lundi 25 octobre 2010

Une nouvelle lecture de Boris et Boris par Roseline Gilles, responsable de la S.P.A.F pour le BENELUX

Boris et Boris
Première période
Dessin de JoelleDelhovren


Voici le texte de la présentation de Boris et Boris à la Grange aux Potiers prononcé par Roseline Gilles




Boris Remue,fils d'un libraire, grand, beau, viril bien que adolescent, dont le succès auprès des filles est évident et Boris Lenoir, fils d'un riche entrepreneur en pompes funèbres (coïncidence entre le nom choisi et la profession ? Mais là n'est pas le sujet), Boris Lenoir est frêle, blond, délicat, à l'image d'un chérubin, incorrigible rêveur, amoureux transi, vivant dans l'irréalité du monde et de son époque. Deux personnalités totalement différentes.




Nous sommes en pleine guerre 40-45, ils ont 12 ans (au début du roman) et nos deux homonymes ( par le prénom) se trouvent sur le même banc d'école, au collège Saint Martin.




La première rencontre sera un peu rude et même violente, mais s'étiolera très vite pour faire place à une amitié forte, presque indéfectible, mais assez ambiguë également...Là je vous mets doucement sur le chemin d'un dénouement assez surprenant.


Il faut se dire que les collèges catholiques de l'époque sont encore gérés par des religieux, des prêtres, tant au niveau de la direction que des enseignants jeunes, non mariés (on pourrait ouvrir un débat sur le célibat des prêtres à une autre occasion). Ces faits décrits ou suggérés avec infiniment de délicatesse par l'auteur nous placent exactement dans une époque qui n'a plus lieu d'exister, mais qui hélas connaît toujours une implication à notre époque de "révélations" sur les relations ambiguës entre les enseignants et leurs jeunes élèves. Le roman décrit bien l'ambiance particulière qui régnait dans les collèges de l'enseignement libre catholique. Cependant, il n'est pas une critique de l'enseignement libre, je pense au contraire qu'il règne tout au long de celui-ci une certaine nostalgie de l'époque. Ce roman tout en finesse laisse place à la poésie. L'on y parle d'amitié forte, d'amour absolu, parfois jusqu'au sacrifice de soi et de ses désirs comme le peut un adolescent rêveur et sensible, d'un amour qui prendra une saveur toute particulière à l'âge adulte.


Ce qui m'a interpellée est cette profusion de références aux grands auteurs qui firent partie de notre adolescence et que beaucoup d'entre nous ont dû lire pour le cours de littérature (ou de français) et qui sont restés dans un coin de notre mémoire; or la mémoire est oublieuse. Ils ressurgissent donc avec bonheur dans ce roman.. C'est presque une anthologie de références aux meilleurs textes d'auteurs connus: Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Green, Valéry et bien d'autres. C'est non seulement agréable à lire mais très intéressant !




Je pourrais vous parler encore et encore de ce roman dont je me suis attachée à faire la synthèse et j'avais écrit d'autres choses, mais le temps nous manquerait et je préfère vous laisser le plaisir de la découverte.




(Lecture par Jean Botquin du texte de Gustave Thibon, philosophe français, p. 117 et 118 du roman et que Roseline Gilles a intitulé "l'amour transcendé")




Ce texte est à l'image même de Boris Lenoir et de son amour pour Hélène sa jolie cousine, douce et frêle comme lui; dont la soeur Julie, plus extravertie, plus délurée deviendra la petite amie de Boris Remue. Un quatuor qui ne manque pas de pimenter le roman.




Y avait-il plus que de l'amitié profonde entre ces êtres ? De l'amour entre garçons et filles ou...entre garçons et garçons, même s'il n'est pas vraiment avoué ?




Et Roseline Gilles poursuit:


C'est vous qui le découvrirez car la chute est vraiment surprenante ! Ne fallait-il pas s'y attendre ?


1 commentaire:

Pascal a dit…

Boris et Boris, une amitié comme je les aime...

merci Jean...

"L'amitié est ce fruit que l'on se partage à deux, mais qui repousse sans fin sur l'arbre de la tendresse et de l'amour, jamais il ne tombe, jamais il ne se flétrit, et toujours il se donne au soleil, été comme hiver, il ne connait pas les saisons, l'été, l'hiver connu avec les femmes..." "L'amitié nait d'une graine, tombée d'un arbre, et pousse, pour donner des fruits..."

à toi jean

Pasquale
7/11/2010