe blanche bordée de dentelles que j’ai si souvent pris plaisir à faire glisser à vos pieds mais que je ne vous ôterais pas à nouveau, gardant en mémoire votre apparition nacrée que tant de fois j’avais baignée dans mon désir amoureux.
Refuser de vous toucher, inventer des caresses dans la subtilité de nos pensées, nous promener par les allées flanquées de cyprès disciplinés comme en Toscane, en nous donnant la main à la manière de ces gens en vacances, boire un verre de vino nobile rafraîchi à la terrasse d’un hôtel qui nous avait accueilli en des moments de passion urgente et me contenter de la douceur de vos sourires émerveillés.
Avons nous réussi à tenir notre pari silencieux, à respecter notre souffrance en la remplaçant par cette sérénité nouvelle que nous devrons apprendre à vivre et que nous adoptions déjà en ces quelques heures précédant votre départ. Je le pense.
N’attendez pas trop longtemps avant de m’écrire. J’ai hâte à redécouvrir votre écriture serrée aux jambages minuscules, aux lettres qui s’épousent dans une sorte d’impudeur pour former des mots dont la beauté me bouleverse.


En attendant de vous revoir, j’irai retrouver notre chêne, souvent, à l’automne je l’empêcherai de perdre ses feuilles. Je n’irai pas graver nos initiales ni clouer votre cœur dans son écorce. Je lui parlerai comme je vous écris.
Et il me répondra.

Je vous aime.

lundi 25 mai 2009

Du Haïku japonais aux chefs-d'oeuvre de la peinture chinoise

Voici le courriel que je viens de recevoir de Clio. Je ne puis résister à la tentation de l’importer dans mon blog et de vous le faire connaître. Grand merci Clio pour ce moment d'émotion.


"C’est superbe !!!
Merci à mon amie Francine ( de Corse ) pour cet envoi .
Bisous à tout le monde et bonne semaine .
Francine Clio ."


"Déplacez le curseur de long en large. Lorsque vous verrez apparaître des cadres blancs, cliquez sur ceux-ci. C'est un tableau très célèbre en Chine. Les gens font la file pendant des heures au Musée de Shanghai pour le regarder. Ce tableau a été peint vers 1085-1145, pendant la Dynastie de la Chanson Du nord. Il a été repeint pendant la Dynastie Qing. Il mesure 5m28 de large et 24,8 cm en hauteur. Il est considéré comme un des Grands Trésors de Chine et a été exposé dans le Musée d'art de Hong-Kong, l'année dernière. Contrôlez la vitesse de déplacement avec votre souris. N'oubliez pas de cliquer à l'intérieur des carrés blancs et allumez votre son.
http://www.npm.gov.tw/exh96/orientation/flash_4/index.html
C'est incroyable. Prenez le temps de tout regarder. Souvenez-vous de cliquer sur les carrés blancs quand ils se montrent [il y en a 3] et mettez le son."

N'est-ce pas merveilleux?
J'espère que vous lirez les haïkus de la Chambre noire avec autant de plaisir que vous avez eu à regarder cette peinture doublement vivante.