mardi 16 juin 2009

Le temps des mangues vertes d'Ariane François-Demeester.


Une lecture de vacances : Le temps des mangues vertes d’Ariane François-Demeester.

Nous avons quelques heures d’attente avant notre départ pour l’aéroport d’Olbia (Sardaigne). Les valises sont bouclées, les maillots de bain inaccessibles. Le divan en osier est confortable. Au coin du patio l’air circule. Il y fait frais. Á travers les larges baies de ce que l’on pourrait comparer à un cloître moderne, le soleil étincelle dans un grand laurier blanc échevelé, les bougainvillées tempèrent la lumière. Derrière nous, quelques pins et cistes dégagent une odeur prenante. Á cette heure l’hôtel est calme. C’est l’heure de la sieste incontournable, les volets sont clos, les voix pointues des enfants se taisent. L’hôtel est situé entre Laconia et Cannigione sur la baie tranquille d’Arzachena. Ici, ce n’est pas l’Afrique mais ça lui ressemble. Juin est déjà très chaud mais toutes les journées sont émaillées de moments venteux agréables qui sèchent la peau moite, et produisent du désordre dans la chevelure des eucalyptus et des italiennes fort préoccupées par leur apparence physique.

J’ai terminé le beau « récit de vie » de mon amie Ariane, Le temps des mangues vertes. Endroit idéal pour lire ce livre car le climat, la végétation me rapprochaient des descriptions d’Ariane et m’y rendaient plus sensible. L’auteure a passé quarante ans de sa vie au Congo et au Katanga. Tous deux nous sommes originaires de Courtrai. Nous aurions pu nous rencontrer dans notre ville natale pendant notre enfance du moins dans les années qui précédèrent la guerre. Nous avons arpenté les mêmes rues, à la main de nos parents ou dans les rangs d’école. J’ai retrouvé dans son récit les atmosphères typiquement flamandes de la branche flamande de ma famille. Mes enfants sont nés dans la clinique attenante à l’Institut Saint Nicolas où Ariane reçut sa première éducation scolaire.
Le tremblement de terre de 1939, gravé dans ma mémoire, elle l’a également vécu à Courtrai, avant de (re)partir au Congo.
Qui de m’a génération n’a pas connu l’un ou l’autre administrateur territorial de l’ancien Congo belge qui contribua à créer une structure, enviable à bien des égards, dans notre ancienne colonie ? Ma sœur et son mari diplomate ont vécu quelques années à Léopoldville tout juste avant l’Indépendance. On comprendra donc que j’ai pris un réel plaisir à lire ce très beau livre qui raconte, avec un talent incontestable, les très belles années d’enfance d’Ariane et de ses frères et soeurs, avec aussi une sincérité, un amour pour les siens, même pour ceux avec qui il était parfois plus difficile de vivre car, à l’époque, la discipline et la rigueur étaient la règle.

On a tenu dans une émission de la RTBF, reprise sur Arte, des propos déplacés à l’égard d’Ariane François, traitant celle-ci de négationniste. Cette allégation est parfaitement injustifiée. Elle parle du système colonial, avec ses différences sociales et raciales, dans des termes qui ne permettent pas de tirer pareilles conclusions.

C’est, selon moi, un des meilleurs livres de la collection Merlerouge des Editions Memory Press, dédiée aux souvenirs d’enfance. Ce n’est pas un livre consacré à la critique du colonialisme, à la belge, dont on sait qu’il fut en moyenne, à quelques exceptions près, moins cruel que le colonialisme anglais et français ou que l’esclavagisme de certains états musulmans.

6 commentaires:

pietro d. perrone a dit…

Olà, mon ami. Tout ça va bien?
La Sardegna est vraiment exceptionnelle, sauvage et tendre, pierre et sable, mer et plantes. Peux des hommes et beaucoup de nature.

jean.botquin a dit…

Merveilleuse Sardaigne, pierro, j'ai adoré.Ce soir j'ai beaucoup pensé à toi et à Rome en regardant une émission sur la troisième chaîne française sur Rome.Merci pour ta traduction, je t'en reparlerai. Mon livre est sorti. Je suis heureux.Je pense qu'il est réussi.

pietro d. perrone a dit…

L'Italie est tres belle. La Sardeigne est sauvage encore, mais Rome est la ville eternelle. Je me trouve bien dans cette ville, mais elle est comme une femme qui a veçu une vie tres importante sans toi. Qui l'aime est tres jaloux des homme qui l'ont aimèe auparavant. Qui l'aime sais qu'elle connais la vie tres miex qu'il meme. Si l'on se promène pour ces vies ou si l'on regarde ses monuments, les pistes que Mme l'Histoire a laissè partout dans la ville e dans le campagnes d'atour sont les pistes d'une dame qui un homme seulement ne pourrà jamais aimer entierement.
Trop d'heros, d'artistes, de pouissant de tuot les parties du Globe l'ont aimèe.
Comme peut un petit homme laisser sa piste à cotè des piste de Mme l'Histoire en personne?

Mais elle est vaiment la plus belle femme du monde. Elle a deux yeux de ciel, un corp tendre, une peau blanche et lisse comme marbre...

Ton livre est sorti. J'espere que tu aura le succes que ta poesie merites.
J'ai lu tes deux livres. Avec quelques difficultèes, car je ne connais tres bien ta langue. J'ai aussi eu le desir de les traduire, mais le travail serait étè vraiment trop à face de mes fautes.
Sur les haykus j'ai eu le plaisir de les commenter quand ils etaient en train de naitre...
In bocca al lupo.

A presto

jean.botquin a dit…

En vacanses, j'ai aussi écris de nouveaux haïkus inspirés... Tu verras, je vais en mettre sur mon blog. A bientôt , Pierro

Anonyme a dit…

Oui, Jean toi, mon ami poète, il faut entretenir la mémoire, sans cesse la remettre au gout du jour...ne jamais oublier, de ne jamais oublier... et puis le dire le "Front Haut", avec art et Poésie... et puis....
Brel, parlait des fenêtres fermées, non je préfère penser qu'une fenêtre fermée, cela ne sert qu'à aider les amants à s'aimer...quoi de plus juste et approprié à ta première photo, là haut sur ton blog....aidons les hommes à trouver la lumière en toute chose, à trouver une pépite d'amour dans ce monde qui perd son âme... merci Jean pour ton amitié

le manageois d'Assesse...

Anonyme a dit…

Egregio signore D. Perrone,

con voi penso : "Mais elle est vaiment la plus belle femme du monde. Elle a deux yeux de ciel, un corp tendre, une peau blanche et lisse comme marbre..."

come voi, penso che Roma, è una donna, una madre, una nonna per noi tutti...

Romulus, Cesare, Michelangelo, Padre Pio, San Pietro, Leonardo da Vinci, Fellini, Marcello Mastroiani, Toto...hanno lasciato tutti qualcosa in noi di Roma, della nostra bella Italia...

Roma, inizio di una civilizatione che non è morta ancora...

io, sono napolitano, e il mio cuore canta sempre la canzone di mia nonna " O SOLE MIO"...

Roma, e questo sole...na iornata o sole... una città immortala...

Non lasciarla morire, come Venezia... la poesia morirebbe...

grazie giovanni, merci Jean...

piu che posso, cantero la vità, l'amore, la poesia...fino a morire
piu che posso, amero la vita,
siamo noi, che abbiamo voglia di stupire...di vivere la vita piu che posso...

Pasquale