lundi 16 mars 2009

Les Haïkus du Passeur







Le noyer étend
Ses bras couverts de feuilles
Sur son image

Les pies s'envolent
Leur vol perpétré, le bec
Soudé sur leur proie

Personne ne sait
Où germera l'amande
Suspendue dans l'air

Son coeur était dur
Comme la noix chipée par
La pie voleuse
Il était inondé
Sous un long fleuve soyeux
Au teint de thé vert
Une pluie tombait
Sur son corps dont le prénom
Flottait vers la mer
Ses cheveux prenaient
Le large, algues blondes
Portées par l'onde
Ce qui est tendre
Se durcit quand la brise
Dessèche le temps
Son nom est pareil
À la datte sucrée de
Leur espérance
Son prénom comme
Celui d'une île d'un
Océan tropical
Son surnom pareil
À l'orchidée blanche
Au lever du lys
Par la naissance
Des fruits les feuilles meurent
Oubliées du soleil
Une amoureuse
Des merles et corneilles
Faiseuses de pluie
Elle ouvrait porte
Et fenêtres sur les bois
De chênes rouvres
Ses pupilles d'or
Dansaient sur tous les sommets
Des forêts vierges
La peau d'écorché
Ne guérit plus de son mal
Qu'elle étouffe
Le mal enduisant
Le bout de ses doigts de fiel
Et d'amertume
Mal nié par elle
Sans l'avoir reconnu ni
Jamais éprouvé
Le mal contenant
La douleur du début et
Celle de la fin
La source des mots
Jaillira de la terre
En quelques gorgées

Cocon dévidant
Son fil de soie pour tisser
La peau de l'âme

Il l'a regarda
À travers le miroir bleu
Comme la source
Dans une gangue
Sa naissance de femme
S'éterniserait
Comment espérer
Le retour du sourcier noir
Quand la nuit survient ?

Jean Botquin 16 mars 2009

4 commentaires:

bouboubois a dit…

Cher Jean,

Quelle production! Jacqueline en a écrit seulement 2 récemment et Jacques aucun.
Belle inspiration, mais tu devrais peut-être user moins du rejet et du pronom relatif. Cela nuit un peu à la fluidité du vers.

Bien cordialement

Jacqueline et Jacques

jean.botquin a dit…

Merci pour ton conseil, bouboubois, si tu reviens tu verras que j'en ai tenu compte sans trop modifier le sens des haïkus réaménagés. La règle des dix-sept syllabes est très contraignante mais nous force à creuser la pierre le plus loin possible et à ne laisser que l'essentiel. C'est un exercice très salutaire.

pietro d. perrone a dit…

Personne ne sait
Où germera l'amande
Suspendue dans l'air


L'amande, pour l'arte de la peinture,est l'image de Jesus. C'est à dire du sacrèe.
Tu avais pensè a cela?
La triplette pour cette vie arrive à destinations extraordonnaires!

jean.botquin a dit…

Piero, non je n'y avais pas pensé mais maintenant que tu le dis, je vois les Christs en amande sur les portails des églises romanes. En fait, mon inspiration est simple. Il y a des noyers dans le voisinage. Les pies fréquentent le jardin et ramènent des noix. Un jour j'ai trouvé une noix qui avait commencé de germer. Je l'ai plantée dans un pot en terre cuite, puis plus tard en pleine terre. C'est devenu un arbre qui aujourd'hui a quatre metres de haut. Je l'appelle l'arbre de la pie (voleuse). Les métaphores viennent de là.