jeudi 2 décembre 2010

Une conception moderne de la poésie. Jean Botquin

Blood and poetry de Jacques Charlier
Galerie Vilenne Liège



Une conception moderne de la poésie

La poésie a beaucoup évolué. On est loin de nos anthologies de poèmes classiques – de la versification et de la métrique – qu’on nous faisait lire et apprendre par cœur dans l’art immémorial de la déclamation. Certains cultivent encore ce mode d’expression. Il suffit de compulser des revues de poésie – surtout françaises – pour découvrir ( avec ennui ?)- des rimailleurs « primesautiers » qui excellent dans ce mode un peu provincial et prosaïque. Cette poésie n’a de poésie que le nom. Ce sont les rimes qui rythment la cadence en guise de musicalité. Loin de moi de vouloir prétendre que la versification ne peut s’accompagner d’idées originales, d’images réussies et que de ce type de poésie ne puisse se dégager un certain esthétisme. Il y a de magnifiques exemples.
Á l’autre extrême, depuis Verlaine, Mallarmé, Valéry, Rimbaud et Apolinaire, il y a une poésie libre – dans son expression - qui a rejeté toutes les formes anciennes et les règles formelles et qui attache plus d’importance au fond et à la magie des mots formulés par notre inconscient. Ce qui ne veut pas dire que cette poésie évolue en toute liberté. Elle est nécessairement tributaire de son auteur, de son psychisme, voire de sa spiritualité. Sa nécessité ne découle pas de sa forme mais de sa nature profonde. Elle n’obéit qu’à elle-même. Selon moi, elle reste accessible aux autres, si elle ne verse pas dans les outrances de l’écriture automatique ou de la poésie dadaïste, hermétique et, par conséquent, incompréhensible pour le lecteur qui ne possède pas les clefs (chaque poète ayant la sienne) de décryptage d’un langage ésotérique.
Je considère qu’en tant que poète d’aujourd’hui, j’ai peut-être eu la chance de ne pas avoir été formé en poésie classique. J’y suis incompétent.
J’ai commencé à écrire de la poésie en fin d’humanités gréco-latine. Ma poésie était très proche de la prose. Une prose dotée de musicalité – je l’espère – inspirée uniquement, ou presque, par des images issues du réel, de la nature, utilisées analogiquement pour exprimer des sentiments poétiques ou romantiques, au départ d’un état d’âme : le spleen des jeunes, le cafard de l’oisiveté, les sentiments amoureux suscités par des premiers émois ( pas le véritable amour qui vient beaucoup plus tard et qui confine à l’expérience de la mort. Voir Lettres à un jeune Poète de Rainer Maria Rilke). Était-ce de la poésie ? Je ne le crois pas. Je l’ai cru.

(à suivre)

3 commentaires:

Pascal a dit…

Á l’autre extrême, depuis Verlaine, Mallarmé, Valéry, Rimbaud et Apolinaire, il y a une poésie libre – dans son expression - qui a rejeté toutes les formes anciennes et les règles formelles et qui attache plus d’importance au fond et à la magie des mots formulés par notre inconscient. Ce qui ne veut pas dire que cette poésie évolue en toute liberté. Elle est nécessairement tributaire de son auteur, de son psychisme, voire de sa spiritualité. Sa nécessité ne découle pas de sa forme mais de sa nature profonde. Elle n’obéit qu’à elle-même. Selon moi, elle reste accessible aux autres, si elle ne verse pas dans les outrances de l’écriture automatique ou de la poésie dadaïste, hermétique et, par conséquent, incompréhensible pour le lecteur qui ne possède pas les clefs (chaque poète ayant la sienne) de décryptage d’un langage ésotérique.
Je considère qu’en tant que poète d’aujourd’hui, j’ai peut-être eu la chance de ne pas avoir été formé en poésie classique. J’y suis incompétent.
J’ai commencé à écrire de la poésie en fin d’humanités gréco-latine. Ma poésie était très proche de la prose. Une prose dotée de musicalité – je l’espère – inspirée uniquement, ou presque, par des images issues du réel, de la nature, utilisées analogiquement pour exprimer des sentiments poétiques ou romantiques, au départ d’un état d’âme : le spleen des jeunes, le cafard de l’oisiveté, les sentiments amoureux suscités par des premiers émois ( pas le véritable amour qui vient beaucoup plus tard et qui confine à l’expérience de la mort. Voir Lettres à un jeune Poète de Rainer Maria Rilke). Était-ce de la poésie ? Je ne le crois pas. Je l’ai cru.

"Je considère la poésie, comme une femme blonde, avec des yeux bruns, des yeux empreints de la couleur de notre terre, je la considère comme le premier baiser, celui que l'on n'oublie jamais, et qui vous fait encore vibrer lorsque votre coeur s'abandonne aux souvenirs...

Il est évident que la poésie d'aujourd'hui n'est plus la poésie classique des Victor Hugo et d'Hérédia, loin aussi de Rimbaud et de Verlaine... les précurseurs des changements qui nous ont mené à une écriture libre et libérée des règles de la versification...

La prose poétique est bien plus vivante, et permet aux poètes de s'exprimer sans contraintes autres que celles de l'expression du vrai...

Car sans soucis du vrai, la poésie n'a aucun écho, elle se meurt dans les grottes humides et chaudes, noyée par la masturbation de l'esprit...

La prose est chantante, gaie proche du langage courant et moins ardue à lire...

Ses sujets sont pour moi surtout l'expression de l'âme du poète, et l'expression des couleurs fugitives qui vont et viennent au cours des saisons et du temps...

j'aimerais être un voyage dans le temps et retourner dans la Grèce d'Aristote ou de Platon, et aussi retourner à Napoli, au temps de mes ancêtres les plus lointains et partager le pain et le vin... fruits de la paix et du travail des hommes...

à toi Jean,

Pasquale

jean.botquin a dit…

Pascal, la poésie n'est pas comme, elle est. Elle n'est pas comme une femme, sauf que celle-ci, souvent, est à l'origine d'une émotion qui suscitera l'expression poétique....

Anonyme a dit…

"Jean, je suis d'accord avec toi, qu'elle est, et non pas comme une femme.... Il se fait que dans ma vision personnelle, des choses, et de la poésie, que je la compare à une femme.... mais elle est plus parfaite qu'une femme, plus libre, plus belle, moins palpable certes, mais si féminine, au sens le plus pur du terme..."

11/12/2010