mardi 15 janvier 2008

Triangles de la Nuit des Temps



Le chant de YOUSSEF et de FATIMA

Youssef :

Ton souffle parfume le litham
qui borde tes yeux où sourit
la crainte de la gazelle ailée
prise au piège de la tendresse
de mes mains qui se taisent

Tes yeux bordent ton front
eau limpide de l’oasis
dévalant le djebel
que j’étais
avant le jour
où tu m’as rejoint
eau calme que je suis devenu
depuis qu’un signe t’arrêta
sur mon chemin

J’ai senti le frémissement
du début
comme le frémissement
de la fin
quand ton regard chassait le sable
de mes yeux encore endormis

Sous la courbe de tes cils
court l’ombre des palmes
où se repose le berger
sous le voile de tes paupières
repose l’ambre lisse de ton âme

Tu portes la brise fraîche de la nuit
tu es le moucharabieh par où s’envole
l’oiseau qui a replié ses ailes de soie
dans la tiédeur nocturne de la mechta
à ton passage les lauriers sauvages
ouvrent leur cœur rose
où se cristallise la rosée de l’aurore

Fatima :

Tu entoures mon cœur
comme la pulpe l’amande
tu as fendu le centre du fruit
d’un coup par l’ivoire de tes dents
mon amour se partage en quartiers
de grenade comme autant de parcelles
de joie qui désaltèrent ta langue
mon amour s’éparpille en pluie
de fleurs d’oranger sur tes épaules
que tu me caches encore
sur ma peau s’incurve le collier de corail
à mes poignets brillent les bracelets
d’argent ciselé à la pointe des rêves
mes lèvres sont sucrées comme la datte mûre
mes oreilles attendent les paroles de douceur
réchauffées par ta bouche

Vois par enchantement
la fibule ne retient plus mes voiles
tels des ailes mes bras me libèrent
mes jambes s’allongent comme l’ombre
des palmiers sous la lune
mes hanches s’arrondissent
sous le satin de ton regard

Je suis le frémissement
du début
comme le frémissement
de la fin
les aréoles de mes seins
se durcissent
tel l’émail du corail
dans les profondes plongées
des passions sous-marines
et s’ouvre au milieu
la rose première où perle
déjà la joie de mon appel.


Ce poème est extrait de "Triangles de la Nuit des Temps", recueil de poèmes publié en 1998. Les textes ont été illustrés par Thérèse Van Beveren, une amie artiste de Bruges que je rencontrai au Maroc. Depuis, j'y suis retourné cinq fois (voir aussi "Ténéré"), de même que deux fois en Tunisie et deux fois en Egypte. Les pays du Maghreb me passionnent. Aussi je dédie le poème d'amour ci-dessus à tous les visiteurs d'Afrique du Nord de mon blog et qui se font de plus en plus nombreux.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

2 commentaires:
Crescenet a dit...
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15 janvier 2008 17:5O

Anonyme a dit...
Pas facile de laisser un commentaire après lecture de ce fabuleux poeme.
Merci de votre visite. Je me demande comment vous êtes arrivé sur mon blog???
J'ai été surprise et heureuse de vous lire. Je ne méritais pas cela.
Je vous invite à visiter le blog d'un ami algérien
http://srigina.dzblog.com
Encore un tout grand merci.
Cristina.

19 janvier 2008 06:59

safir a dit…

Merci pour la visite et le commentaire. Je vais revenir demain et ok pour le changement des liens. Je suis quelqu'un qui lit beaucoup surtout l'histoire de cette région depuis l'instauration de l'empire de carthage par la princesse Elissa Didoune, en passant par les romains, les vandales, les bysantins, les arabes, les turcs, les français et la période post-indépendance.
Merci pour notre chére Cristina.

safir a dit…

Pour les liens ok, chose faite. Pour le poème, si vous voulez je le publie dans "paroles" à gauche du blog pour une semaine comme je fais de temps en temps avec Lynda de Belgique. Pour l'Afrique, je pense que le sud algérien c'est autre chose que la Tunisie ou le Maroc. Devant la situation actuelle, je ne peux pas ni conseiller ni inviter des étrangers dans mon pays. Il faut trop de précautions face aux actes terroristes.

Mohamed El jerroudi a dit…

Pour mon ami Jean Botquin

Fleuve de miel


De la bouche
de mes ancêtres
le blé
n'a jamais manqué
de parole à sa terre
Le pollen
n'a jamais déserté
les pétales de sa rose
L'olivier
n'a jamais oublié
l'ombre de son ombre

C'était à l'aube
des temps révolus
C'était à l'aube
des temps futurs

Quand j'étais
une goutte transparante
dans le ventre de ma mère

La sueur des fronts
coulait dans la mémoire
comme un fleuve de miel

©Mohamed El jerroudi

du Maroc

jean.botquin a dit…

J'ai été très touché par ton poème. Nous vivons la même sève,je crois,Mohamed.

Dans Ténéré j'ai écrit:

J'ai pensé que les grains de sable
étaient innombrables
comme l'infinitude des grains
d'amour
Ils chantent sous nos pieds
Ils enchantent l'enfant en nous
l'espace d'un non-temps