vendredi 20 mai 2011

Le poids du soupçon, un nouveau roman de Willy Grimmonprez




Le poids du soupçon
de Willy Grimmonprez

John Bastin a fait un rêve, un très mauvais rêve, comme il n’en a jamais fait auparavant. Il a vu Amandine, sa femme, d’ordinaire un modèle de vertu peu porté sur le sexe, terrassée par un individu inconnu, prenant un plaisir immense à des jeux extrêmes que John n’aurait jamais osés avec elle. Véritable flagrant délit d’adultère avec un anonyme! Au réveil, il est complètement ébranlé, incapable de proférer le moindre mot, à côté de sa femme qui continue sa nuit comme une bienheureuse.
John, maçon devenu entrepreneur de travaux de construction, un homme de chantier, tout le contraire d’un intellectuel et d’un psychologue, ignorant des techniques d’analyse des rêves, voit dans son cauchemar une espèce de révélation. Tout devient clair. Les réticences de son épouse pour les jeux de l’amour s’expliquent par son infidélité.
Il faut savoir que nous initions tous nos propres rêves qui ne sont pas des messages de l’extérieur ni des annonciations de l’ange Gabriel. Le personnage inconnu forniquant avec sa femme n’est pas un étranger mais John Bastin lui-même qui s’interdit de se reconnaître dans la personne qui est en train de faire jouir sa partenaire. Il se fabrique donc un inconnu. Sans quoi, l’acteur masculin aurait pu prendre la forme d’un personnage connu, un voisin, un ami, reconnaissable immédiatement. Il est vraisemblable que ce rêve – salutaire – est la conséquence des frustrations sexuelles de John au sein d’un couple peu enclin à entreprendre un travail sur soi-même pour comprendre ce qui ne fonctionne pas. A priori, rien ne permet de croire que si Amandine n’est pas très active dans les jeux de l’amour, c’est nécessairement de sa faute. Mais, bien entendu, John Bastin en est convaincu. Donc, ce rêve auquel John n’a rien compris, déclenche une prise de conscience chez lui, mais dans le mauvais sens. Lui qui n’a jamais douté de sa femme commence a la soupçonner, prenant son rêve pour une réalité. Tout un chacun devient l’amant possible, à commencer par Mike, son adjoint, qui -fait suspect- vient de divorcer. Nous assistons alors à un retour dans le passé de John, sa famille, ses amis, un couple d’homosexuels inoffensifs, des personnages incapables de l’aider à sortir de son marasme grandissant. Il va jusqu’à se confier à des rencontres dans les cafés qui ne font que mettre de l’huile sur le feu de ses soupçons, au point que John se sent de moins en moins apte à travailler correctement. Il devient de plus en plus jaloux, mais de qui ? De l’image d’un partenaire potentiel, inconnu, à rechercher comme une aiguille dans une botte de foin. Car les indices éventuels sont minces; l’un ou l’autre dessous plus suggestif que ceux qu’elle porte habituellement. D’ailleurs pourquoi ne lui offrait-il pas de la lingerie légère lui-même pour la rendre plus aguichante à son propre usage ? Toutefois, on découvre que John n’attachait pas trop d’importance aux vêtements qu’elle portait. S’occupait-il suffisamment d’elle ? N’était-il pas d’abord préoccupé par son métier ? N’était-il pas un mari et un père absent ?
Perdant totalement le sens des réalités, il se décide à consulter un détective privé, un certain Kalandre qui lui promet des résultats rapides. Et nous voilà partis sur une filature dont nous ne saurons rien, car, deus ex machina, Kalandre disparaît dans la nature presqu’en même temps qu’Amandine qui disparaît à son tour sans laisser le moindre message ou mot d’excuse. Du coup, les soupçons se justifient et le véritable drame peut commencer ; avant cela ce n’était que roupie de sansonnet. La police s’en mêle et c’est le polar avec ses experts.
Je ne vous dévoilerai plus rien. Á vous de découvrir la vérité et la morale de cette histoire et de désigner les coupables. Á qui la faute ? Qui est la victime de qui ?
En quelque sorte, c’est un roman de la fatalité, comme une tragédie grecque ancienne et dans laquelle John Bastin restera impuissant, bien plus qu’un roman de la jalousie, ce sentiment supposant un objet déterminé et de préférence connu.




Jean Botquin




Présentation de ce roman à la bibliothèque de Morlanwelz, le 28 mai à 11 heures par Jean Botquin

1 commentaire:

Marcel Peltier a dit…

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rêve ou réalité
vie-illusion

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Amicalement. Marcel.

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