jeudi 22 juillet 2010

Noralgie. Poème inédit de Jean Botquin



















Qui étiez-vous blonde

D’abord très lointaine

Étoile à peine naissante

Dorée sur toute la longueur de votre rêve végétal

Incertaine

La tête enlacée dans votre tresse

Nouée autour d’un foulard noir

Comme étouffée par les doigts d’une liane

En détresse

Alors que hier vos cheveux clairs

Formaient encore une clairière

Sur un chemisier bleu foncé

Orné d’une guipure

Sauvant de justesse votre fragile pudeur

Insaisissable

J’attendais que votre corps m’apprenne le langage des parfums

Mélange de pétales réchauffé sur votre peau

Vanillée par l’irritation des tropiques

Et le poivre semé dans la négligence

De votre nudité que je ne faisais encore qu’imaginer

Sans doute un coup de fouet sur le frémissement nocturne

De ma peau qui rêvait de la vôtre

Un ravissement insoupçonné par les papilles au goût savant des élixirs

De Nabeul ou de Marrakech

Les jasmins parsemés sur la surface

Cachée d’un ventre aux frontières

De l’espace défini à la mesure

De l’oasis inespéré

Vous étiez toujours là quand je le souhaitais

Je n’avais pas besoin de vous retrouver

Derrière les cloisons des alcôves

Sous les baldaquins palpitants

Des îles sous les vents

Comme une perversité de la réalité

Crime que j’aurais fomenté en secret

En écrasant le noyau d’un désir d’outre tombe

Vous étiez la femme rencontrée partout

Dans l’anonymat des foules

Sortant du ventre des villes

Pareille aux mirifiques promesses

De celles qu’on attend malgré leur présence

Comme si vous montiez toujours dans le wagon

Du métro où je n’étais pas

Mais qu’importe

C’est moi qui sans doute m’étais trompé de porte

Je vous voyais là où vous n’étiez

Mirage que je formais derrière mes paupières

Qu’il suffisait de fermer pour que vous apparaissiez

Et quand j’ouvrais les yeux

Vous partiez en fuite Comme si vous vouliez cesser d’exister

Mais je savais votre prison prête à vous recevoir

Dans un bain de volupté mensongère

Où je vous dévêtirais impatiemment

Pour vous défaire de vous-même

Car mon désir me dictait

Que votre âme ne serait visible

Qu’à travers votre nudité

D’Eve repentie.

2 commentaires:

Pascal a dit…

J’attendais que votre corps m’apprenne le langage des parfums
Mélange de pétales réchauffé sur votre peau
Vanillée par l’irritation des tropiques
Et le poivre semé dans la négligence
De votre nudité que je ne faisais encore qu’imaginer
Sans doute un coup de fouet sur le frémissement nocturne
De ma peau qui rêvait de la vôtre
Un ravissement insoupçonné par les papilles au goût savant des élixirs
De Nabeul ou de Marrakech
Les jasmins parsemés sur la surface
Cachée d’un ventre aux frontières
De l’espace défini à la mesure
De l’oasis inespéré...
J'attendais que votre corps prenne la mer, la mère aussi de tous les naufrages d'amour, libres et non point galvaudés, et les lianes de vagues montantes et descendantes sous le flux et le reflux, toujours prêt à jouer à la bête à deux dos, ce jeu si commun, mais si libérateur d'un plaisir infini, que l'on partagerait à deux...

J'attendais que votre corps ne chante la tendresse, et les caresses du bout des doigts, arcboutés aux sources des sensations, libérées par votre parfum au jasmin, luxuriant à souhait, aux mille épices apportées par des servantes à deux doigts d'être nues...

J'attendais que votre corps, ne se mette à parler, entrelaçant mes mots, jusqu'à l'extrême jouissance...

Pasquale

jean.botquin a dit…

Merci pour ta lecture, Pascal...