Leurs yeux glissèrent
Sur les couvertures luisantes
Sans laisser de traces
Une main transpirante
Sur mon recueil de poèmes
Qui s'évanouissent
Le temps long s'allonge
Encore sous l'oeil des badauds
Les gens s'espacent
A la Foire du livre de Bruxelles
mercredi 7 mars 2012
dimanche 26 février 2012
Le sequoia. Petit haïku pour un géant.
samedi 25 février 2012
Poème extrait de "Elégie pour un kaléidoscope."
Attente
La
première version de la nuit s'imprimait sur nos bouches
Nos
dents inscrivaient les mots qui nous touchent
Nos
doigts transcrivaient sur l'ardoise
les berceuses du soir
Je
dévoilais l'encolure voilée de voilures

J'allais
au-delà du climax des gestes exagérés sur les
murs
J'étais la houle
dans le mouvement de nos songes
Je m'assoiffais d'images que je chassais vers le
jour
Se glissaient les tentures tendues tout autour de tes bras
Alors
que fauves tes yeux fuyaient
de
phalange en phalange vers le cœur
Se
levaient les scellés sur l'angoisse des pôles aimants
jetant l'ancre en bordure des prés renaissants
lissant l'herbe de tes flancs éclatant de lumière
Je t'éclaboussais de pétales de joie
dont
je couvrirais la dernière version de la nuit en
toi
jeudi 23 février 2012
Retour à la Mer Occitane.
Tous deux montaient
bien au-dessus de l’horizon
dans l’ogive contenue de leurs épaules
de leur silence
Leurs doigts fleurissaient
et recueillaient
le nectar des roses
Par les fenêtres ils avaient regardé
frissonner l’aube
Les volets verts ne cachaient plus
la découverte de leurs corps
qu’ils offraient aux baisers de la mer
L’offrande était insoumise voire éphémère
toujours recommencée comme les regardsqu’on effeuille dans l’envol des ailes déployées
La mer occitane (extrait p.14 et 15)
dimanche 5 février 2012
mercredi 1 février 2012
Les lectures de mon adolescence
J’ai retrouvé, il n’y a pas longtemps, une partie des livres
qui composaient ma bibliothèque d’adolescent. Les plus prestigieux
malheureusement ont disparu. La bibliothèque verte avec une collection
importante de Jules Verne, auteur que j’ai adoré durant ma jeunesse, manquait à
l’appel. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. Ma passion pour les romans
d’aventures de Jules Verne est aujourd’hui toujours présente. Ce grand écrivain
populaire contribua certainement à former mon goût pour l’écriture et la
littérature. Le tour du monde en quatre-vingt jours continue à nourrir mes
rêves.
J’ai lu comme tous les jeunes de ma génération les livres du
Jésuite américain, Francis Finn :Tom Playfair, Claude Lightfoot, Percy Wynn, Harry
Dee…Puis, plus tard sans doute, les livres du Père Humblet dont le fameux
« Parole de scout ». La lecture de ces livres illustrait nos
activités de scout d’après- guerre et faisait
partie de notre formation et de notre culture sociale sans doute avant d’alimenter
d’éventuels penchants littéraires. Lectures aussi profondément catholiques et
de moralité élevée.
Nos activités scoutes
nous amenaient, mon frère et moi, à visiter la boutique scoute de
Tourcoing lorsque nous allions chez ma grand-mère. C’est là que j’appris à
connaître la légendaire collection Signe de Piste des éditions Alsatia, dont
maints volumes ont été illustrés par le talentueux Pierre Joubert qui contribua
à façonner l’image d’une belle jeunesse idéalisée. Je ne citerai que la saga du
Prince Eric, romans de jeunesse inoubliables, admirablement bien écrits par
Serge Dalens, « Le bracelet de vermeil » , « Le Prince
Eric », « La tache de vin » , « La mort
d’Eric »…Tous ces livres je les possède encore, sauf hélas le fameux
Prince Eric qui enchanta toute mon adolescence et que j’ai offert à ma première
fiancée.
Dois-je ajouter les œuvres de Hergé dont nombre de volumes
se sont perdus dans la nature ? Je les ai tous rachetés il y a deux ans.
Je ne pouvais plus vivre sans eux.
Libellés :
Au fil des jours,
Inédits et autres édités
vendredi 27 janvier 2012
Un séjour en blanc. Haïkus de Jean Botquin
Vent
en rafales
Sur
les toits qui soupirent
Dans
les soupentes
Interminables
nuits
Dans
les couloirs mystérieux-
L’hôpital
gémit
Sous
les fenêtres
Samedi
passent des Gilles
Quelques
gais lurons
Une
infirmière rit
Mon
fessier fait la grimace
Je
me contracte
Libellés :
Au fil des jours,
Inédits et autres édités
lundi 16 janvier 2012
Théâtre illusoire. Texte inédit de Jean Botquin
Théâtre illusoire
Théâtre des illusions
Ouvert sur une scène vide
Sans fond
Sans décors
Désert de nos maladies de vivre
Qui déborde dans nos alcôves
Où nous vivons endormis
Illusion de nos chambres ensablées
Théâtre sans protagonistes
Planté dans le vide de nos cerveaux
Dépeuplé
Où marche la mort qui nous guette
Invisible rodeuse hantant nos pupilles
Et les battements du cœur
Qui peuvent s’interrompre
Si elle voulait nous suspendre
Et quand nous aurons quitté ce théâtre
Dont le rideau s’est ouvert
Sur le miroir de l’inexistence
Quand nous aurons soufflé
La flamme éclairant le vide de la scène
Et après
Dans quel autre théâtre serons- nous surpris
Par la langueur des anges.
