
Renée Compan-Julie, membre du Jury du prix Stephen Liégeard qui m'a été attribué le 25 septembre 2004 pour ce recueil de poèmes, a écrit notamment: UN HOMME QUI GARDE EN LUI SA JEUNESSE. C'est ce qu'on dit...J'aimerais bien que cela soit vrai. Et elle continue: "Vaisseaux fantômes glissant de tombe en tombe..." Oui! On devine la mer parsemée de ses ombres. Comment ne pas les percevoir dans la brume et la lenteur ? Pourquoi ne pas saisir un pan de leur mante et glisser avec elles jusqu'au rivage où les visages anxieux attendent ? Ce grand explorateur nous promène, de la pluie à la mer, aux marais même ! Sous sa plume, les mots tanguent, envoûtés. Bercés par les vagues moussantes de son esprit en éveil, il les fait vivre et nous les livre parfumés de son zèle.
Je pense qu'elle avait aimé un de mes anciens poèmes de jeunesse que j'ai envie de vous écrire, comme si je l'avais écrit hier seulement.
Repos dans l'eau
Sur les genoux de la mer je pose la tête
tel un voilier s'endormant dans la baie
et la houle berce mon sommeil
d'innocence
Une toute petite musique jaillit de moi
en flûtes minuscules
des étincelles crépitent
quand mes yeux rencontrent les étoiles
renversé dans la mer où je sombre
La mer m'accueille
la mer
la houle chaleureuse
bonne comme le pain du ciel
Au fond d'elle
au fond où les trompettes
se coulent s'estompent se dissolvent
je vais reposer
Auriez-vous pensé que les algues parfument
l'eau?
Auriez-vous pensé que les poissons se glissent dans
l'eau
comme des croissants de lune ?
Auriez-vous pensé au repos au fond de
l'eau
au repos que l'on ne trouve pas ailleurs
au repos des grands navires demâtés
aux gueules pleines de fleurs
et de noyés
au repos ?
Que de musiques j'entends
que vous ne pouvez entendre
dans les bras de sable et de limon
les yeux pleins de poissons
et d'odeurs sous-marines
Je suis las étendu ou presque
j'attends ou mort peut-être
avec toutes les musiques
mes secrets
que vous ne saurez jamais
Je ne vous dirai pas non plus
le nom de la fleur
que je serre sur mon coeur
que je serre entre mes doigts
un peu trop pour que ce soit peut-être
vrai
que je suis mort
au fond de l'eau
au repos
1 commentaire:
Grande amoureuse de la mmer, je ne peux que vous féliciter pour ce joli poème.
Je viendrai vous rendre visite à la foire du livre!
Cristina
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