dimanche 20 février 2011

Invitation de la Sabam au mercredi spécial du livre de la Foire du Livre de Bruxelles, 18 février 2011

Présentation dans le salon de la presse de la Foire du Livre de Bruxelles.
Photos:
1.Pascal hoyois lit quelques haïkus.
2.Benoït Coppée me pousse dans mes retranchements


3.Marc Hermant, Administrateur Délégué de la Sabam raconte son roman "Entre les mailles du filet"...



Mon interview:
Qui suis-je ?

Je suis né, bien avant la deuxième guerre mondiale, dans une famille bourgeoise francophone de Flandre Occidentale où l’on parlait plus de chiffres que de lettres. Après des humanités gréco-latines en flamand, j’ai fait des études de Droit, en français, ma langue maternelle. Mon père, un self-made man, était directeur de banque. Mon enfance, la guerre, la personnalité forte de mon père m’ont marqué profondément. Je n’étais pas très doué pour les chiffres ; suffisamment, cependant, que pour devenir cadre de banque, à mon tour. Á l’époque, le métier de banquier était un métier noble et proche des gens.
On pourrait donc dire que je suis né dans une banque. J’y ai vécu, J’y ait travaillé. Elle m’a inspiré certains de mes livres. Elle m’a aussi permis de fonder une famille. Aujourd’hui je suis quatre fois grand-père. Et je me suis remarié avec une … banquière qui me pousse aux voyages, source permanente d’écriture.

Comment suis-je arrivé sur le chemin de l’écriture ?

Tous les chemins mènent à Rome. L’écriture est une ville éternelle. Quand j’étais jeune, je lisais beaucoup. J’avais de bons professeurs de littérature. J’avais d’excellentes notes en rédaction et en dissertation , tant néerlandaises que françaises. Je remplissais des carnets, je tenais un journal intime. Á l’ adolescence, l’amour ou ce que je croyais en être, me dictait des poèmes. Au cours de fiançailles interminables, j’ai abreuvé la future mère de mes deux enfants, de centaines de lettres. Je ne pense pas que mon goût pour l’écriture était inné. L’est-il jamais ? Écrire est un métier, un travail constant, rarement compatible avec une profession absorbante. J’ai vécu dans un milieu familial et professionnel où l’écriture faisait sourire. On ne naît pas auteur, on le devient progressivement, mais seulement après l’audace d’une publication. Ce pas, je ne le franchirais que beaucoup plus tard.

Quel est mon parcours d’auteur ?

Mon premier livre, un roman, « L’arbre des exécuteurs » (1996) a mûri pendant de nombreuses années et a connu plusieurs versions. Deux ans après sa parution, il obtenait un prix à Mâcon (France). Inspirée par mon milieu professionnel, c’est l’histoire d’un petit cadre d’une entreprise financière, poursuivi par son passé et ses obsessions.

Après, la machine ne s’est plus arrêtée ; je n’avais qu’à vider mes cartons remplis d’ébauches et de projets. Un second ouvrage en prose parut moins d’un an plus tard, cette fois sans difficultés : « La transhumance des banquiers ». Puis suivirent, en alternance, des recueils de poésie ou de prose poétique, deux autres romans et un recueil de 19 nouvelles.

Ma production littéraire (14 ouvrages) est aujourd’hui relativement diversifiée.Elle se caractérise par un besoin de raconter des histoires; chez moi, même la poésie adopte parfois le rythme d’un récit. Á cet égard « Le Front Haut » ( prix des joutes poétiques de Bourgogne) est représentatif. D’autres prix ont récompensé d’autres recueils de poèmes et certaines nouvelles.

Comment présenter mon livre ?

En 2009, j’ai abordé une poésie totalement nouvelle pour moi, inspirée des techniques des haïkus japonais. Deux livres parurent, quasi coup sur coup : « La chambre Noire du calligraphe » et « Bréviaire d’un quotidien ». Ces deux recueils sont , à la fois, le fruit d’une évolution et une espèce d’aboutissement. Dans la création poétique, je privilégiais la poésie libre à la poésie classique, les textes longs aux textes courts. Or, le haïku (tercet de 5,7,5 syllabes mais sans rimes) impose une rigueur qui force le poète à exaspérer l’expression poétique pour la rendre plus fine et plus pure. C’est, en quelque sorte, une ascèse de la pensée et de la métaphore. Les deux recueils, ensemble, totalisent plus de 500 haïkus qui peuvent être lus dans tous les sens, de gauche à droite, en diagonale, de haut en bas, de bas en haut. Le deuxième recueil comprend, en plus, deux longs textes de poésie libre, fort différente des haïkus.