Haïkus du mois de janvier
Merle
et corbeau dansent
Une
ronde noire quand l’orfraie jaune
Pousse
des cris stridents
Des
tambours en rue
Font
claquer tous les sabots
Des
Gilles en sarrau
dimanche 15 janvier 2012
L'identité.
Ton identité s’enfonce dans la
lumière et je caresse l’obscurité.
Henri Falaise
L‘identité
(Brève inédite de Jean Botquin)
Il cherchait son identité.
Ce qui le différenciait des autres. Ce qui faisait qu'il était lui, et pas un autre. Il s'appelait Anselme. Ce nom lui plaisait. Il n'avait jamais rencontré un autre Anselme. Il pensait
qu’il était unique. On ne pouvait donc pas le confondre. C'était rassurant. Néanmoins, il n'était pas sûr que ses parents ne se fussent pas trompés de nom à sa naissance. Autrement dit, il était peut-être le fruit d’une
erreur. Comment savoir s’il existait vraiment.
Quand il était petit, il allait
se baigner dans la rivière avec Théodore, son
cousin. Théodore était circoncis. Il était convaincu qu’il était né comme ça et
fier de montrer son gland tout rose et lisse à Anselme qui était muni d’un capuchon
inutile. « Tu devrais te faire enlever ce bout de peau. C’est laid et ça
ne sert à rien »
Ensemble, ils s'étaient regardés dans le miroir de la chambre des parents, un jour qu'ils étaient seuls. La petite différence mise à part, ils étaient pareils, la peau blonde, les yeux
bleus, les jambes
et les genoux identiques. Ils avaient plus qu'un air de famille. D'ailleurs,
tous les garçons de la classe,
à peu de chose près, étaient faits de la même manière, cela se voyait à l'oeil nu. Plus tard,
quand Anselme commença à
fréquenter les filles, il s'aperçut bien vite qu'elles se ressemblaient toutes, les unes plus grandes ou plus petites, les autres
plus belles ou plus laides.
Elles avaient le même goût et la même odeur, selon
l'heure de la journée. En parlant des
filles, la mère d'Anselme disait souvent: « La nuit tous les
chats sont gris ».
Puisque tout le monde est pareil, que les différences sont vraiment insignifiantes, pourquoi s'en faire ?
Mais lui continuait à s'en
faire, au fil des années, c'était plus fort que lui. Il ne voulait pas être confondu comme le passe-muraille avec le mur qu'il traverse. Il disait: « Suis-je au-delà du point où
l'on se trouve quand on est passé ou sur le point de passer le pas de
son trépas ?» Ou encore: « Les gens
confondent la peau d'âme avec la
peau d'âne... ». Cela ne voulait
strictement rien dire. Personne ne le
comprenait. Pour qui se prenait-il ? De plus, souvent, il se surprenait
à copier les autres, surtout ceux qu'il
aimait ou qu'il redoutait. La façon de
parler, de s'habiller, d'écrire, de
manger, de fumer. Il faisait de grands gestes comme son patron, terminait ses phrases avec un sourire de maître à penser. C'était ridicule et vraiment contradictoire! A défaut d'avoir une identité, il squattait celle des autres ou ce
qu'il croyait en être une, car si les
autres étaient comme lui , il n'avait
pas grand- chose à leur emprunter.
La psychanalyste d'Anselme
ressemblait à sa mère. Elle se taisait beaucoup,
peut-être parce qu'elle n'avait pas grand-chose à dire.
Anselme, lui, parlait sans s'arrêter. Un jour il lui parla du Père et du Fils. Le premier ne reconnaissait plus le second crée pourtant à son image. Anselme se demandait si le second n'avait pas enfin trouvé son identité. Une fois
n'est pas coutume, la psychanalyste soupira profondément
en suggérant une question: « Peut-être
faudrait-il se demander si l'identité n'est pas assimilable à la
similitude ».
Les psychanalystes, quand ils
parlent, n'en disent pas plus que quand ils se taisent.
dimanche 8 janvier 2012
Etre. Texte inédit de Jean Botquin
Être
Il voulait être
Alors qu’il n’était rien
Îlot antinomique d’illusions
Accouplement d’âme et de corps
Isthme entre noyau et fruit
Entre pulpe et peau
Synthèse pacifique
Pont à contrepoids
Il voulait être
Alors qu’il n’était plus rien
Exil de soi
Fuite en avant
Avant la mort immobile
Contraire de soi
Même le mensonge des autres
À défaut d’être soi-même
Quatre lettres.
mardi 3 janvier 2012
Haïkus du nouvel an
Haïkus
du nouvel an
Toutes
les feuilles
Sont
tombées mais la neige
Attend
l’an nouveau
Le
matin se lève
Un
sourire bleu aux lèvres
L’espérance
culmine
Colliers
de haïkus
Au
cou des princesses naissant
Des
brumes océanes
Les
haïkus aussi
S’envolent
– oiseaux migrateurs
Aux
ailes repliées
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