Le véritable haïku japonais ressemble au sourire de certaines fleurs, il conte les heures et le temps qui passe, il décrit ce qui nous entoure mais avec un reflet intérieur. Quelqu’un m’a dit que mes haïkus restent néanmoins de nature occidentale Tant mieux, il faut rester soi-même.

Le haïku ne serait-il pas la dernière aventure d’un instant d’éternité ?

Quelle est sa genèse ?

Je dois à Piet Lincken, poète, compositeur, musicien, dramaturge, la découverte de cette métrique orientale.
Fin 2008, il avait crée un atelier d’écriture de haïkus au sein du Grenier Jane Tony, à Bruxelles, En 2009. les travaux de cet atelier furent présentés au cours d’une soirée organisée à l’Ambassade du Japon, à laquelle je me suis rendu, les mains vides, n’ayant pas participé aux séances de travail. Je me suis mis à la tâche, après.

C’est ainsi que j’ai découvert l’effet, inattendu pour moi, de la mise en scène de métaphores dont la signification, parfois, s’écarte d’une pensée originelle qui en cache une autre, plus profonde, et que le travail métrique révèle.

Le haïku ?

Un jeu de mots qui flirte avec l’arithmétique ?.

Et que pense-t-on de mes haïkus ?

Emile Kesteman :…Le mot est présenté dans son expressivité provisoire et découvre sa finalité dans sa floraison.
Ariane François –Demeester : qui peut s’enfermer dans sa chambre noire pour donner naissance à ces jeux de l’esprit, à ces …petits poèmes dont la clarté et la concision sont remarquables ?
Michel Joiret : En privilégiant « le peu », le poète trouve, presque naturellement, les pièces d’une attitude philosophique cohérente. Jamais anecdotique et cependant légère, l’écriture glisse le long des points topiques de la pensée et retombe pour amorcer une nouvelle séquence….
Mais la clef de la réussite …tient surtout à une perception, presque miraculeuse, de l’instant, à ce moment tout à la fois léger et précis qui isole l’instant du monde.
Quentin Louis : Le haîkus de Botquin se montre volontiers aussi gourmand d’allitérations que de sens…
P. Van Melle : c’est de la pure poésie de notre temps et de nos pays. De quoi prendre de jour en jour ou de service en service une de ses pages…
M. Decobu : …le résultat est surprenant : Ses tercets sont subtils, mystérieux, parfois énigmatiques. …la plupart sont le résultat d’une réflexion profonde, d’une interrogation inquiète ou d’une observation ironique.
Joseph Bodson : Ses haïkus sont pleins d’une fine ironie, de moquerie envers soi-même et l’écriture lui apparaît comme une sorte d’appeau, de leurre .Il a ici trouvé un ton mi-figue mi-raisin, mi sérieux mi-amusé qui lui convient parfaitement…


Comment accueilles-tu le mercredi du livre ?

Á vrai dire une très belle opportunité offerte aux auteurs qui cherchent à se situer dans un monde littéraire mouvant, à se faire connaître, et qui, dans un cadre convivial, ont l’occasion de rencontrer d’autres auteurs, aussi solitaires qu’eux .

3 commentaires:

Marcel Peltier. a dit…

Blog tout à fait intéressant ; je suis intéressé par votre travail sur les haïkus.

Marcel Peltier. a dit…

Blog très intéressant. J'apprécie votre approche toute personnelle du haïku.

jean.botquin a dit…

Merci monsieur Peltier...Voulez-vous assister à la présentation de"Bréviaire du Quotidien" par Michel Joiret, le mercredi 2 mars 17 heures à l'Areeuw, Espace Wallonie Bruxelles rue Marché- aux- herbes n°25